Après un appel perçu comme étant une demande d’éradication d’Israël, le commentateur et Professeur Marc Lamont Hill a été limogé de la chaîne de TV américaine CNN, peu connue pour ses positions pro-israéliennes. Nous pouvons dire avec assurance que cette chaîne de TV a dû s’excuser plus d’une fois pour des informations anti-israéliennes mensongères.

Le 18 novembre 2014 par exemple, CNN a été dans l’obligation de s’excuser pour la couverture médiatique biaisée sur un attentat à Jérusalem alors qu’ils titraient que des policiers israéliens avaient abattu deux Palestiniens sans aucunes allusions à l’attentat. Le 22 novembre 2016, elle s’est excusée d’avoir questionné en « live » sur l’existence d’un peuple Juif et le 14 juillet 2014, elle s’est excusée d’avoir rapporté un nombre mensonger de morts en Israël pendant le conflit opposant Israël au Hamas. Pour ne citer que trois exemples. CNN n’a pas été fustigée pour des positions pro-israéliennes déplacées dans tous les cas.

Si cette ligne éditoriale est claire pour ceux qui suivent tant soit peu les publications de CNN, nous avons pu recevoir en « live », une fois de plus, une des raisons de cet acharnement à l’encontre de l’État hébreu. Lamont Hill a été limogé après avoir adressé un réquisitoire anti-israélien exécrable et menaçant devant l’Assemblée générale de l’ONU et a terminé sa diatribe avec la phrase de ralliement des Palestiniens qui demande la libération de la « Palestine du fleuve à la mer ».

Une chanson de Jabotinsky demandait les deux rives du Jourdain pour le foyer national Juif mais c’était avant la création de la Transjordanie qui devint en 1946 la Jordanie. Aujourd’hui, aucun organisme juif existant sur la sellette internationale ne revendique ce vœu alors que le Hamas, qui demande ouvertement de libérer la Palestine du fleuve à la mer, contrôle une bande de terre qui lui permet de mettre l’État d’Israël à portée de missiles et d’attaque diplomatiques à l’ONU par exemple.

Et pourtant, il semblerait que ce cri de ralliement soit celui qui a fait déborder le vase parce qu’il signifie tout simplement la destruction de l’État d’Israël qui se trouve être entre le fleuve et la mer dont nous parlons.

Ce commentateur doit être licencié mais pas parce qu’il a demandé la libération de la Palestine du fleuve à la mer.
Cette volonté de délivrer un peuple est une volonté noble et naturelle. C’est l’essence même de l’humanité que de vouloir vivre libre. Le problème n’est pas dans les conséquences mais dans les causes du sentiment que ce journaliste a exprimé.

Licencier un journaliste qui demande la libération d’un peuple en délaissant totalement les raisons qui l’ont mené à prendre cette position est comme traiter la fièvre d’un malade sans s’occuper des causes de sa maladie. Lamont Hill aurait dû être licencié à cause des mensonges qu’il diffuse sans aucunes vérifications.

Son profil Facebook est miné d’une quantité industrielle de positions viscéralement anti-israéliennes, voire antisémites, qui vont jusqu’à dénier le droit des Juifs à se réclamer être un peuple, comme le post de Rich Siegel du 20 août par exemple.

Il n’est pas étonnant qu’un homme qui affiche comme livre de chevet une multitude d’auteurs comme Khalidi, auteur de « La Cage de fer » qui se caractérise principalement par une apologie des théories conspirationnistes habituelles ou encore Peter Beinart, intellectuel juif américain qui se plaît à mentir de façon insidieuse envers Israël, ne peut que continuer à promouvoir une industrie mensongère envers Israël.

Son discours est le reflet de son compte Facebook. Il parle de violence d’état et d’épuration ethnique, il compare la violence étatique qui sévit en Syrie avec celle qui frappe les Palestiniens en « Palestine ». Son message est truffé de mensonges et de fausses vérités. Son compte Facebook donne libre cours au BDS qui est un organisme ouvertement antisémite, aux publications de site extrémistes comme Ma’an ou Memo qui accusent Israël de crimes contre l’humanité, il compare l’État hébreu à Cuba et donne des conférences sur les similitudes entre l’apartheid Sud-Africain et celui d’Israël et j’en passe.

Toutes ces publications auraient dû être les raisons d’un licenciement immédiat car un journaliste ne peut pas diffuser délibérément des mensonges. Un journaliste, comme chaque homme de notoriété publique, doit vérifier les sujets sur lesquels il écrit, à plus forte raison lorsqu’il a plus de 80 000 followers. Le moins que nous puissions réclamer est une intégrité qui permet aux lecteurs de ne pas être induit délibérément en erreur quant aux faits qu’il rapporte.

Il est évident que si on ne licencie pas les journalistes qui propagent des mensonges sur tous les médias auxquels ils ont accès accusant Israël d’être un pays d’apartheid qui assassine les Palestiniens comme Assad assassine ses propres ressortissants, d’être un pays totalitaire comme Cuba et qui applique une politique de nettoyage ethnique qui nous rappelle certaines heures sombres du vieux continent, il est difficile de comprendre pourquoi on devrait les limoger lorsqu’ils réclament la libération d’un peuple qui souffre de toutes ces humiliations.

Et effectivement, le fait de divulguer impunément des mensonges sur Israël a fait que, petit à petit, il finisse lui-même par y croire. Preuve en est qu’il publie lui-même cette nuit (3 décembre) une confirmation catégorique de son discours et regrette seulement sa dernière phrase qui est à ses yeux malheureuse et a été mal comprise. Et je le crois sincèrement. Lamont Hill est le produit d’une industrie mensongère de longue haleine qui empoisonne le conflit avec un venin difficile à gérer.

Paradoxalement donc, le limoger ne fait qu’attiser la haine qu’il développe envers Israël croyant toujours plus fort qu’Israël est le diable en personne et que ceux qui le critiquent doivent en payer le prix. C’est exactement ce que les 300 commentaires du compte Facebook de Lamont Hill disent aujourd’hui et c’est aussi le message qui est retenu en général : Haaretz en anglais titre que le licenciement prouve « qu’Israël est intouchable dans les médias Américaines », Aljazeera dénonce en première page : « Les faits en premier, sauf pour Israël » et la presse française ignore tout simplement ce fait d’arme. Rien sur les messages mensongers diffusés par Lamont Hill pendant des mois et des années.

C’est cette industrie du mensonge qui doit être punie, et pas seulement les conclusions auxquelles elle mène. C’est une des conditions sans laquelle la paix ne pourra être discutée entre Israéliens et Palestiniens.