Il y a une différence incompatible pour que l’État d’Israël et celui de la Palestine vivent côte-à-côte, mais cela doit pouvoir changer : celle de la déclaration d’Indépendance d’Israël qui est fondée sur la « Hatikva », l’Espérance et le pluralisme, et celle de la Nakba, qui repose sur la révolte, l’exclusivisme tribal, ethnique et religieux et la haine.

On ne peut bâtir un État sur un tel terreau, cela n’a jamais existé dans l’histoire et cela montre à quel point l’idée d’un État de Palestine, qu’il faut aider à exister par la voie de la reconnaissance mutuelle, n’a pour l’instant ni peuple originel, ni tradition portée par une histoire.

A moins qu’il s’agisse pour l’OLP/Fatah de « copier » en la récupérant la légende israélienne. Alors, il faudra en assumer et en accepter aussi les douleurs, le passé, les contradictions, si l’on veut rendre crédible un « nous aussi », un « sionisme palestinien » qui fait l’économie de la traversée du désert, laquelle n’est pas une épreuve de malédiction, mais une preuve douloureuse de bénédiction.

C’est cette illusion d’une « reconquête légitime » à l’israélienne, qui enchante la romantique Europe, et c’est la raison pour laquelle elle voit dans un État palestinien, une version pacifique, sans guerre et sans défense du sionisme israélien, selon elle entaché d’un impardonnable impérialisme juif.

Tant qu’il y aura l’espérance d’Israël, même trahie, d’un côté, et la haine arabe, même percée d’espoirs, de l’autre, il ne pourra y avoir de célébration commune. Il faut être l’huile ou l’eau. On ne peut fondre les deux. Il n’y a pas d’indépendance arabe en Israël. Non parce qu’Israël ne le veut pas. Mais parce que Le Caire, La Mecque, Téhéran et Aman ne le permettent pas.

Et les palestiniens, taillables et corvéables dans tous les pays arabes où ils émigrent pour travailler, ont toujours été et sont toujours, paradoxalement, les cadets de leurs soucis. Ils sont quantité négligeable, et c’est en Israël qu’ils trouvent, même séparés par le Mur et la Frontière, les hôpitaux qui les soignent et les droits qui les font exister.

S’il y a « encore » des bédouins et des arabes en Israël, c’est grâce à l’État juif d’Israël où on ne brûle pas les mosquées comme en Libye, ni ne mitraille les fidèles qui en sortent comme en Irak.

L’État ne prône pas l’élimination d’une partie de l’humanité comme dans la majorité des parlements musulmans, où même dans les plus « libéraux », subsiste toujours un collège majoritaire de doctes traditionnalistes qui rappellent au peuple et aux gouvernements leur « devoir » d’arabisme, plus essentiel encore que celui de la Mémoire, plus sacré que la religion elle-même, quitte à réécrire un Coran arrêté aux Omeyades, pour guérir les frustrations de l’histoire en faisant mentir ses propres engagements internationaux.

Pas en Israël où le mensonge, d’où qu’il vienne, est puni et par la loi et par la conscience. Il a coûté cher au peuple d’Israël et il ruine ceux qui l’entourent.

Les palestiniens citoyens d’Israël qui ne sont pas tous musulmans ni tous arabes, n’ont pas profité de ce jour pour rendre leur passeport en masse, ce qui leur est toujours loisible de faire. Et qu’un État de Palestine doté de toutes le prérogatives étatiques ne sera pas l’occasion pour eux de le faire. Ils seront alors sommés de choisir, et ils choisiront Israël. Car il n’y aura pas de double nationalité.

Ce sera un passeport et un travail dans un pays fondé sur le droit de ses communautés diverses d’un côté, et la misère, le chômage ou la prison d’un État gouverné par un Hamas légitimé et en costume cravate, de l’autre. D’un côté l’Espérance comme un astre et de l’autre le Désastre comme une déshérence. Sur quel firmament vaut-il mieux régler son cap?

C’est pour cela qu’Israël n’a rien à redouter que ses propres peurs.

Joyeux anniversaire, Israël !