Bruxelles, ma ville natale, vient d’être attaquée de plein fouet. Mes premières pensées vont aux victimes, à leurs familles, aux blessés que les terroristes sont venus frapper aveuglément, sans le moindre discernement. C’est malheureusement l’impitoyable tribut que les kamikazes veulent nous faire tous payer : le prix de notre propre vie. La guerre djihadiste vient officiellement d’atterrir en Belgique, il est temps de le dire.

Il est temps non seulement d’avoir le courage de nommer le phénomène mais aussi d’accepter de prendre le taureau par les cornes. Fini la politique de l’autruche. Il faut passer à l’action, sinon inutile de vous expliquer de quoi seront fait nos lendemains.

La Belgique est réputée pour être devenue la plaque tournante des différentes organisations terroristes islamistes depuis déjà 20 ans. Si auparavant l’arrière base de ces groupuscules n’avait jamais été menacée, cette fois-ci elle a été touchée en plein cœur. Et cela risque de changer toute la donne, j’ose l’espérer en tout cas.

Dans ce drame, le fait que les auteurs soient nés sur le territoire, connus des services de police et ayant déjà été condamnés, est le plus révoltant. Ils ont étés libérés sans arriver au terme de leur peine, comme trop souvent dans les prisons du Royaume. A nouveau libres et dans la nature, ils étaient recherchés, activement même, et ils ont tout de même réussi à commettre ces crimes innommables. D’autres complices sont en cavale, ou dans leur salon… les autorités sont-elles vraiment à leurs trousses ? Savent-elles combien ils sont au juste  ?

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que ces attaques n’ont surpris personne finalement si ce ne sont les forces de l’ordre. Il était évident que Bruxelles était sous la menace directe d’une attaque imminente. Pourtant Daesh a eu raison de nos forces de sécurité ce 22 mars.

Cela m’inquiète d’autant plus que je ne vois toujours pas de mesures prises ou de déclarations politiques à la hauteur de l’événement. Etant donnée l’ampleur des dégâts et la taille du chantier qui est à entreprendre, il est grand temps de se retrousser les manches.

En Israël, nous sommes sous menace terroriste permanente, pas un jour ne se passe sans que nous soyons visés. Malgré tout, notre sentiment de sécurité est de loin supérieur à celui ressenti chez vous ces jours-ci. Nous avons ici les meilleurs services de renseignements, le « Shin Bet », le » Mossad » mais aussi et surtout notre armée, garante à toute épreuve de notre sécurité.

C’est justement ce qu’il manque chez vous et c’est pour cela que je partage votre profond sentiment d’insécurité. Car au fond, sur qui pouvez-vous réellement compter face à toutes ces menaces ?

Chers lecteurs de Belgique, je ne vais pas vous répéter pour la énième fois de venir en Israël, vous connaissez mon avis sur la question. Je tiens bien plus pour le moment à vous témoigner mon affection. Je vous invite cependant à réfléchir à qui vous décidez de confier votre sécurité, votre intégrité physique et celle de vos enfants.

La guerre est maintenant mondiale, nous devons nous protéger de la meilleure manière qui soit. Des moyens doivent être mis en œuvre. De très lourdes conséquences sont à attendre, j’ai envie de croire que les autorités Belges sauront se montrer suffisamment compétentes même si le doute continue de m’habiter.

Il faut sortir de ce mutisme, de ces demi-mots, de ce laxisme, fini le temps de la défensive, il faut passer à l’attaque, il faut les traquer, les pourchasser, les juger, les enfermer, les expulser, les bannir d’une manière ou d’une autre. Si aujourd’hui, les politiques belges ne changent pas radicalement leur fusil d’épaule (je me permets, il s’agit d’une guerre), ils s’exposent déjà à la prochaine attaque.

Devenir intransigeant, implique premièrement de changer le ton et ne pas avoir peur de dire les mots. J’espère que très vite nous entendrons les dirigeants Européens dire « Nous combattrons le terrorisme par tous les moyens et à tous prix ».

Je cloturerai sur une citation du philosophe belge Raoul Veneigem : ‘L’absolue tolérance de toutes les opinions doit avoir pour fondement l’intolérance absolue de toutes les barbaries’.

Et si vous voyez que vos politiques restent figés et que l’espoir de changement s’amenuise, sachez que contrairement aux autres Belges, vous avez où aller… et que vous serez toujours ici chez vous.