Entre les deux tours de l’élection présidentielle, le Premier ministre sortant, Bernard Caseneuve (socialiste) a reproché à Jean-Luc Melenchon (France insoumise), de ne pas appeler explicitement l’électorat à faire barrage à la candidate Marine Lepen (Front national) et à voter pour Emmanuel Macron (En marche), dénonçant ainsi « une faute politique et morale ».

Au cours de deux réunions électorales législatives tenues à Paris puis à Marseille, le candidat Melenchon, a attaqué Caseneuve en ces termes :

« Cazeneuve, le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse. Le gars qui a fait gazer, matraquer toutes les manifestations et qui prend maintenant sa tête de petit sainte-nitouche pour dire que c’est moi qui ne sais pas choisir entre le Front national et je sais pas qui ».

Caseneuve a déposé à l’encontre de Melenchon une plainte en diffamation, en prenant soin de laisser à Melenchon une porte de sortie :

« Si bien entendu il (Melenchon) dit dans les jours qui viennent ‘je regrette ce que j’ai dit, je me suis laissé emporté, je présente mes excuses’, je retirerai ma plainte ».

Loin d’assumer ses propos et sa responsabilité, Melenchon a refusé de s’excuser auprès de Caseneuve. Il justifie les termes employés par une grande fatigue. Il admet qu’il n’aurait « pas dû se sentir piqué » par les reproches de l’ex-Premier ministre sur son attitude face à Marine Lepen et réagir comme il la fait.

C’est ainsi que Melenchon, ex-candidat à l’élection présidentielle, candidat à l’élection législative, refuse de présenter ses excuses à Caseneuve mais excuse sa propre personne par des justifications bien curieuses quand il s’agit d’un candidat électoral à des responsabilités électives.

Ce n’est pas le premier incident créé par Melenchon sur de divers sujets publics. Ce n’est pas le premier personnage politique à opérer de la sorte. Ils étaient légion, en France, pendant l’entre deux guerre (1918-1939).

Il s’agit d’un exercice périlleux pour la conscience et la liberté politiques.