La milice libano-iranienne Hezbollah a organisé le long de la frontière entre le Liban et Israël une visite armée destinée aux journalistes locaux et assortie de menaces de guerre à l’encontre de l’Etat hébreu.

En réponse à cette visite, le premier ministre Hariri s’est immédiatement déplacé sur le terrain, au Liban-sud. Il était accompagné notamment du ministre de la défense Yacoub Sarraf et du commandant en chef des forces armées libanaises le général Joseph Aoun.

A l’occasion de cette visite, le chef du gouvernement libanais a déclaré en présence du commandant Beary de la FINUL (force intérimaire des Nations Unies au Liban: « le gouvernement n’est pas concerné par la tournée effectuée jeudi par le Hezbollah dans la zone frontalière libano-israélienne et ne l’accepte pas»

De nombreux parlementaires et politiques libanais ont regretté ce qu’ils estiment être la passivité et la tiédeur de la réaction du cabinet Hariri face à la violation par le Hezbollah de la résolution-1701 des Nations unies.

Cette résolution stipule la cessation des hostilités entre la République libanaise et l’Etat d’Israël, le retrait des forces armées israéliennes du Liban, le déploiement de la FINUL et de l’armée libanaise à la frontière entre les deux pays, l’interdiction de milices libanaises ou étrangères au sud de la rivière Litani .

La présence de la milice Hezbollah en zone frontalière avec Israël est une violation de la résolution 1701, une provocation belliqueuse et une rupture de l’équilibre militaire et de cessez-le feu entre le Liban et Israël.

Le déplacement du chef du gouvernement libanais est une tentative de désamorçage de la crise ouverte par le Hezbollah, hostile à l’existence de l’Etat hébreu.

En indiquant qu’ « aucun pouvoir n’est au dessus de l’Etat » et que l’armée veille à la sécurité des frontières, Hariri recadre les velléités bellicistes du Hezbollah.

En réitérant les « violations par Israël de la résolution 1701 » , il tente de retirer toute légitimité de la milice libano-iranienne dans son combat pour la récupération des fermes de Chebaa et de Chajar. Ces fermes sont simultanément revendiquées par le Liban et la Syrie et placées sous administration militaire israélienne depuis les conflits entre le Liban et Israël.

Quant à la FINUL, son incapacité patente et manifeste à faire respecter la résolution 1701 comme les précédentes, relevant pourtant de sa responsabilité, a été reconnue et regrettée par Sigrid Kaag, coordonatrice de l’ONU pour le Liban.

Cette incapacité révèle une fois encore les germes et le maintien du conflit qui enrage la frontière entre le Liban et Israël depuis la violation en 1948 par le Liban de la résolution 181 de l’ONU portant fin du mandat britannique, partage du territoire et création d’entités souveraines sur le territoire de la Palestine placée sous mandat de la Société des Nations (SDN).