Parfois la politique fait encore rêver et motive des hommes et des femmes à défendre une vision, un projet de société.

Je suis allée écouter Manuel Valls, ancien Premier ministre français, évoquer les relations entre la France et Israël à l’occasion d’une conférence organisée par Elnet, une organisation européenne visant au renforcement des relations avec Israël et TAL Business school, une école de commerce francophone en Israël.

J’ai voulu l’écouter, ou plutôt venir lui témoigner mon soutien moral, car, indépendamment de tout soutien à une politique partisane avec laquelle on peut être en accord ou émettre des réserves, Manuel Valls est devenu le Juif des médias sociaux.

L’homme à abattre qui reçoit des menaces ouvertes et inquiétantes pour son soutien à Israël et pour avoir nommé et dénoncé le mal qui ronge la France tandis que l’on y tue des Juifs.

On y vandalise même désormais la stèle érigée en mémoire à un juif torturé et assassiné car le Juif est tellement fantasmé que son existence physique (en l’occurrence sa tombe) n’est pas nécessaire pour le conspuer.

Si la haine du Juif demeure le baromètre le plus pertinent pour connaître la santé morale d’une société, la haine à l’égard de Manuel Valls sur les réseaux sociaux est l’indicateur de la libération totale et absolue de la parole antisémite.

Les propos qui se tiennent à son endroit, que les haineux s’expriment publiquement ou derrière leur écran d’ordinateur, pourraient d’ailleurs convaincre : Je suis partout d’intenter des procès en appropriation culturelle.

Et ce déferlement de haine décomplexée incarne l’échec des grandes formules plus jamais ça désormais vidées de leur sens ou de leur poids.

Car oui, cela est prouvé et cela ne concerne pas que les juifs. Lorsqu’un groupe est systématiquement dénigré, humilié, attaqué dans des écrits, beaucoup y voient une invitation à les faire disparaître.

Les exécutants des pires atrocités envers d’autres groupes d’êtres humains sont toujours passés à l’acte au terme de campagnes de haine, de discours enflammés.

C’est donc au-delà de la personne même de Manuel Valls, à tout un groupe de français juifs et/ou sionistes que l’on s’en prend.

Le cadre de la politique partisane ne s’applique plus dans cette conjoncture. C’est un dirigeant politique qui a dénoncé l’islamisme qui gangrène les sociétés occidentales qui est attaqué pour ces propos.

Et le débat qui s’ensuit démontre que ceux qui l’attaquent ont gagné la première bataille. Par une pirouette assez brillante par son énormité. Les contempteurs de l’ancien Premier ministre lui reprochent de stigmatiser les arabo-musulmans dans leur ensemble, et donc de faire preuve de racisme, et donc d’être, au pays des Droits de l’Homme, un paria.

Pourtant, se sont les islamistes et les antisémites qu’il dénonce. Mais ces derniers, cohérents avec la lâcheté qui les caractérise se servent du monde comme d’un bouclier humain pour répandre la haine.

Il suffit pour s’en convaincre de suivre le procès du frère du tueur de Toulouse et de voir une défense qui oppose la famille du tueur et leurs partisans, les anti systèmes, contre les familles des victimes juives et musulmanes qui, elles, cautionnent un système inique et amoral selon les codes islamistes.

Je n’ai pas eu l’occasion de lui dire, mais j’aurais aimé dire à Manuel Valls combien sa mise en danger était honorable, car le « vote juif », si tant est qu’il n’ait jamais existé, ne pèse pas lourd à l’échelle nationale, et que son sacrifice à la justice, sa vision sont une oasis dans un monde ou les politiques pensent plus à leur réélection qu’à la mise en place d’une vision globale.

Mais aussi le mettre en garde. Car la violence des attaques antisémites qui inondent les comptes Tweeter et autres de Manuel Valls a franchi une étape. Celle de l’impunité. De la toute-puissante assurance d’être intouchable. D’être soutenu.

Alors merci Monsieur Valls pour votre engagement qui n’a pas cédé face aux chantages et menaces.

Bienvenue chez nous.