Macron, le discours de la honte
Nous, Juifs de France, avons entendu le Président de la République prendre la parole sur Gaza à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Son narratif est inacceptable.
Il a passé sous silence, par calcul ou par méconnaissance, l’emprise du Hamas en Judée-Samarie. Il s’est refusé à nommer le mal qui verrouille toute issue : l’islamisme terroriste, dont le Hamas, le Hezbollah et le régime de Téhéran ne sont que les visages d’une même entreprise de destruction.
Il a fait d’Israël l’accusé, s’en prenant à sa politique, omettant sa légitimité historique. Une attitude agressive devenue une habitude.
Ces paroles ne s’éteignent pas dans l’enceinte de New York. Elles résonnent dans nos rues, nos écoles, là où nous payons le prix de chaque ambiguïté. Quand la plus haute voix de la République brouille les responsabilités, elle arme ceux qui nous haïssent.
Car l’enjeu dépasse la diplomatie. L’État d’Israël est né d’une certitude chèrement acquise : après des siècles d’exil, de persécutions, seule une terre juive souveraine pouvait garantir la survie du peuple juif. Effleurer la légitimité de cet État, c’est ébranler la crédibilité même du projet sioniste, rouvrir l’histoire à ses pages les plus sombres, et exposer de nouveau les Juifs au péril dont Israël devait les délivrer. Nous ne pouvons tolérer que la voix du Président de la République jette le doute sur ce refuge. Car à ce jour, nul ne peut nous assurer que la République saura nous protéger. Pas davantage aujourd’hui et demain qu’hier.
Nous demandons donc solennellement aux institutions de notre communauté, et au premier chef au CRIF, de geler toute relation avec le Président de la République et de décliner ses invitations comme ses tribunes, aussi longtemps qu’il n’aura pas rétabli, en paroles comme en actes, la vérité des faits.
Nous, Juifs de France, ne renonçons pas à la République. C’est au nom de ses principes que nous exigeons d’elle qu’elle ne nous abandonne pas.
Jérémie Herscovic
Bruno Lellouche
