Rédigé depuis sa geôle en 1924-1925 par Adolf Hitler, «Mein Kampf/ Mon combat» est une logorrhée de haine antisémite et un programme minutieux relatif à l’extermination des communautés juives.

Après et depuis l’effondrement du IIIe Reich, les droits d’auteur ont été dévolus au Land de Bavière qui s’oppose à la réédition complète, contrôle les éditions partielles et interdit la publication en Allemagne.

Les conventions internationales limitent les droits d’auteur à septante ans à compter de l’extinction de l’auteur.

Compte tenu d’éventuelles prorogations de guerre, l’ouvrage doit tomber dans le domaine public à compter du 1er janvier 2016. «Mein Kampf» pourra alors être édité et traduit librement sans redevances quelconques.

Quelques Etats ont déjà fait savoir qu’ils maintiendraient l’interdiction, d’autres non.

Pour certains, la publication de l’ouvrage, même assortie d’annotations rectificatives et préventives, constituera une atteinte à la mémoire et à l’honneur des victimes et de leurs descendants, et un encouragement à la haine raciste et antisémite.

Pour d’autres, la publication est inévitable et ses annotations permettront de prévenir les incitations aux meurtres et à la barbarie nazie.

En toute hypothèse, force est de constater que l’annonce de la publication de ces écrits antisémites, ségrégationnistes et racistes est loin de provoquer les réactions de violence et de meurtres qui ont suivi les publications d’ouvrages relatifs à l’Islamisme.

Pourtant, à la différence de «Mein Kampf» qui est un appel au meurtre des personnes et à leur extermination collective, les œuvres telles que celles de Salman Rushdie ou les articles/dessins de Charlie Hebdo se contentaient de critiquer plus ou moins vivement la philosophie des radicaux islamistes.

L’œuvre de Salman Rushdie et les desseins de l’hebdomadaire Charlie-Hebdo ne contiennent aucun programme d’extermination. Ils ont pourtant été sanctionnés par des réactions de haine, des appels au meurtre et des massacres.

Alors que « Mein Kempf » est sans commune mesure avec Salman Rushdie et Charlie-Hebdo, les réactions ont été tranquilles dans le premier cas et déchainées dans le second.

Pierre Saba