Ces textes ont été écrits il y a près de 2 ans, lorsque j’ai décidé de faire mon alyah. Je raconte les préparatifs du départ, l’arrivée en Israël, les premières expériences dans le pays. Ça s’appelait « Vers Sion Originale » et je publie de nouveau ces textes (sous forme de différents épisodes) sur ce blog pour les faire découvrir à d’autres personnes. 

Mon Alyah en Vers Sion Originale – Episode 8 : J-12 avant le départ

Merci! 1ère partie…

Merci à Edwy Plenel, Pascal Boniface et Aymeric Caron,
Merci à Libération et le Monde,
Merci à l’AFP et France 2,
Merci à Jean-Luc Mélenchon, au Front de gauche et aux alter-mondialistes,
Merci à Esther Benbassa, Cécile Duflot et quasiment tous les Verts,
Merci à la famille Le Pen, aux élus et candidats du FN,
Merci aux soraliens, dieudonnistes et complotistes,
Merci au BDS et à Euro-Palestine,
Merci à Fabius et à (presque) tous les Ministres des Affaires Etrangères de ces 30 dernières années (Védrine, Dumas, Villepin, Juppé, etc),
Vous êtes formidables et m’avez vraiment encouragé d’une manière exceptionnelle pour faire mon alyah.

Double mention spéciale pour David Pujadas le soir de la marche républicaine du 11 janvier 2015. Dans son journal de 20h, une journaliste interviewe un jeune homme de bonne famille, éduqué, poli, qui défile avec le Traité sur la tolérance de Voltaire sous le bras. « Pourquoi êtes-vous là ? » lui demande la journaliste. « Pour rendre hommage aux 12 victimes du terrorisme et de la barbarie, » répond-il. « Vous voulez dire, les 17 victimes ? » essaye de rattraper la journaliste, en ajoutant au macabre décompte les victimes de l’Hyper Cacher. Trop tard, le mal est fait.

Deuxième coup de poignard quelques minutes plus tard par Mr Pujadas en personne. Lui, le gentil garçon, brillant journaliste, gauche modérée, laisse échapper ce terrible lapsus : « La France qui accueille la plus grande communauté juive d’Europe ». Quoi, moi, je suis ‘accueilli’ dans mon pays ??? Ce n’est donc pas mon pays, mais juste un pays d’accueil ? Lorsque les élites parlent comme ça, je crois que c’est un signe fort. Et profond. Je sais, c’est un détail, j’en fais trop, il ne faut pas faire attention. Mais de tous les gens cités plus haut, je crois que c’est celui qu’on peut le moins qualifier d’anti-sioniste ou d’antisémite (appelez ça comme vous voulez, à peu de choses près c’est pareil) qui m’a le plus donné envie de partir.

Mon Alyah en Vers Sion Originale – Episode9: J-8 avant le départ

J’apprends l’hébreu !

Pour parler l’hébreu, il n’y a pas beaucoup d’alternatives : il faut s’y mettre ! Je suis trop jeune pour renoncer à le parler et trop vieux pour l’apprendre rapidement. C’est un fait : je sais que je vais galérer pendant de longs mois et probablement même de longues années !

Bien sur, il aurait fallu démarrer l’apprentissage intensif depuis des mois mais je n’avais pas vraiment le temps pour ça. J’ai quelques souvenirs de mes 2 ans d’oulpan (cours d’hébreu) du début des années 2000 et j’ai quand même appris quelques mots avec mes enfants, en suivant un minimum leur parcours scolaire en école juive.

Ces derniers mois, c’est surtout avec mon petit Yoel, 5 ans, que j’apprends le plus. Il adore son livre d’hébreu-français et nous répétons régulièrement ensemble les 300 mots qu’il contient. Après quelques mois d’apprentissage, je peux classer les mots en 3 catégories :

1- Les mots parfaitement inutiles que j’ai appris facilement : zebra, hippopotamus, panda, chimpanza
2- Les mots parfaitement inutiles et quasi impossibles à prononcer que j’ai appris à force de les répéter : ‘hatsotrah (trompette)
3- Les mots très utiles au quotidien et que je n’arrive toujours pas à retenir : les 295 autres mots du livre.

Au mois de mai, lors d’un bref séjour en Israël, ma femme et moi sommes allés nous inscrire à l’Oulpan central de Jérusalem (centre d’apprentissage de l’hébreu pour les nouveaux immigrants). L’oulpan est en centre-ville et occupe 2 étages d’un immeuble qui rappelle un peu le Bucarest des années 1960. En moins moderne peut-être.

