À la triste occasion et dans le cadre de la démonstration de solidarité nationale à l’égard des victimes de l’antisémitisme en général et de feue Mireille Knoll en particulier, assassinée par onze coups de couteaux et brûlée en son modeste domicile à Paris, le président de la République française a déployé affection, compassion à l’égard de la famille et annoncé force projets de lutte contre l’antisémitisme.

Ces démonstrations correspondent à la norme de responsabilité de l’autorité publique en régime de Droit public. Pour autant, l’examen des mesures annoncées par l’Exécutif comme par le Législatif sur ce terrible sujet ne laisse entrevoir aucune qui seraient en mesure de stopper les agressions, délits et crimes que vivent depuis de nombreuses années les Français juifs en raison de leur confession.

Il a fallu attendre les avis publics du chef de l’Etat sur la nécessité de reconnaître la qualification aggravante d’antisémitisme relevant les délits et crimes commis de façon probante pour que cette qualification soit effective. Sur ce plan et sur ce plan seulement, il est constaté une laborieuse avancée.

Restent les questions esquivées ou ignorées par l’Autorité publique.

1- L’Agence-France-Presse (AFP) est financée par l’Etat. Elle est chargée «de collecter, vérifier, recouper et diffuser l’information, sous une forme neutre, fiable et utilisable directement par tous types de médias (radios, télévision, presse écrite, sites internet) mais aussi par des grandes entreprises et par l’Administration». Elle constitue en France l’élément incontournable de source médiatique d’information.

Or, s’agissant du conflit israélo-palestinien, l’AFP opte systématiquement pour la version palestinienne des faits en délaissant la version israélienne. Cette violation pérenne depuis 1967 de ses statuts lui enjoignant la neutralité conduit à une incrimination permanente et injustifiée de l’Etat d’Israël, une stigmatisation prégnante de ses soutiens en France composés principalement des Français juifs et une justification progressive de ses ennemis qui ciblent désormais les Français juifs jusque’à assassiner des dames âgées comme Mireille Knoll.

2- La vigueur et la ténacité de la médiatisation des argumentaires anti-israéliens font face à … l’absence quasi constante de prévention et de lutte médiatique contre les poncifs antisémites dont la progression foudroyante conduit aux assassinats des personnes au seul motif qu’elles sont nées juives.

3- Certains parlementaires se plaignent de l’infiltration par les djihadistes des administrations nationales et territoriales. Le rapport remis en 2015 par le député de l’Essonne Malek Boutih au Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, alerte que dans l’hypothèse d’absence de réaction de l’Autorité publique, «la dérive islamiste ne se transforme en phénomène de masse»

4- La diplomatie française utilise à l’égard de la politique de défense d’Israël des éléments qui parfois dépassent ceux des ennemis de l’Etat hébreu. Le zèle affiché des représentants français à l’UNESCO à voter et faire voter d’autres Etats des résolutions folles détachant tout lien historique, culturel et confessionnel hébreux sur l’espace qui les a constitués a conduit au désaveu du président de la République d’alors, François Hollande et à une tentative supplémentaire de déligitimisation d’Israël. Les conséquences djihadistes sur le sol français sont à cet égard parentes.

5- Les recommandations présentées publiquement par le président Macron au Premier ministre Netanyahu relevant de «gestes courageux envers les palestiniens» passait sous silence la novation de Droit international public effectuée par Israël. Cette novation de Droit consistait à rendre à plusieurs reprises des territoires acquis à la suite d’agressions commises par des Etats vaincus en échange de traités de paix.

En comparaison, le silence du même Macron dans les mêmes conditions publiques envers son homologue turc Erdogan au sujet de l’occupation de 37% du territoire chypriote- celle ci véritable agression coloniale – aura constitué une véritable inversion diplomatique au détriment du Droit international public.

Cette distanciation du premier magistrat de France envers une position légitime et sa solidarité envers une position illégitime aura constitué une différence de traitement diplomatique au service de la force et au détriment du Droit.

Nul doute circonstancié que cette attitude constitue un encouragement aux djihadistes sur le sol français.

Par conséquent, seules les mesures relatives à la neutralité de l’AFP sur le conflit israélo-palestinien, la destruction éthique et systématique par la presse des arguments antisémites, l’examen par l’Exécutif des rapports des services de sûreté de l’Etat et de parlementaires sur l’infiltration djihadiste dans l’administration générale et territoriale de l’Etat, la distanciation de la France des thèses diplomatiques infondées et offensives, la désignation des ennemis de la démocratie, seront en mesure de constituer une base de lutte contre la haine et les assassinats commis sur des Français juifs, stigmatisés en raison de leur naissance.

Elles permettront également au pays de se retrouver dans un élan juste et équitable de la résolution des conflits internes et externes et dans le cadre de l’intérêt général indispensable au maintien des libertés fondamentales.