La fin du grand mensonge palestinien ?

Il faut lire attentivement le discours de Mahmoud Abbas, prononcé le 1er mai devant le Conseil national palestinien à Ramallah, que l’institut MEMRI vient de traduire intégralement[1].

Il est intéressant et révélateur à plusieurs titres, et le plus intéressant n’est pas forcément ce qui a attiré l’attention des médias et les condamnations de l’UE et de plusieurs pays occidentaux, ceux-là mêmes qui ont pendant longtemps présenté Abbas comme un “modéré” et comme le seul “partenaire” possible du “processus de paix” israélo-palestinien.

  1. Le Hamas et les “manifestants pacifiques”.

Sur le sujet de la “marche du retour” organisée par le Hamas à la frontière de Gaza, Abbas montre en quelques mots l’inanité de l’opposition souvent établie entre les “radicaux” du Hamas et les “pragmatiques” du Fatah et de l’Autorité palestinienne. « J’ai entendu que les frères de la direction du Hamas à Gaza parlent d’une résistance pacifique et populaire. C’est une bonne chose. De fait, ce qui arrive à la frontière de [Gaza], dans le cadre du Soulèvement du Retour, est une résistance pacifique et populaire”.

Non seulement Abbas soutient la “résistance pacifique” du Hamas, mais il qualifie les dirigeants du Hamas à Gaza de “frères”… Le plus intéressant est toutefois la suite de son propos : « Mais je demande honnêtement que vous éloignez les enfants un peu plus loin de la portée des balles. Tenez les enfants à distance. Nous ne voulons pas devenir un peuple de personnes mutilées”.

Ainsi, le président de l’AP expose le grand mensonge des “manifestants pacifiques” et ce qui fait le coeur de la propagande palestinienne : l’utilisation des enfants comme chair à canon et la volonté du Hamas de susciter le plus grand nombre de victimes civiles, à des fins de propagande, pour exposer Israël aux critiques occidentales…

  1. Les Juifs, l’argent et l’antisémitisme marxiste

Le point du discours d’Abbas qui a fait couler le plus d’encre et suscité les condamnations internationales est celui relatif à l’antisémitisme, qu’il attribue à la fonction remplie par les juifs dans l’économie. En réalité, Abbas se montre à cet égard un élève fidèle de la pensée marxiste, à laquelle il a été abreuvé lors de son séjour à l’université Patrice Lumumba de Moscou, dans les années 1980[2].

C’était Karl Marx. [Il a dit que] la raison de la haine des juifs n’était pas leur religion, mais leur fonction dans la société. C’est une question différente. Ainsi la question juive, qui était prévalente dans tous les pays européens… le [sentiment] antijuif n’était pas dû à leur religion, mais à leur fonction dans la société, qui avait à voir avec l’usure, les banques, etc.” Rappelons la phrase tristement fameuse de Marx, dans La question juive, dont Abbas reprend à son compte la thèse antisémite : “Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l’utilité personnelle. Quel est le culte profane du Juif? Le trafic. Quel est son dieu profane? L’argent”.

Mais le plus intéressant et révélateur dans le discours d’Abbas n’est pas là. Dans la foulée de son attaque contre les Juifs usuriers, il explique très sérieusement que la preuve (de la cause “objective” de la haine contre les juifs) est le fait qu’ils n’ont jamais subi la moindre haine dans les pays musulmans… “La meilleure preuve de cela est qu’il y avait des juifs dans les pays arabes, alors comment expliquer qu’il n’y a jamais eu un seul incident contre les juifs, uniquement du fait qu’ils étaient juifs? Vous pensez que j’exagère? Je vous mets au défi de trouver un seul incident contre les juifs, dû au seul fait qu’ils étaient juifs, dans un quelconque pays arabe”.

Abbas, le KGB et l’invention du peuple palestinien

Aux yeux de Mahmoud Abbas, qui reprend ainsi une vieille antienne de la propagande arabe, l’antisémitisme n’existe pas dans les pays arabes (d’ailleurs, les Arabes sont sémites, selon un fameux sophisme). Il rejoint ainsi la fameuse affirmation, pièce centrale de l’édifice idéologique anti-sioniste, qui veut que le monde arabe-musulman soit exempt de tout antisémitisme.

Abbas, créature de l’ex-URSS et du KGB, dont il a servi d’agent sous le nom de code de “Krotov” (la “taupe” en russe…) comme l’ont récemment révélé les chercheurs Isabella Ginor et Gideon Remez en exhumant des documents d’archive des service secrets soviétiques, a succédé à Yasser Arafat dans le rôle de dirigeant du “peuple palestinien”.

Comme Arafat avant lui, Abbas est un pur produit de la diplomatie secrète soviétique, qui s’est servie de la cause palestinienne – largement inventée par le KGB – pour promouvoir ses intérêts au Moyen-Orient.Le mouvement national palestinien peut se flatter d’être sans doute le seul nationalisme contemporain qui a bénéficié du double soutien de l’Allemagne nazie (à l’époque du tristement célèbre Mufti de Jérusalem, Amin Al-Husseini, oncle d’Arafat) et de l’URSS.

Dans la période de grand chamboulement géopolitique et idéologique que nous vivons actuellement, les mensonges sur lesquels s’est édifiée l’idéologie pro-palestinienne et pro-arabe sont en train de voler en éclats les uns après les autres. Après le tabou de l’antisémitisme musulman, qui a été mis à jour par un manifeste courageux, à l’initiative de Philippe Val et d’autres, c’est le mensonge palestinien qui est en train d’être exposé au grand jour.

[1] https://www.memri.org/reports/palestinian-authority-president-mahmoud-abbas-holocaust-massacres-european-jews-due-their

[2] C’est lors de ce séjour à Moscou qu’Abbas a rédigé sa thèse négationniste intitulée “Les relations secrètes entre le nazisme et le mouvement sioniste”, dont il reprend certains éléments dans son discours de Ramallah.