Au lendemain du massacre d’Orlando qui a fait 50 morts et 53 blessés dans une boîte de nuit gay, je suis entre le marteau et l’enclume.

D’un côté, il y a les déclarations inquiétantes de la part de Donald Trump, des déclarations qui font partie de sa généralisation globale de tous les musulmans (de tradition, de culture, et de confession, peu importe) comme d’éventuelles menaces terroristes, d’où son projet d’interdire aux musulmans, vaguement définis, d’entrer aux États-Unis.

Mais, de l’autre côté, il y a également des déclarations inquiétantes, émanant de la soi-disant gauche progressiste, pour qui, non seulement ces attaques n’ont rien à voir avec l’Islam (ce qui est, en se tenant aux faits, résolument faux, puisque les pays suivant strictement la charia font régulièrement exécuter les homosexuels), mais en fait c’est la droite chrétienne qui devrait être blâmée.

Cette dernière position est illustrée par un tweet par Chase Strangio, un avocat de l’ACLU :

Strangio fait partie de ce segment croissant de la gauche américaine qui nuit gravement à la crédibilité de la gauche en général en se montrant tout à fait disposé à ignorer toute sorte d’atrocité liée à «l’islam», de peur d’être traité d’« islamophobes ».

Strangio ne se rend pas compte ou ne veut pas se rendre compte que 200 tentatives de faire passer des projets de loi anti-LGBT ne peuvent en aucun cas être assimilées au massacre de 50 personnes innocentes commis par un terroriste islamiste.

Il faut répéter que, malgré toutes les réserves qu’on peut avoir à leur égard et toutes les critiques qu’on peut leur faire, ce n’est pas la droite chrétienne qui a tué 50 personnes à Orlando ; c’était un extrémiste islamiste qui, en tuant des personnes LGBT pour le simple fait d’exister et d’assumer leur sexualité, a suivi l’exemple de nombreux pays musulmans qui persécutent et exécutent les homosexuels.

Strangio est prompt à détourner l’attention du véritable coupable de ces attaques et de la maladie de l’homophobie qui sévit partout dans le monde musulman (même parmi ceux qu’on appelle parfois «modérés»), et de placer en quelque sorte le blâme sur la droite chrétienne en raison de leurs 200 tentatives de faire passer des projets de loi anti-LGBT. Or, compte tenu des circonstances, il aurait été plus approprié de condamner sans réserve la « droite musulmane ».

Si, en effet, il fallait plus de preuves (au-delà des sondages PEW sur la perception de l’homosexualité dans le monde musulman, ou des témoignages de personnes LGBT qui vivent ou qui ont vécu dans le monde musulman, ou les statistiques d’exécution des homosexuels dans certains pays musulmans), considérez qu’un érudit musulman d’Iran qui a été invité à la mosquée d’Orlando il y a deux mois avait déclaré en 2013, au sujet de l’homosexualité, que : « la mort est la peine. Nous le savons. Il n’y a rien de gênant à ce sujet. La mort est la peine. »

Comme l’affirme le regretté Abdelwahab Meddeb dans son livre La maladie de l’islam, il y a un problème majeur et une maladie dans l’islam aujourd’hui et le fait d’ignorer cette réalité ne rend service à personne. Certainement, cela ne va pas aider les minorités sexuelles ou les libres penseurs vivant dans les pays à majorité musulmane, ou dans les sociétés ou communautés musulmanes, où beaucoup d’entre eux sont quotidiennement victimes de harcèlement, de menaces de morts, et d’autres actes de violence.

Il ne faudrait pas trouver des excuses et de détourner l’attention du vrai problème, comme l’a fait le journaliste Shaun King sur sa page Facebook lorsqu’il a critiqué les médias d’avoir qualifié le massacre d’Orlando comme la fusillade la plus meurtrière dans l’histoire des États-Unis (à la place du massacre d’Orlando, il a cité le massacre de Wounded Knee en 1890).

Certes, King a le droit de critiquer ce qu’il perçoit comme une erreur de la part des médias. Mais il faut aussi noter que l’une de ses premières réactions à la fusillade était en effet de la décrire comme « la tuerie de masse la plus meurtrière dans l’histoire des États-Unis. »

Sans surprise, et peut-être inconsciemment, dès que les médias ont découvert la religion du tireur, King, comme beaucoup d’autres, a choisi de détourner l’attention par tous les moyens possibles. King a décidé de parler d’un massacre de 1890 et Strangio a rejeté la faute sur la droite chrétienne.

Néanmoins, le problème urgent de l’homophobie et du dogmatisme dans l’islam, qui permet des espaces sûrs aux extrémismes insidieux, doit être abordé de front, sans détour, et sans réserve.