Mahmoud Abbas a été reçu à l’Elysée, mercredi 5 juillet, par le président Emmanuel Macron. Une visite qui n’a pas défrayé la chronique dans les médias nationaux, mais qui éclaire la position d’Emmanuel Macron sur le conflit israélo-palestinien, en droite ligne semble-t-il de celle du Quai d’Orsay.

Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse commune, a réaffirmé la position de la France sur le conflit israélo-palestinien : « Il n’y pas d’alternative à une solution de paix à deux Etats. Le principal obstacle, c’est la poursuite de la colonisation israélienne ».

« La France a toujours condamné et condamne la poursuite de la colonisation qui est illégale au regard du droit international. Elle a atteint depuis le début de l’année un niveau sans précédent et ces décisions envoient un signal très négatif qui ne peut que nuire à la confiance nécessaire.

Et l’absence d’horizons politiques nourrit le désespoir et l’extrémisme », a déclaré Emmanuel Macron, semblant ainsi trouver une justification au terrorisme palestinien.

Mahmoud Abbas, alias Abbou Mazen (son nom de guerre), 82 ans, est dans la douzième année de son quinquennat, faute d’élections depuis celle de 2005, et doit faire face à une scène politique palestinienne en ébullition.

Il souhaite « une solution à deux Etats basée sur les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale », aimerait que Paris poursuive son effort, concrétisé par les deux conférences internationales de juin 2016 et janvier 2017, auxquelles le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avait refusé de prendre part, privilégiant la négociation directe entre les parties.

Pour M. Abbas, la priorité est d’entrer à nouveau dans ce genre de cycle de négociations multilatérales, où il ne sera pas exigé de “concessions douloureuses” à l’Autorité palestinienne, contrairement à Israël.

Car cela risque de changer avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump et sa visite en Israël des 22 et 23 mai dernier, où Washington a repris son rôle de parrain unique dans une éventuelle solution au conflit israélo-palestinien, avec semble-t-il un niveau d’exigence vis-à-vis de l’Autorité palestinienne concernant par exemple l’arrêt de l’incitation au terrorisme, qui ne semble pas vraiment réjouir M. Abbas.

A ce propos, Benjamin Netanyahou réclame en priorité la fin du système de pensions versées aux terroristes palestiniens et à leurs familles.

A la Knesset, en juin, les députés ont adopté en lecture préliminaire un texte visant à retenir 1,1 milliard de shekels (280 millions d’euros) sur les taxes prélevées chaque année par Israël et reversées à l’Autorité palestinienne. Un montant correspond à celui des aides aux « martyrs ».

Pour le même motif, le Sénat américain pourrait adopter le Taylor Force Act, un projet de loi visant à réduire l’aide versée aux Palestiniens. Un sujet qui n’a pas été évoqué, semble-t-il, à l’Elysée mercredi dernier.

Emmanuel Macron, qui était resté jusqu’ici en retrait sur le dossier israélo-palestinien, aura donc insisté sur « l’arrêt de la colonisation israélienne » et sur la solution à deux Etats, et semble en phase avec la ligne du Quai d’Orsay. Toutefois, il a exprimé son hostilité à une reconnaissance unilatérale de la “Palestine”.

Lors de leur rencontre à l’Elysée, Emmanuel Macron et Mahmoud Abbas ont par ailleurs signé un accord pour créer un Lycée français à Ramallah, qui démarrera à la rentrée.

Le président français accueillera à Paris le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, le 16 juillet, à l’occasion du 75e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv.