C’est une époque noire, qui n’est pas de notre siècle ni du siècle dernier.

La haine de l’Hébreu est telle, que l’ordre est donné de tuer à la naissance tout mâle mais de garder les filles, histoire d’engrosser les femmes et d’éradiquer ce peuple qui n’a jamais rien fait si ce n’est de vouloir vivre sous la houlette d’Adon-aï.

« C’est le temps que les jeunes de moins de 20 ans ne peuvent connaître », tant le monde d’aujourd’hui a basculé dans le déni d’une histoire ancienne, faisant de notre aïeul Abraham un autre que celui d’un juste choisi par Hashem.

Dans cette tempête de meurtres et de cris, s’élèvent les pleurs de Rachel, nous dit le prophète Jérémie. Il a fallu dans cette ville, dans cette région assombrie par la soif du sang juif, vivre et survivre, aimer son homme pour accepter d’enfanter à la barbe de l’ennemi.

Il a fallu cacher l’évènement à venir ! Ça ce n’est pas écrit, mais l’évidence du bon sens nous révèle l’angoisse de 9 mois de grossesse. Ces mois qui auraient dû être joie et félicité, réjouissance et louange, n’ont été que lutte, supplique et cris montés vers Hashem. Il fallait sauver l’enfant…

Puis l’heure est venue, il a fallu mettre au monde l’enfant, au risque de mourir en couche avec lui ou sans lui… L’angoisse à sans aucun doute pris le pas sur les pleurs de délivrance.

La pitié n’a pas de place dans ce monde de sauvage, ou la haine prend la couleur du sordide, l’odeur, celle de la mort. Trépasser les enfants n’a aucune valeur morale, la volonté de rayer de la carte le futur Israël est déjà enracinée depuis que le monde est monde.

L’enfant a trois mois quand l’histoire prend une tournure décisive.

Le chiffre trois, étrange… Pourquoi pas deux, pourquoi pas quatre… sans doute en prophétie d’un Mashiah a venir qui restera trois jours et trois nuits sur le Poteau de la mort, élevé comme le bâton de celui qui n’a que trois mois et qui sauvera les tribus de la colère d’Hashem en élevant le bâton du serpent dans le désert de la discorde.

La mort n’aura aucun effet sur lui, sa mère Yokebed, en obéissance totale à son Elohim, va « le confier » à son avenir. Elle lui construira « son arche » en rappel à Noé, un couffin d’osier insubmersible, dans lequel il attendra la délivrance.

Telle une colombe blanche, elle arrive, elle le sauve : la fille de Pharaon n’a pas la verve haineuse de son père. Ses tripes maternelles, vides de naissance et de joie d’être maman, sont réveillées par le Ruah, elle est « choisie » pour faire entrer dans l’antre du Loup, l’agneau prophétique qui sauvera tout un peuple hébreu.

Cet enfant est au cœur du monde des Ténèbres, sa vie est constamment en danger, tel le juif au milieu d’une Kommandantur. L’histoire n’a fait que se répéter …

Moise, ou plutôt, Moshé, a du sang chaud. Il aime, maladroitement, mais il aime la Justice. Il ira jusqu’à tuer pour le prouver. Or ce n’est pas la volonté d’Hashem qu’un Homme fasse justice ! Le peuple d’Elohim doit comprendre que le monde humain n’a aucun impact sur la grandeur et la gloire d’Hashem ! N’est-il pas l’horloger, le Maître de la montre… ?

Ce n’est que le début d’une longue vie de 120 années. Etrange, là aussi ce chiffre. Si l’on se donne la peine de compter les données bibliques, il devrait y avoir 120 Jubilés avant la venue du Mashiah et le Millénium.

La vie de Moshé ne peut se résumer sans rappeler que non content de souffrir la haine de l’extérieur, il va endurer la haine par l’intérieur, de tout un peuple qui n’aura de cesse de contester les Lois édictées par Hashem.

Il devra sans cesse être ce « Shomer », ce Gardien à venir, veiller et intercéder afin que ce peuple rebelle, au coup raide, ne soit décimé par faute d’obéissance, de pureté, et de justice.

40 ans dans le désert à conduire 600 000 mille hommes vaillants, sans compter femmes et enfants et les moins de 20 ans. 40 ans à veiller sur la Torah qui s’écrivait sous ses yeux, 40 ans à transcrire sur rouleaux ce que nous pouvons lire aujourd’hui sur papier doré, en cuir.

Avant de rendre son souffle à Elohim il s’entendra dire par le Tétragramme, qu’après sa mort, ce peuple retournera à sa désobéissance et s’associera aux nations, aux idoles et aux pratiques dévoyées.

Un coup final que Moché a vécu tout comme sa venue dans ce bas monde… La mort l’attendait aux portes de la vie, il a quitté ce monde en sachant que le deuxième ciel, conduit par le Prince des ténèbres, prendrait dans ses griffes ce peuple qu’il a tant chéri.

Depuis, bon nombres se sont succédés pour prendre le relais de Moché : être sur la brèche, veiller et intercéder afin que le Tout Israël, les Deux Maisons, celle de Juda et celle d’Ephraïm, soient rendues digne d’entendre l’appel de l’Adon à venir quand il viendra réunir des 4 coins de la Terre, ses enfants, fidèles au Tanakh, ayant compris que la délivrance par Yahshoua Ha Mashiah les a réconciliés avec le Saint des Saints.

Sommes nous de ceux qui retournent vers les souillures du monde quand ceux qui nous ont montré la voie partent ou faisons-nous parti du « reste » fidèle, jusqu’au bout, attendant le Maître quoiqu’il en coûte ?

A chacun de réfléchir et de faire Techouva.