La section de cette semaine enseigne ce que les sages ont appelé les lois de la « pureté familiale », c’est-à-dire les lois concernant le flux menstruel d’une femme.

Nous verrons que deux cas se présentent « nidda » et « zava ».

Lisons le texte

Chap. 15, V. 19 à 24 : « Et lorsqu’une femme aura un écoulement – son écoulement de sa chair étant du sang – durant sept jours elle sera dans son état de séparation et quiconque la touche sera impur jusqu’au soir. Et tout objet sur lequel elles s’allongera dans son état de séparation deviendra impur ; et tout objet sur lequel elle s’assiéra deviendra impur. Et quiconque touche sa couche trempera ses vêtements et s’immergera dans l’eau et sera impur jusqu’au soir. Et quiconque touche tout ustensile sur lequel elle se sera assise trempera ses vêtements et s’immergera dans l’eau et sera impur jusqu’au soir. Ou si quelqu’un est sur la couche ou sur l’ustensile sur lequel elles est assise, en le touchant, il deviendra impur jusqu’au soir. Et si un homme cohabite avec elle, alors l’état de séparation de celle-ci sera sur lui et il sera impur durant sept jours ; et toute couche sur laquelle il s’allongera deviendra impure. »

Ce passage traite de l’écoulement de sang durant la période des règles tandis que les versets suivants se rapporte à l’écoulement hors de cette période :

Chap. 15 V. 25 : « Et si le sang d’une femme s’écoule durant de nombreux jours en dehors de sa période de séparation, ou si elle a un flux après sa séparation, tous les jours de son flux seront comme les jours de sa séparation ; elle est impure. »

Le Rav Munk nous apprend que « les Sages ont procédé à une unification des lois concernant ces deux cas, étant donné leur complexité et le danger de confusion dans l’application des prescriptions propres à l’une ou l’autre de ces périodes. »

Je dois vous dire que ce texte me pose problème. Comment peut-on dire d’une femme qui a ses règles qu’elle soit impure. Ce dernier terme laisse à désirer surtout au XXIe siècle mais les commentaires des rabbins sur ce passage posent encore plus question. Je suis convaincu que si les femmes avaient eu des responsabilités religieuses, nous aurions eu d’autres interprétations.

Le Rabbi Meïr écrit : « pourquoi la Thora ordonne-t-elle les sept jours supplémentaires (en plus des cinq jours de la durée des règles) ? parce que le mari est habitué à sa femme et s’en lasse. Qu’elle reste impure encore ces sept jours, afin qu’elle lui soit ensuite aussi chère que le jour où elle entra sous le dais nuptial. »

Beaucoup ont peur de se souiller en serrant la main d’une femme

Si je comprends bien, avoir sa femme toutes les nuits à ses côtés peut lasser le mari !!!!

Si ces règles peuvent être compréhensibles, il est inquiétant de voir comment certains religieux orthodoxes en font une obsession.

Par peur qu’une femme soit indisposée, certains refusent de leur serrer la main. Ainsi la semaine dernière, le ministre de la santé israélien a refusé de donner une poignée de main à son homologue français. Ce n’est pas une surprise car nous voyons beaucoup de nos rabbins qui ont peur de se souiller en serrant la main d’une femme.

Dès le début du 12e siècle, Juda Halévi écrivait dans le Kouzari qu’il est seulement interdit d’avoir des relations sexuelles avec une femme lorsqu’elle est indisposée ou après qu’elle ait mis au monde un bébé :

« L’impureté et la sainteté sont des notions connexes, l’une ne peut exister sans l’autre, là où il n’y a pas de sainteté, il n’y a pas d’impureté. L’impureté n’est rien d’autre que ce qui interdit à l’être qui est dans cet état de toucher toute chose qui est sainte, c’est-à-dire qui est consacrée à Dieu, comme les prêtres, leurs nourritures, leurs vêtements, les prélèvements agricoles (qui leur reviennent), les sacrifices, le Sanctuaire, et bien d’autres choses encore. De même, la sainteté est un état qui interdit de toucher bien des choses connues de tous. Ces lois dépendent du fait que la présence divine résidait parmi nous. Cependant aujourd’hui, ce n’est plus le cas, cette présence nous a quittés. Si donc aujourd’hui il nous est interdit d’avoir des rapports avec une femme qui a ses règles ou avec une accouchée, ce n’est pas en vertu de l’impureté. C’est un commandement révélé parmi d’autres. »

Les futures épouses, avant de se marier dans une synagogue orthodoxe, reçoivent en « cadeau » un livre qui traite de la nidda. Je vous conseille de vous procurer ce livre pour comprendre comment le «problème» de l’impureté y est traité. Ainsi vous apprendrez comment les parents doivent se passer leur bébé de main en main si Madame est indisposée, ou comment l’épouse doit s’assoir sur le même canapé de son époux afin de ne pas réveiller les pulsions de ce dernier car c’est bien connu, dès que le gente masculine voit une femme, il ne pense qu’à une seule chose….

Ceux qui me lisent depuis un certain temps auront compris que si j’aime la religion juive, je souhaite que cette dernière évolue et se modernise un peu. Ainsi, je trouve bizarre que certains prennent les paroles de nos sages comme (excusez-moi du terme) paroles d’évangile.

Comment approuver par exemple les écrits de Le Behaye qui nous apprend que : « si, pendant la copulation, la femme pense uniquement à son mari, un fils naîtra de leur union ».

Pour revenir à notre section, lisons ce cours de Rabbi Meir qui nous apprend que « Dieu accomplit de nombreux miracles pour l’enfant avant sa naissance : la mère est pleine de sang, mais aussitôt après la venue au monde, le sang reflue de la poitrine de la mère et se transforme en lait avec lequel elle va pouvoir allaiter son bébé. »

Nous apprenons donc que le sang se transforme en lait !!!

Les textes saints et les commentaires sont très riches en enseignement mais nous devons quelquefois les moderniser car la science nous démontre que certaines allégations sont fausses. Prendre à la lettre un texte, ne pas le faire évoluer s’apparente à de l’intégrisme, ce qui est contraire à l’essence même de nos textes saints.

Chabbat chalom

Eric Gozlan