Les récentes interventions du chef du cabinet israélien Benjamin Netanyahu correspondent en ces nouveaux temps de terreur aux intérêts de la défense nationale.

Au plan intérieur

Les déclarations du Premier ministre se conforment à la responsabilité de son gouvernement en matière de sécurité publique. Le rôle est difficile. Le pays est en situation de guerre depuis…1948. Malgré cela, Israël connaît moins d’exemptions au Droit général que certaines autres démocraties dont la sécurité nationale n’est pourtant pas menacée comme l’Etat hébreu par des forces hostiles intérieures et extérieures.

Au plan international

Après de nombreuses années à avoir périphérisé la hazbara (explication de la politique nationale sur la scène internationale), Israël développe désormais l’état de l’hostilité dont il fait l’objet à l’intérieur comme à l’extérieur. Il convient de rendre hommage au Premier ministre Netanyahu de cette juste initiative. Cependant, il convient de constater qu’elle peut paraître encore et sur certains sujets pourtant essentiels comme incomplète ou velléitaire.

Ainsi l’intervention de Bibi relative à l’explosion de violences que connaît le pays ces dernières semaines. Le chef du gouvernement israélien a expliqué devant les caméras son respect de l’Islam et de ses lieux saints à Jérusalem. Il a protesté de sa sincérité. Les ennemis d’Israël ne peuvent que se réjouir de telles déclarations d’intentions qu’ils ont déjà commencé dans leurs médias à contester.

A l’avenir, Netanyahu pourrait développer son propos à un argumentaire incontestable. Il aurait pu relater la libération des lieux saints par l’Etat hébreu à Jérusalem en 1967. L’annulation du Droit hachémite qui y préexistait a mis fin à une législation comparable à celle en vigueur encore aujourd’hui en Arabie Saoudite. Les lieux saints étaient alors soumis à la ségrégation religieuse : interdiction d’accès aux fidèles juifs, restrictions d’accès aux fidèles chrétiens, etc.

Il pourrait mettre en garde contre le retour à une administration ségrégationniste contraire à tous les principes des Nations-Unies. Il pourrait rappeler qu’en libérant les lieux saints de Jérusalem, Israël a rendu leurs administrations conformes aux principes et règlements des Nations-Unies. Il pourrait rappeler que la victoire militaire israélienne contre la Jordanie en 1967 n’a pas dissuadé l’Etat hébreu de confier «les clés» du Mont du Temple, premier lieu sacré du Judaïsme, au gouvernement jordanien.

C’est ainsi que ce dernier administre désormais «l’esplanade des mosquées» troisième lieu saint de l’Islam, bâti sur l’emplacement sacré du judaïsme! Il  pourrait rappeler que le Droit israélien assure la liberté de circulation sur les lieux saints depuis 1967 alors que l’Autorité palestinienne et la Jordanie continuent de prohiber sur les leurs l’accès aux Juifs telle qu’il existait avant 1967! Ces modifications de Droit assurent grâce à Israël la liberté de culte et celle de circulation sur les lieux saints alors que la Jordanie et la Palestine réclament et appliquent le retour au status-quo ante ségrégationniste et contraire à toutes les dispositions des Nations-Unies! Ces faits irréfragables, attestés, gênent les ennemis d’Israël.

Ces ennemis profitent d’une explication israélienne encore imparfaite pour diffuser l’image d’un Etat juif guerrier et conquérant ce qu’il n’est pas mais qui correspond parfaitement à la nature des ennemis d’Israël.

Sans méconnaître les difficultés qui assaillent le cabinet israélien, force est de constater que l’indécence et la puissance de la propagande hostile à Israël ne peut être combattue par des professions de foi. Elle ne résistera pas  à la force du rappel à la réalité, au Droit et aux faits.

Pierre SABA

13 octobre 2015