Nous avons dépassé le tournant que nous indiquait le « Waze politique » en direction d’une solution au conflit Israélo-Palestiniens du style « deux pays pour deux peuples ».

Maintenant il nous propose de « calculer un nouvel itinéraire » en fonction des profonds bouleversements qui ont touché notre région.

A savoir:

  • L’Etat Syrien, qui était jusqu’hier l’ennemi le plus puissant d’Israël, n’existe pratiquement plus.
  • Les pays arabes Sunnites voisin d’Israël, notamment l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Jordanie, s’inquiètent plus de l’expansionnisme Iranien que du sort des palestiniens.
  • Les palestiniens sont en voie de perdre le soutien des pays arabes sunnites.
  • Les Etats-Unis de Trump cherchent principalement à défendre leurs intérêts dans la région et voient dans le problème palestinien une source d’instabilité.
  1. L’expansionnisme Chiite

Le courant musulman Chiite dirigé par l’Iran mène une offensive intensive contre le monde arabe Sunnite. Il prend position et se propage dans toute une partie du Moyen-Orient : Iraq, Syrie, Liban et s’infiltre lentement dans d’autres pays.

L’Iran s’est fortement implanté en Syrie et participe derrière Assad à un véritable massacre de la population Sunnite du pays.

L’Iran avec ses prétentions d’expansionnisme Chiite représente une menace véritable non seulement pour Israël mais pour le monde arabe Sunnite en général – à savoir Arabie Saoudite, Egypte, Jordanie, Turquie et autres.

Il en découle que cette nouvelle menace rapproche les intérêts de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte et de la Jordanie de ceux d’Israël. Après le désengagement mesuré des U.S.A. du Moyen-Orient, Israël devient pour ces pays un allié majeur contre l’expansionnisme Iranien.

Le rapprochement entre l’Arabie Saoudite et Israël se fait très discrètement ressentir : pas de condamnation trop forte sur la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël, interview d’un général israélien a la T.V. saoudienne, autorisation aux avions Indiens de voler de Tel Aviv a Delhi en survolant le territoire saoudien, et autre.

  1. La cause Palestinienne

Pendant des décennies, la lutte contre l’existence de l’Etat Juif et pour le retour des palestiniens, servait de ciment a l’unité du monde arabe.  C’est autour de ce problème que le monde arabe manifestait son unité et prenait des décisions à l’unanimité. La virulence des déclarations  contre l’existence de l’Etat juif permettait aux dirigeants arabes de se placer comme leaders du panarabisme.

Aujourd’hui la situation a changée : plus de panarabisme en vue, au contraire une lutte serrée et particulièrement cruelle entre Chiites et Sunnites. Dans ces conditions, la lutte des palestiniens ne sert plus les intérêts des voisins arabes d’Israël, et même au contraire, les affaiblies : elle sert les courants extrémistes (frères musulmans entre autres) de chaque pays à monter les foules contre leur gouvernement.

Les palestiniens ont perdu leur rôle de « bonne cause » et deviennent pour les pays arabes sunnites un fardeau gênant et dérangeant. Les pays arabes Sunnites voudraient bien régler rapidement ce problème afin de pouvoir se consacrer au véritable danger: l’expansionnisme Iranien.

  1. La politique des Etats-Unis

Les Etats-Unis de Trump, inquiet pour leurs intérêts dans la région, désirent mettre fin au conflit Israélo-Palestinien et prépare un plan de paix encore non dévoilé. En attendant ils ont fortement coupé les fonds attribués à l’Autorité palestinienne, donnés de beaux cadeaux à Israël (Jérusalem reconnue comme capitale) et aux Saoudiens (beaucoup d’armes super-sophistiquées) afin d’obtenir de tous – le moment voulu – les concessions que ce plan de paix exigera de chacun.

Alors, quel sera ce plan de paix qui sera imposé avec des gants de velours a toutes les parties du conflit ?

Je pense que le plan envisageable (bien qu’avec Trump rien n’est prévisible) sera constitué des éléments suivant :

  • Agrandissement du territoire de Gaza sur le compte de l’Egypte afin de le rendre vivable.
  • Israël rend à l’Egypte la même superficie de territoire tout au long de la frontière commune.
  • Israël annexe 3 blocs de territoires de Cisjordanie, là où sont établis la grande majorité des colons israéliens (en échange des territoires transmis par les Egyptiens aux Palestiniens à Gaza).
  • Les Palestiniens reçoivent une autonomie quasi complète (Etat sans armée)
  • Israël reste responsable des questions de sécurité sur l’ensemble de la Cisjordanie.
  • Un accord de paix est signé entre les différentes parties avec reconnaissance des droits réciproques et fin des hostilités.
  • Il est toujours possible de proposer que dans 50 ans ce plan soit revu et corrigé.

Dur à avale r? Surement. Mais entre les carottes et les bâtons agités par les américains c’est peut-être réalisable.

On attend impatiemment la véritable proposition de Trump qui pourrait mettre fin au conflit.