Il faut écouter ou réécouter l’interview magistrale que Paul Amar sur I24 News, a organisée cette semaine, M.Herzog était son invité, je dois dire que j’ai été retourné par le manque d’objectivité dont a fait preuve le chef de l’opposition israélienne.

A entendre M.Herzog, si lui était au pouvoir, il lui suffirait d’aller simplement à Ramallah rencontrer M.Abbas, pour que la situation se débloque et que les perspectives de paix deviennent réelles, comme par enchantement, ah si cela pouvait être vrai !

Paul Amar aurait dû rappeler à M. Herzog qu’il l’avait déjà rencontré voila quelques mois à Ramallah, mais que le miracle n’eût pas lieu, la visite de M. Herzog était même passée inaperçue, il n’y eût même pas un communiqué commun, ou alors faut-il croire que M. Abbas aurait eu peur de la réaction de M. Netanyahu, mais alors on serait en face de peureux de toute part ? Sadate, Rabin, revenez ils sont tous devenus… Peureux !!!

Il est évident que si M. Abbas voulait donner un signe aux futurs électeurs en Israel, en faisant croire que M. Herzog serait l’Homme d’Etat avec lequel une percée aurait pu être trouvée, l’occasion était rêvée, et bien cette entrevue fût un fiasco total.

Pourquoi encore, M. Herzog a-t-il laissé entendre que M. Netanyahu se contentait du statu quo actuel, non M. Herzog, M. Abbas s’en accommode bien lui aussi, en fait, si l’on veut être objectif, je pense que les deux dirigeants le souhaitent, aussi aurait-t-il fallu au moins le laisser entendre…

Comment M. Herzog a-t-il pu dire qu’au moment où il avait tenté de trouver un accord avec M. Netanyahu pour rentrer au gouvernement voila quelques mois, il lui avait proposé de suivre la voie d’une solution régionale avec les pays arabes, qui aurait pu pousser à la négociation et qui sait, á des concessions de M. Abbas, et bien, M.Herzog, péremptoire, a décrété que c’est le refus de M. Netanyahu qui a fait capoter cette SOI-DISANT perspective « providentielle » de paix.

Je ne trouve pas très correct de la part de M. Herzog, de jeter le trouble dans l’esprit des téléspectateurs, de plus, sur une chaîne internationale, en officialisant (car il est quand même le chef de l’opposition officielle israélienne) le fait que ce sont les israéliens et surtout M. Netanyahu qui sont les responsables du blocage du processus de paix.

M. Netanyahu a proposé à M.Abbas, en anglais du haut de La Tribune des Nations unies, en français et dans sa langue natale qu’il était prêt à le rencontrer, qu’il était favorable à l’option de deux états pour deux peuples, et de négocier sans préalable, je pense que c’est clair pour tout le monde, et bien NON, pour M. Herzog, il l’a dit, je le cite : « M.Netanyahu n’est pas pour deux états, c’est vrai qu’il le dit en anglais, mais il ne le dit pas en hébreu et surtout pas á M. Bennett », fin de citation.

Avec des sionistes comme ces politiques israeliens qui ne manquent jamais une occasion de discréditer les hauts dirigeants d’Israël, il est nul besoin d’anti-sionistes, c’est connu, c’est bien M. Abbas, et avant lui Arafat, qui s’en était fait une spécialité, de déclarer en anglais qu’ils étaient prêts à accepter « la paix des braves avec Israël » alors qu’en arabe ils disaient ou insinuaient lourdement le contraire, que ce n’était qu’une tactique, préconisée d’ailleurs par les textes sacrés.

M. Herzog a dit encore lors de cet interview, qu’il faudrait organiser de nouvelles élections et demander à nouveau au peuple israélien de trancher, ne l’a-t-il pas fait voilà deux ans, est-ce démocratique de préconiser de nouvelles élections chaque fois qu’une action du gouvernement ne plaît pas à l’opposition, je reste coi devant tant de désinvolture.

Le poste de ministre des Affaires étrangères est toujours entre les mains du Premier ministre, il faudrait que M. Herzog ou un de ses amis saute sur la prochaine occasion pour s’en saisir, si M. Netanyahu réitérait sa proposition.

Mais pour cela il faudrait que M. Herzog oublie son destin personnel, et qu’il mette à profit cette occasion pour montrer au Monde ce dont il serait capable, il vaut toujours mieux peser de l’intérieur plutôt que de jouer les trouble-fête, surtout en dénigrant sur des chaînes internationales, les dirigeants de son pays.

C’est dans ces moments difficiles que l’on reconnaît les véritables Hommes d’Etat, alors M. Herzog, encore un peu plus de courage, le pays attend cela de ses dirigeants, et non des élections tous les deux ans.

Je suis surtout désappointé quand j’entends tout cela de la part du Chef d’un Parti dont j’espère toujours un ressaisissement, un Parti qui pourrait revenir aux Affaires, un Parti qui serait capable de rentrer dans une coalition pour gouverner, ce qui éviterait au pays d’avoir á « dealer » avec de petits Partis souvent extrémistes, voire orthodoxes qui veulent de plus, imposer leurs vues sur des sujets aussi importants que le divorce, les conversions ou encore le mariage civil, et dans tant d’autres domaines vitaux pour la paix civile en Israël.

Ces petits partis ne devraient jamais avoir plus de poids que ne leur en donne le suffrage des Israéliens, OK ne changeons pas le scrutin á la proportionnelle, il est bon de connaitre l’importance de toutes les sensibilités, mais tellement de problèmes restent à régler, le pays, son peuple ne peut plus attendre, le feu couve encore, même si les incendies sont pour le moment maîtrisés, au sens propre… Et au figuré…