Le président de la République française, Emmanuel Macron, a reçu à Paris le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu.

Sur la forme, le président s’est montré à l’égard de son invité israélien fort aimable et sympathique.
Sur le fond, il a montré sa compréhension, son empathie et la solidarité de la France à l’égard des victimes israéliennes du terrorisme et a demandé à Netanyahu «un geste courageux envers les Palestiniens».

Le Premier ministre israélien a lui également présenté de la sympathie sur le fond comme sur la forme. «Bibi» aurait pu répondre à Macron que ces «gestes courageux» avaient déjà été fournis par les israéliens à plusieurs reprises, sans effet de réciprocité et souvent contre productifs.

Il aurait pu indiquer que seul exemple dans l’Histoire de l’Humanité et sur la surface de la Terre, l’Etat hébreu a accordé des territoires acquis à la suite de conflits déclenchés contre lui (Egypte, Jordanie, Autorité palestinienne (AP), Gaza, Liban) inventant ainsi le concept jusque-là inconnu de «territoires contre la paix».

Aucun autre Etat agressé et vainqueur – n’a jamais rendu des territoires acquis en vertu des dispositions des droits de la guerre. Si les accords de paix avec l’Egypte et la Jordanie ont été maintenus aux prix d’incidents constants transformant en réalité ces accords de paix en accord de non-belligérance, les «gestes courageux» à l’égard de l’AP, de Gaza et du Liban ont été considérés par les récipiendaires comme des aveux de faiblesse et se sont retournés contre les intérêts vitaux de l’Etat et du peuple d’Israël.

Il aurait pu rappeler au président Macron qu’Israël a déjà proposé aux Palestiniens lors des accords d’Oslo la restitution de la plupart des territoires acquis par les guerres subies et gagnées y inclus les quartiers orientaux de Jérusalem…refusés par les Palestiniens en public et sur la recommandation du président Chirac à la stupéfaction des Israéliens et Américains (Barak et Albright)

Il aurait pu expliquer qu’impuissants à détruire Israël par les armes contre ses soldats et par la terreur contre ses civils, les ennemis d’Israël cherchent dorénavant à le détruire en le déligitimisant et en utilisant les instruments diplomatiques contre lui dans les organisations internationales.

Il aurait pu rappeler au président français les gestes non-courageux de l’activisme diplomatique des représentants français de la précédente présidence à se solidariser passivement ou activement sur des résolutions culturelles grotesques telles que retirant toute légitimation historique d’Israël aux lieux hébraïques attestés par l’Histoire (UNESCO)

Il aurait pu rappeler au président français le caractère hébraïque plusieurs fois millénaire de Jérusalem, les occupations étrangères subies par la capitale d’Israël, le caractère usurpatoire des prétentions islamiques et palestiniennes sur une ville que leurs textes sacrés nomme en arabe «bayt hamukadas» copie conforme de l’hébreu «beyt hamikdash» qui signifient tous deux «le palais sacré».

Il aurait pu, enfin, rappeler l’origine du conflit en 1948 (violation par les Etats de la Ligue des Etats arabes de la résolution 181 des Nations-Unies portant partage de la Palestine sous mandat britannique), la création succédante de deux Etats sur ce territoire et la position de légitime défense que vit l’Etat hébreu depuis les premières agressions subies depuis le premier jour de sa création en 1948.

Il aurait pu, mais ne l’a pas dit au président français qui de toutes façons sait tout cela, comme il sait que dans un conflit, il ne peut être demandé que vainement les mêmes efforts à la même seule partie.

Si le président Macron comme tout autre souhaite jouer un rôle dans une relance souhaitable du «processus de paix» il devra au préalable reconnaître la réalité de la situation historique, juridique et diplomatique de la région et des parties concernées. Rien ne s’impose jamais à aucun peuple.