Suite à la marche blanche organisée en hommage à Madame Mireille Knoll odieusement assassinée par un voisin musulman, un voisin qu’elle connaissait depuis de nombreuses années, un voisin qui l’a assassinée de 11 coups de couteaux avant de brûler son corps supplicié, elle qui – âgée de 85 ans et souffrant de la maladie de Parkinson – était incapable de se défendre contre son tortionnaire, suite à cette marche donc, la polémique a commencé à enfler sur l’attitude de Francis Kalifat, président du CRIF.

Aurait-il dû se positionner contre la venue de Marine Le Pen et celle de Jean-Luc Mélenchon au motif que des membres de leur parti et mouvement respectifs sont, eux aussi, des promoteurs de l’antisémitisme ? Et Francis Kalifat de se faire rabrouer de toute part sur tous les plateaux de télévision ainsi que dans la presse, de l’avis général.

On pourra dire ce que l’on veut sur le CRIF. Qu’il ne représente pas tous les juifs de France, qu’il ne lutte pas assez efficacement contre l’antisémitisme, qu’il est soumis aux contraintes politiques, que son dîner annuel n’est qu’un dîner mondain où il est très bon d’être vu. Toutes ces opinions se discutent et se défendent.

Mais on peut aussi regarder la réalité en face.

Marine Le Pen n’est pas Jean-Marie Le Pen ? C’est vrai. Son entreprise de « dédiabolisation » fonctionne assez bien. Elle n’a jamais tenu officiellement de discours antisémites. Gilbert Collard, proche bien que non encarté, est l’un des rares parlementaires à tenir des discours très courageux contre cet antisémitisme caché derrière l’anti-sionisme des progressistes en tous genres.

Tout cela est exact. Mais il n’en reste pas moins que la garde rapprochée de Marine Le Pen est constituée d’anciens membres du GUD accusés par certains ex-membres du Front National d’être viscéralement antisémites et négationnistes. Ils sont également proches de Mbala Mbala et Soral et ont des liens avec le négationniste Faurisson. Tout de même.

Comment croire que ces amis de trente ans, impliqués de longue date dans les diverses campagnes du Front National, n’imprègnent pas la ligne politique du parti.

On ne peut pas non plus, en effet, objectivement reprocher des propos antisémites à Jean-Luc Mélenchon. On peut, en revanche, s’interroger sur certains membres de son mouvement qui soutiennent ouvertement le BDS, cette nébuleuse qui boycotte Israël sur tous les plans, qui manifeste contre la venue d’une troupe de ballet israélienne, qui s’oppose aux rencontres sportives avec des équipes israéliennes, qui dénonce le festival du cinéma israélien, qui charrie tant de propos antisémites – du désormais classique « Mort aux Juifs » dans les manifestations au photomontage comparant l’armée israélienne aux jeunesses hitlériennes accompagné d’un texte antisémite et négationniste sur Facebook.

Que dire de Mme la députée Obono (France Insoumise) qui défend Houria Bouteldja, membre du PIR, soutien du Hamas et du Hezbollah et qui explique que « les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe ». Les Juifs responsables, promoteurs d’une « islamophobie d’Etat ».

Cette même prétendue islamophobie, cette même politique prétendument coloniale qui est prétextée par les français partis faire le djihad et qui aujourd’hui reviennent en France avec une haine intacte pour ce pays dont ils ne reconnaissent pas les lois mais dans lequel ils préfèrent quand-même être jugés. Si Jean-Luc Mélenchon s’est déclaré en opposition politique avec le PIR, il ne s’est pas désolidarisé de Mme Obono.

A faire d’Israël, dans les manifestations et sur internet, le nouveau nazi, un État d’apartheid et impérialiste, à se réfugier derrière ce prétendu antisionisme pour cacher sa haine du juif, la détestation s’installe et des mots on passe aux actes. Tout récemment, le local des Étudiants Juifs de France à Tolbiac a été saccagé à grand renfort de tags « A mort Israël » ; « Palestine vaincra », « antisioniste ».

Et, ultime degré de la violence, on en vient à abattre des enfants juifs dans une école pour venger les enfants palestiniens, à tuer des clients juifs d’un supermarché casher, à assassiner des vieilles dames juives dans leur salon.

Les antisémites de droite et de gauche se sont rejoints, ils se retweetent, ils se nourrissent de leur haine commune. Et ce n’est pas nouveau. Dans les années 90, le GUD avait pour slogan : « A Paris comme à Gaza : Intifada ! ».

Alors sans pouvoir interdire la venue de tel ou tel, Francis Kalifat pouvait au moins donner son avis et c’est ce qu’il a fait. Ne nous cachons pas derrière une cohésion nationale que nous savons inexistante sur certains sujets.

Enfin, qui pourrait bien croire que si ce dernier n’avait rien dit, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon auraient été accueillis avec bienveillance ? Personne. Et la raison est la même que celle qui motive ses contempteurs : Le CRIF ne représente pas tous les juifs de France. Et ceux qui ont hué et chahuté n’attendaient pas le blanc-seing du CRIF pour le faire.

Laissons donc là ces polémiques inutiles et concentrons-nous sur les vrais dangers qui guettent la France.