Je vis en Israël mais à l’heure de Paris, et je partage sa douleur. Israélien de vieille souche je l’avais adopté et il m’a adopté à son tour.

J’y ai passé plusieurs années, parmi les meilleures. Paris m’avait accueilli lors de ce passage délicat de l’adolescence à la maturité, m’a donné un calme si nécessaire après une période mouvementée de guerres en Israël.

La “ville lumière“ avait illuminé mon trajet d’adulte, son romantisme inégalé m’a fait connaître mon premier grand amour. C’est grâce à ses universités que j’ai pris goût aux études, après une vie sauvage et paresseuse.

Sa beauté m’avait inculqué l’admiration de l’esthétique, son art de bien vivre l’appréciation de la gastronomie. Son histoire me pousse à chaque occasion à de longues randonnées de quartier en quartier pour retrouver les ancêtres. Sa culture et son art m’avaient plongé dans le patrimoine national.

C’est à Paris que j’ai obtenu mes premiers diplômes et titres. Ici j’ai connu quelques-uns de mes meilleurs succès professionnels en tant que journaliste puis diplomate. J’y ai fait des amis fidèles, toujours prêts à l’appel.

Certes, Paris a beaucoup changé mais moi aussi, ainsi que tout le monde et le monde entier.

Aussi, je fais de mon mieux pour venir le plus souvent, parcourant les boulevards, traversant le Quartier Latin et prenant une pose au Jardin du Luxembourg, en souvenir des poses prises entre les cours à la faculté, ou entre les rendez-vous amoureux.

Pour tout cela je dis “merci Paris“. Donc, pour tout cela je vis à l’heure de Paris, et partage sa douleur.