La question migratoire est devenue un enjeu majeur dans de nombreux pays. Que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord notamment. Sans oublier l’Asie ou le Moyen Orient. L’arrivée massive de migrants d’Afrique divise l’Union européenne. L’accueil fait par l’Allemagne d’un million et demi de réfugiés venant de Syrie et de la région a mis en péril la survie politique de la chancelière allemande Angela Merkel. Les récentes manifestations racistes de groupes d’extrême-droite et néo-nazis à Chemnitz (ex-RDA) ramènent des démons que l’on croyait à jamais disparus.

Aux Etats-Unis, comme ailleurs, des politiciens se servent de l’immigration pour des fins démagogiques. Le président Trump veut construire son mur à la frontière mexicaine. En Hongrie et en Pologne on évoque la “protection de la civilisation chrétienne” contre les “hordes” de musulmans pour refuser l”accueil de réfugiés.. On se croirait revenu au temps où l’empire ottoman menaçait Vienne ! En Autriche et en Italie les gouvernements ont été composés en fonction d’idées anti immigration.

Ailleurs c’est le Bangladesh qui a dû faire face à une arrivée massive de réfugiés Royingyas. Le plus grand camp de réfugiés du monde s’y trouve, désormais. Le Mexique sert d’escale aux migrants d’Amérique centrale et même d’Haïti porteurs de l’espoir de traverser aux Etats Unis. Sans oublier la Turquie, le Liban ou la Jordanie qui abritent des millions de syriens. Même Israël doit répondre à des demandeurs de refuge en provenance d’Afrique.

Au total l’Agence pour les réfugiés des Nations Unies estime que l’on compte actuellement 66 millions de réfugiés ou de personnes déplacées à travers le monde. Le nombre le plus élevé jamais connu. Les raisons sont nombreuses : guerres au Moyen-Orient, violence et criminalité en Amérique centrale, pauvreté en Afrique, actions génocidaires en Birmanie etc. La crise la plus récente voit deux millions de Vénézuéliens quitter leur pays pour les pays limitrophes et même jusqu’au Chili.

Et malheureusement ces statistiques ne feront qu’augmenter. Pas nécessairement parce que le nombre de conflits va s’accroître. quoique, mais parce que les changements climatiques provoqueront sécheresses, inondations et accroissement de la pauvreté qui inciteront les populations touchées à quitter leurs pays en quête de vie meilleure ou simplement pour survivre. Sans oublier l’augmentation de la population mondiale. L’Égypte n’a que le Nil pour 100 millions d’habitants !

L’ONU dans un rapport récent évoque que 800 millions de citoyens en Asie (Pakistan et Inde en particulier) seront affectés négativement par les hausses de température. Ces pays ne sont évidemment pas équipés pour y faire face. Le manque de pluie affecte déjà les récoltes en Amérique centrale  poussant les paysans vers le nord. Il n’est sans doute pas à la veille de se résorber. La désertification en Afrique non plus.

S’adressant à leur électorat inquiet ou déstabilisé face à l’arrivée d’étrangers, les dirigeants occidentaux cherchent des solutions à court terme. Ainsi l’Union européenne essaye d’endiguer le mouvement migratoire en provenance d’Afrique par de l’aide financière aux pays d’origine ou de transit comme c’est le cas au Niger. Avec un certain succès semble-t-il. Bruxelles aide la Libye à retourner dans leur pays les migrants qui s’y trouvent, par exemple. Le président Trump martèle l’idée de son mur et renforce le rôle des services frontaliers, quitte à séparer les enfants de leurs parents. Le Canada tente de convaincre les communautés haîtienne ou centrale-américaine aux Etats-Unis que de venir illégalement au pays ne se concrétise pas obligatoirement par l’obtention du statut de réfugié. On note une certaine diminution des arrivées illégales sur les côtes européennes, à la frontière mexicaine et aussi au Canada. Mais pour combien de temps?

Compte tenu des problèmes liés au climat, à la surpopulation, à la présence de dirigeants incompétents qui s’accrochent au pouvoir comme au Vénézuela, au Nicaragua, des conflits régionaux et du désespoir d’une jeunesse africaine ou maghrébine qui préfère prendre le risque de perdre la vie en traversant la Méditerranée que de mourir à petit feu chez elle, il est illusoire de croire que les pays les plus riches pourront stopper complètement le flot de migrants frappant à leur porte.

Face à ce constat la communauté internationale devrait s’organiser pour le confronter. Les populations occidentales n’auront ainsi pas d’autres choix que de se montrer plus généreuses notamment en accueillant davantage d’immigrants et en favorisant leur intégration. Il est statistiquement illusoire, malgré ce qu’en disent des dirigeants ou des candidats politiques de droite de faire comme si de rien n’était et d’empêcher les pauvres et les opprimés de vouloir améliorer leur sort en tentant leur chance ailleurs légalement ou pas.

Outre les politiques nationales, la solution serait bien sûr pour la communauté internationale d’agir de manière concertée pour protéger l’environnement, pour trouver des solutions aux crises régionales et de travailler à l’amélioration économique des pays les plus pauvres.

Malheureusement cela apparait peu envisageable, pour l’instant, avec certains de nos leaders, la montée des nationalismes et l’impuissance des nations de s’unir dans un monde de plus en plus éclaté.

Mais la réalité du monde nous rattrapera tous un jour…..