Mon travail est passionnant, rempli de surprises, d’émotions et d’imprévus. J’ai énormément de chance d’être à la tête du programme de leadership de l’école des jeunes ambassadeurs.

Une fois de plus, nous nous sommes retrouvés à Jérusalem à la Knesset mais cette fois-ci pour une rencontre des plus prestigieuses, avec notre ancien chef d’état major et notre actuel ministre de la défense, Moshe Yaalon alias « Bogi ».

Malgré les trois attaques terroristes qui ont précédé notre arrivée et la visite du vice-président américain Joe Biden, Bogi a réussi à nous dégager une demi-heure sur son emploi du temps. Un honneur pour nous, un privilège même.

Les élèves s’étaient préparés pour l’événement avec tout le sérieux nécessaire, ils sont venus habillés en costume, (pour des adolescents israéliens, ce détail démontre l’ampleur de l’événement) et ont passé une partie de la nuit à préparer des questions pour le « monsieur sécurité nationale. »

Quand il est entré dans la pièce, nous nous sommes tous levés comme un seul homme, un silence religieux régnait dans la pièce, le ministre nous pria de nous asseoir, c’était à lui de prendre la parole.

Son discours fut à la fois personnalisé et en même temps reprenait tous les dogmes et slogans classiques de la politique de défense israélienne de ces quinze dernières années. Sur un ton rassurant et déterminé, il nous fit un rapide tour d’horizon, du voisinage Ô combien « hospitalié » posté à chacune de nos frontières !

photo

Les Palestiniens en ont pris pour leur grade en temps que nos meilleurs et plus fidèles ennemis. Malgré les années qui passent et défilent, ils continuent à systématiquement saboter et boycotter les rares et faibles espoirs de dialoguer avec nous. (Même si Bibi, ne donne pas à beaucoup de monde l’envie de s’asseoir avec lui pour discuter, je dois le reconnaître).

Il a aussi pris le temps de nous nommer un par un tous les prétendants à la destruction d’Israël, prenant très au sérieux toutes les nombreuses et lourdes menaces reposant sur notre jeune et robuste état.

Parmi toutes ces menaces, une est selon lui la plus dangereuse et est un réel challenge pour nos élèves les jeunes ambassadeurs. Cette menace est  la délégitimation d’Israël ! Celle-ci est devenue imminente et son risque va grandissant. Ce n’est plus seulement une armée arabe, ou un groupe terroriste qui vient nous faire la guerre, mais l’opinion publique d’un nombre croissant d’états qui dénie tout simplement notre droit naturel d’exister.

Pire qu’une menace militaire, le péril de la délégitimation, nous fait glisser sur une pente vertigineuse vers un monde dans lequel le pays d’Israël deviendrait un état de parias. Nos chercheurs, nos créations, nos inventions, notre art, auront-ils encore une chance d’être écoutés, entendus et diffusés ou bien serons nous condamnés à vivre repliés sur nous-mêmes ?

Moshe Yaalon ne peut tolérer ceux qui osent encore dire que le conflit Israélo-palestinien est la source de toutes les violences dans la région.

« Si nous signons demain un accord de paix avec les Palestiniens et mettons un terme à toutes les revendications historiques du conflit, cela mettra-t-il un terme à la guerre en Syrie ? Cela calmera les ardeurs kurdes peut- être ? D’un seul coup, le calme reviendra-t-il en Libye ?  La paix régnera-t-elle en maître au Moyen-Orient comme par magie ? » demande-t-il alors qu’il connaît parfaitement la réponse. Plus personne ne peut croire à ce scénario naïf et ceux qui osent encore y adhérer sont pathétiques.

Israël a le droit d’exister et nous ne devons plus rien à personne, et si nous n’avons pas de partenaire pour faire la paix et bien nous ne remettrons plus une seule parcelle de notre terre. Sur ce point là, je m’aligne sur les positions du ministre.

Écouter Yaalon parler c’est prendre une douche froide, mais il faut se rendre à l’évidence, nous ne pouvons  plus nous nourrir d’illusions. La réalité n’est pas rose, il n’y a que sur nous mêmes que nous pouvons compter. Ne perdons jamais nos espoirs de paix, mais soyons prudents de ne pas reproduire les erreurs du passé.

Notre combat est celui de notre légitimité, notre droit à exister, ce combat est une lutte de chaque instant, ce n’est pas seulement un combat armé, c’est une lutte morale, une lutte d’idées, qui comme toutes les guerres armées par le passé,  il nous est interdit de perdre.