Le Qatar finance depuis 2012 le Hamas avec l’autorisation du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Grace aux 700 millions de dollars reçus, le Hamas reste maître de la bande de Gaza et nous en voyons les résultats depuis quelques jours

Depuis quelques jours, le front sud d’Israël s’est embrasé. Des dizaines de roquettes sont tombées jusqu’à la banlieue de Tel-Aviv et des centaines de soldats de Tsahal ont été mobilisés à la frontière de Gaza.

Lors des élections législatives de 1996, une vague d’attentats frappa Israël. Le Likoud de M. Netanyahou gagna alors un nombre de suffrages, ce qui permit à ce parti de gagner le scrutin.

Depuis que M. Netanyahou est Premier ministre, ce dernier a un discours alarmiste sur la situation au Proche et Moyen-Orient. Pas un jour sans entendre des propos sur l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah.

Le Premier ministre a raison d’affirmer que l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah sont une menace pour Israël mais pourquoi alors renforcer le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza ?

Le Qatar, proche de l’Iran, est un allié de longue date du Hamas donc indirectement un facteur de danger pour Israël. M. Netanyahou aurait dû, selon toute logique, faire tout pour que le Qatar, petit frère de l’Iran, n’influe pas dans la bande de Gaza.

C’est exactement le contraire de ce qu’il s’est passé au cours de ces deux dernières années. Le 8 novembre 2018, Mohamed El Amadi, représentant du Comité Qatarien pour la reconstruction de Gaza, est arrivé en toute impunité dans l’enclave palestinienne avec trois valises contenant 15 millions de dollars en argent liquide.

Au mois de janvier dernier, ce même émissaire qatari est revenu à Gaza avec des valises de billets. Selon M. El Amadi le Qatar aurait versé depuis 2012 aux dirigeants de la bande de Gaza plus de 700 millions de dollars.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a justifié à plusieurs reprises sa décision d’acheminer ces millions de dollars du Qatar à Gaza. Ainsi, juste avant son voyage en France pour les commémorations du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, il a déclaré : « Je fais ce que je peux, en coordination avec les services de sécurité, pour que le calme revienne dans les localités du sud d’Israël, mais aussi pour éviter une crise humanitaire. »

Dans le même temps, le Président de l’Autorité palestinienne, M. Abbas, souhaite que le Hamas ne gouverne plus Gaza. La communauté internationale soutient depuis de longues années cette idée.

On est en droit de se demander que recherche M. Netanyahou lorsqu’il autorise le financement de la bande de Gaza par le Qatar.  La paix ? Lorsqu’on connaît l’idéologie du Hamas, difficile de le croire. La fin de l’Autorité palestinienne ? Tous les experts politiques et militaires diront qu’autant il est aisé de discuter avec le Fatah, il est impossible de parlementer avec le Hamas.

Est-ce alors un calcul électoral ? Comme je l’écrivais au début de cette chronique, les électeurs en 1996 se sont tournés vers la droite suite à une série d’attentats. Les bombardements au sud d’Israël depuis quelques jours font gagner quelques points au Premier ministre Israélien qui joue sur la peur des citoyens.

En acceptant que le Qatar, petit frère de l’Iran, finance le Hamas dont la vocation est la destruction d’Israël, M. Netanyahou met non seulement en péril un possible dialogue israélo-palestinien mais plus grave encore il joue avec la sécurité d’Israël.