Au milieu des salles de classes, nous rencontrons la directrice de l’oulpan, charmante, qui nous octroie 5 minutes à chacun pour tester notre niveau d’hébreu. Après les politesses d’usage (c’est chouette, en Israël, ça dure en général moins de 15 secondes), elle nous fait lire un article de journal (simple) en hébreu (avec les voyelles) et ensuite nous pose des questions sur ce qu’on vient de lire.

Je ne comprends pas grand-chose à l’article ni à ce qu’elle me demande et le verdict tombe : « Aleph + ». En gros, je vais intégrer le groupe de ceux qui se souviennent vaguement de ce qu’ils ont appris pour leur bar-mitsva et qui ont passé plus de temps au Kikar de Natanya que dans les faubourgs de Tel Aviv. Mais si je travaille un peu, notamment le passé, j’ai bon espoir début septembre (au démarrage de l’oulpan) de pouvoir intégrer le groupe « Beth ».

Karine (ma femme) est interrogée sur un article 3 étoiles (niveau plus difficile) et répond correctement aux questions. Son hébreu est assez fluide mais encore largement perfectible; pour elle, ce sera le groupe « Guimel », qui maîtrise déjà bien le présent, le passé, le futur et l’impératif.

Karine et moi choisissons la formule 3 jours par semaine. L’oulpan a lieu de 8h à 13h, 3 fois par semaine (les jours sont imposés) pendant une durée de 10 mois. L’autre formule intensive – dite « à la tunisienne 5-5-5 »- est la plus classique : 500 heures, décomposées en 5h par jour, 5 jours par semaine, pendant 5 mois. En général, les personnes qui choisissent cette formule sont très motivées !

Avec la formule 3 jours/semaine, nous aurons un peu plus de temps pour mener nos activités professionnelles à distance mais nous risquons d’être dans un groupe de personnes plus « tranquilles » (des retraités et des personnes n’ayant pas un impératif d’apprendre la langue, etc).

Mon ami J. – qui travaille en journée – a choisi un oulpan qui propose une formule « cours du soir ». Mais c’est une autre ambiance, avec notamment sur Jérusalem pas mal d’Arabes qui apprennent l’hébreu de cette manière…

Sentiments partagés, à nouveau, sur ce sujet… L’apprentissage de l’hébreu est une (longue) étape obligée mais la perspective de retourner sur les bancs de l’école ne m’enchante guère… En plus, je ne sais même pas comment on dit « Madame, y’a Kevin qui m’a pris ma gomme » en hébreu.

Mon Alyah en Vers Sion Originale – Episode10: J-7 avant le départ

Qu’est-ce qu’on peut bien faire à une semaine du départ ?

A votre avis, comment est-ce que j’occupe mes journées à une semaine du grand départ vers Israël ?

Ce que ma mère pense que je fais :
Accompagner les enfants aux activités, travailler, rentrer à la maison, regarder la télé, dormir 8h par nuit

Ce que mes amis pensent que je fais :
Travailler (un peu), aller boire des coups avec les copains, vendre la voiture, surfer sur Internet, apprendre l’hébreu

Ce que mes enfants pensent que je fais :
Jouer à la Wii, l’iPad et la DS au bureau, travailler (un peu), manger des glaces et des bonbons, regarder mon téléphone, faire la sieste et envoyer des mails

Ce que ma femme pense que je fais :
Travailler (un peu), raconter ma vie sur Facebook (beaucoup), surfer sur Internet (beaucoup)

Ce que je fais vraiment :
Accompagner les enfants aux activités, travailler, vendre la voiture, aller à la Poste faire le changement d’adresse, appeler l’expert comptable en France, appeler le fiscaliste en Israël, appeler le juriste en France, appeler le Centre des impôts, rappeler pour la 8è fois la Sécurité sociale, le RSI et l’URSSAF, relancer les agents immobiliers en Israël, rassurer mon père, ma mère, ma tante, ma soeur, mes cousins et toute la famille, aller rechercher les enfants aux activités, raconter ma vie sur Facebook, travailler encore, consulter mes mails sur mon téléphone, participer aux conversations What’s App avec les copains, amener les papiers à l’Agence Juive, aller chez l’ophtalmo, le dentiste, le dermato et l’opticien, retourner chercher les papiers à l’Agence Juive.

Et vous, vous imaginiez quoi ?