Moins que 48 heures avant les élections en Israël, ma petite voix me semble moins forte que les ailes fragiles d’un papillon. Mais ma voix comme la votre est important aussi bien qu’elles n’ont pas toujours trouvées leurs chemin démocratique derrière le rideau.

Peu de gens me lisent en hébreu aujourd’hui. Une question compliquée d’une femme israélienne qui habite en dehors d’Israël depuis déjà 12 ans et demi. Pour m’exprimer en français sur des questions identitaires d’un pays, d’une famille, les miens, je doit respirer et trouver le courage.

Malheureusement, la distance et le temps font leur part, et ma voix et la logique de l’apaisement me gardent loin de la langue, du pays et de ceux qui me manquent le plus. Mes compatriotes.

Et oui, bien sûr que c’est difficile pour moi d’écrire sur la politique, en particulier de cette distance culturelle. Mais mon BA en séance politique a préparé ma bouche et je suis éducatrice en communication pédagogique. Je suis connue pour avoir des opinions, mais ceux qui sont éloignés ont la tendance à blesser ou à ennuyer ceux qui vivent dans la réalité quotidienne en Israël. Pendant longtemps j’ai évité d’écrire en français sauf pour un blog ou deux et évité d’écrire en hébreu sur les élections.

Des poèmes, des images, des leçons de Talmud Torah, oui mais pas sur la politique. Mais aujourd’hui, j’ai craqué pour plusieurs raisons, précisément parce qu’il y a des élections dans 48 heures. Chaque jour je lis les nouvelles, matin et soir, de Walla à Haaretz, du Jérusalem Post a Y-Net et parfois aussi les nouvelles non-fake étrangères françaises ou américaines. Personne peut m’accuser d’unilatéralisme. Mais je lis et j’absorbe, comme tout le monde, la folie haineuse et la négativité qui se déroule dans la campagne électorale en cours de cette dernière année. Ici, je plonge dans l’espace virtuelle noir d’encre qui me rends triste et me mets en colère.

Je n’ai pas envie de comprendre ceux qui me disent les excuses classiques :
Nous ne sommes plus naïfs.
Ici c’est l’Amérique – « Po Zé America ».
Ceux de droite et ceux de gauche, la même chose.
C’est une carcasse et une forclusion.
Tout les monde est pareil, l’extrême droite, le mouvement national.
Nous ne nous soucions pas de ce que les gens pensent de nous dans la diaspora.

Ce dernier me faire sortir de mon esprit, particulièrement, quand lié avec un autre cliché, selon lequel nous les juifs sommes la lumière des Goyim. Yes sure… et moi je commence le régime demain…

Oui, le monde est en crise de valeurs, et beaucoup en ont parlé, mais il y a encore des pays où les élections ont beaucoup plus de respect et qui prennent une forme plus transparente. Peut-être que dans une démocratie normale, même moyenne, quelqu’un allumera la lumière en écrivant des règles, comme dans une compétition sportive où il est strictement interdit d’humilier l’adversaire ou de lui donner un coup de pied avant le coup de sifflet d’ouverture.
Et quiconque bat, sort du jeu et il/elle sera puni/e.

Je ne suis pas prête à sombrer dans cette folie, la rationaliser davantage ou l’hériter davantage de ceux qui ont été assassinés politiquement dans ce combat sans lois.

Et je n’aime pas non plus consacrer du temps à ce cliché : Où sont ces jours magnifique d’époque ? Car en politique, celle en particulier au Moyen-Orient, a toujours été troublée en particulier en parlant de l’autre. Au cours des soixante et onze années d’existence de l’État d’Israël, un Premier ministre a déjà été assassiné et d’autres personnes ont décédées de dépression.

Mais une patrie est grandie grâce à l’amour de ses habitants qui sont a la recherche de la vie et de la création de cet état juif et oui, aussi de la paix sous des conditions minimalistes.

Aujourd’hui, j’ai eu une leçon mémorable, touchante, précieuse de Havroutah avec 6 parents de notre école TT, nous avons lu et étudié plusieurs textes d’époques et de sources différentes. Les questions fondamentales d’identité ont été soulevées comme les images d’un père et son fils, comme les images d’une mère qui est aussi une fille.

Nous avons parlé des nuances et des passages entre l’identité d’une personne, d’un parent, d’un ami, d’un juif, d’un membre de la famille, d’un nomade, d’un être humain. Des questions d’identité liées aussi aux choix que nous faisons dans la vie et à l’impact profond des valeurs que nous avons déjà absorbées par nos parents dès le plus jeune âge.

La date des élections était noté dans mon agenda et une semaine et demi plus tard, la date de Pessah. Des raisons très professionnelles m’ont mis devant le choix entre célébrer Pessah avec toute ma famille ou voter aux prochaines élections. J’ai hésité pendant plusieurs semaines et un ami m’a ouvert les yeux en disant une phrase simple. Y a t-il vraiment un choix ici Revital ?

A ce moment de ma vie, près de 50 ans et après avoir voté depuis l’âge de 18 ans, j’ai choisi de célébrer Pessah avec ma famille plutôt que d’aller voter. J’ai choisi ma famille plutôt que ma patrie.

Une déclaration d’identité qui est difficile à dire ou à entendre, cela ne signifie pas que j’aime moins ma patrie. Je tiens mon très précieux passeport très près de mon cœur, je pense à ma terre tous les jours et j’essaie de transférer sa beauté à travers la langue que j’enseigne et que j’aime.

Mais je n’ai jamais perdu l’envie de voir les changements auxquels sont obligés les sociétés démocratiques modernes. Permettre à leurs citoyens de changer leur avenir.

La campagne électorale actuelle en Israël est tellement truffée de mensonges et de défiguration des candidats, que ce choix fondamental est en train de devenir une mission difficile. Comment décider entre le mal, le pire et le ugly, quand les candidats les plus gentils restent en minorité et qu’ils sont considérés comme naïf et sans une vraie chance de gagner.

Si je pouvais partager le désir de mon âme, c’est que l’inventeur du slogan « Soit nous ou eux » (Anahnou ou Hem), s’évaporera et un autre viendra à sa place.

Un autre copywriter qui est en fait « vous » (Atem).

Vous ! Le peuple le plus merveilleux du monde qui mérite le gouvernement, les représentants élus et les gouverneurs qui seront pleins d’envies de servir leur peuple.

Vous ! Ceux qui choisissent celui qui vous respecte et qui n’essaie pas de vous acheter avec la haine de l’autre et l’amour de son égo.

Il y a moins de 48 heures avant les élections et ensuite beaucoup plus de jours pour réparer et changer ! LeSHanot (changer – לשנות), la question clé de la Haggadah que je vais lire avec mes parents (entre les discussions sur la politique quand même).

LéShanot avec vous ! Les voix qui font la différence pour le printemps de notre patrie.

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