N’étant pas membre du CRIF et n’ayant pas de sympathie particulière pour cette organisation comme j’ai eu l’occasion de l’écrire à de nombreuses reprises, je me sens parfaitement à l’aise pour répondre aux propos tenus par Jean-Luc Mélenchon lors de son entretien sur Europe 1 le 17 décembre.

S’adressant au CRIF dont il dénonce les manœuvres empêchant le débat, il a déclamé : « Tous les Français, quelles que soient leur religion ou leur culture, doivent épouser le point de vue de la patrie sur ce sujet. La condition pour que l’on vive bien en France, c’est de ne pas importer les conflits qui arrivent de l’extérieur.

Ici c’est la Seine, c’est pas le Jourdain. On n’a aucune raison de se taper dessus pour une histoire qui est déjà assez embrouillée comme ça. Evidemment que ça vaut pour tout le monde… Le leader insoumis a rappelé la position française sur une solution à deux Etats.

Ici, c’est la France, donc nous devons aider notre pays à avancer dans la voie qu’il a choisie, c’est-à-dire la création de deux Etats, la paix, le respect mutuel. Ça peut paraître angélique, mais je m’en fous. C’est un chemin de crête, mais c’est le chemin des Français ».

Il se présente comme principal opposant du gouvernement.
Il a été en rébellion contre presque toutes les décisions des gouvernements sous Sarkozy, Hollande et Macron.
Il a eu beaucoup de mal à reconnaître sa défaite au soir du premier tour.

Il joue au révolté contre, notre politique européenne, notre politique économique, ainsi que beaucoup de décisions de notre politique internationale, mais sur le sujet de la position française officielle sur le conflit israélo-arabe, il n’accepte pas l’insoumission.

Il faut dire que le brillant tribun qui vota à l’unisson avec le système, oui à Maastricht en 1992 a changé de braquet pour trouver sa base électorale dans les quartiers dits « difficiles »
Il faut dire que l’extrême droite chasse sur le terrain de la classe ouvrière traditionnelle.

Il a compris qu’il y avait une place à prendre chez les Français « issus de l’immigration ».
C’est ainsi que depuis quinze ans, de surenchère en trahison, il prétend incarner la gauche et l’insoumission à un système qui rejetterait cet électorat.

En 2013 déjà, il invoquait la Patrie contre Pierre Moscovici le ministre des Finances en place qui n’a jamais caché son origine juive. Mélenchon lança une charge qui laisse peu de doutes sur ses arrières pensées : « C’est un comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français, qui pense dans la langue de la finance internationale ».

En 2014, lors du dernier conflit entre Gaza et Israël, au nom de son opposition à la politique israélienne, le prétendu Républicain laïc n’hésite pas à manifester aux côtés de porteurs de drapeaux du Hamas et du Hezbollah qui criaient « mort aux Juifs ».
Mais Mélenchon se défend de tout antisémite.

Il est malin le beau parleur, et encore récemment en s’adressant à Léa Salamé pensant « peut-être » qu’elle était juive – Il faut dire qu’elle est issue d’une famille de diamantaires et que son compagnon s’appelle Raphaël Glulksmann – il a fustigé « ses liens familiaux, politiques et communautaires ».

Interrogé sur cette salve contre la journaliste, il s’est justifié en parlant de « communauté des journalistes » alors que pour les professionnels, on parle de corporatisme et non de communautarisme.
Ce parfait lettré sait utiliser les mots exacts qui permettent différentes interprétations possibles.

Cette dernière sortie « border line » fit écrire à Jean Rouaud dans le journal l’Humanité que Mélenchon était antisémite, provoquant le retrait de son billet du journal et un communiqué indigné du Directeur de la Rédaction.

Cette dernière sortie sur Europe 1 s’inscrit parfaitement dans la continuité de cette dialectique puante.
Pour l’auto déclaré « insoumis », le chantre des donneurs de leçons, l’illusionniste révolutionnaire, il existe un sujet qui ne souffre aucune opposition, et ce sujet unique en son genre, c’est le conflit israélo-palestinien.

Selon lui, Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël et prétendre le contraire vous bannirait de la communauté nationale.
A la manière des ligues antijuives d’avant-guerre, l’insoumis en chef distribue des quittances de patriotisme.

Pour Mélenchon la position du gouvernement français qui ne reconnait pas Jérusalem comme capitale d’Israël engage la patrie. Quiconque s’indignerait de cette position du Quai d’Orsay ne mérite pas d’être Français.

La ficelle est un peu grosse.
Tout le monde a bien compris que seuls les Français juifs sont ciblés dans ses propos nauséeux.

Elle existe donc toujours et se revigore cette « gauche pourrie » qui alimenta grassement les rangs de la collaboration derrière Doriot et Laval.