Toute culture politique est nécessairement un produit hybride, fruit du métissage entre plusieurs traditions culturelles. Parée de toutes les vertus pour des raisons aisément imaginables, la démocratie israélienne présente néanmoins une image contrastée tel qu’il devrait inciter à davantage de circonspection.

L’inclusion de l’ethnicité dans la trajectoire de l’État israélien en ferait, de façon irréfutable, un des éléments de la modernité. L’inscription dans l’histoire de la culture politique revêtirait une importance cruciale du point de vue du débat sur la démocratie qui disqualifierait ainsi définitivement les hypothèses déterministes politiques.

Eu égard à la marginalité du statut dévolu au concept de la minorité juive noire dans les champs politologiques israéliens, il n’est guère surprenant que cette dernière, dans ce contexte, fasse l’objet d’un traitement sommaire, voire superficiel.

Si ainsi définie, la culture politique israélienne n’apparaîtra jamais immergée dans la culture générale de la société dont elle dérive. Il n’y a pas de société promise par sa culture politique, à la modernité démocratique, et une autre vouée au statut d’observateurs. Il est là, le culturalisme politique dérivant du déterminisme.

Alain Touraine ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme : « II est souhaitable que les minorités soient reconnues dans une société démocratique, mais à condition qu’elles reconnaissent la loi de la majorité et qu’elles ne soient pas absorbées par l’affirmation et la défense de leur identité ».

La démocratie poserait de réels problèmes dans une société valorisant d’allégeances politiques particularistes, aux dépens de l’identification nationale et citoyenne. C’est précisément dans la recherche d’une gestion des équilibres que la nation trouve son origine comme solution au modèle démocratique.

Institutionnalisant la reconnaissance formelle (juridique, politique, économique) du pluralisme socio-culturel, elle tire son pouvoir de séduction de sa capacité à promouvoir, sur des bases proportionnelles, l’accès et la représentation de l’ensemble des groupes sociaux à tous les niveaux d’organisation de l’appareil politique.