Les élections présidentielles françaises laissent apparaître de nombreuses turpitudes.

Parmi elles, un argument reproché à l’envie et ad libitum au candidat Emmanuel Macron par la plupart de ses concurrents et de leurs troupes partisanes. Il s’agit du passage professionnel de Macron à la Banque Rothschild.

Il n’est pas certain que si Macron avait collaboré à la Société générale ou à la BNP, il aurait récolté de telles acrimonies. La qualité patronymique (Rothschild) de la critique pourrait ainsi supplanter la critique professionnelle (la banque).

En toutes hypothèses et dans les deux cas, cette critique est insupportable à l’intelligence élémentaire.

Soit elle est sournoisement antisémite et elle est abjecte et contraire à la morale électorale et républicaine.

Soit elle est directement professionnelle, et elle est stupide ; le secteur bancaire d’affaires ne produit pas plus d’inégalités et n’est pas moins honorable que les autres secteurs de la vie économique de la Nation.

S’agissant précisément de la Banque Rothschild, rappelons aux auteurs critiques son rôle de mécénat, et les nombreux hommes politiques qui y ont collaboré, notamment Pompidou & Emmanuelli.

Quelles que soient les légitimes opinions politiques adversaires de Macron, l’argument constant et itératif lui reprochant son passage à la Banque Rothschild ne saurait être retenu, d’autant moins que l’acharnement et la systématisation de cet argument sur le patronyme de Rothschild peut être compris comme un relent nauséabond d’antisémitisme.

Les programmes politiques à opposer au candidat Macron ne nécessitent pas cette antienne malsaine, injuste et injustifiée.