C’est une infamie de plus dont nous gratifie l’UNESCO.

Après s’être distinguée en octobre 2015 en affirmant que le Tombeau des Patriarches et la Tombe de Rachel « font partie intégrante de la Palestine », c’est-à-dire d’un Etat qui n’existe pas, et en exigeant qu’Israël retire ces deux monuments de la liste du patrimoine national israélien, le Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a voté, pour sa 199e session, en faveur d’un projet sobrement intitulé « Palestine Occupée ».

Voilà pour la neutralité politique et l’impartialité.

Présentée par l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan – dont chacun peut louer l’inlassable combat en faveur des droits de l’Homme et de la culture – cette motion scélérate votée avec le concours consternant de la France est un exemple typique de révisionnisme.

Le Mont du Temple n’y est jamais cité, pas plus que le Mur des Lamentations (sauf une fois et entre guillemets comme pour délégitimer définitivement son origine). Non, désormais ce sera la mosquée al-Aqsa/al-Haram al-Sharif pour le Mont du Temple et al-Buraq au lieu du Mur des Lamentations.

Et voilà comment en une motion, on efface 3 500 ans d’histoire juive à Jérusalem. Et pour ceux qui auraient encore des doutes sur l’objectivité de l’UNESCO, Israël n’est mentionnée qu’accompagnée du qualificatif infamant de « Puissance occupante » et ce, à dix reprises sur deux pages quand-même. L’UNESCO, dont le slogan est « Construire la paix dans l’esprit des hommes et de femmes », n’a jamais plus mal porté son nom.

Cette organisation dont l’objectif – officiellement à tout le moins – est de promouvoir l’éducation et la culture procède à une réécriture grossière de l’Histoire. En niant le lien plurimillénaire et indissoluble entre le peuple Juif et Jérusalem, en tentant d’en effacer toutes traces de judaïsme dans ce qu’il a de plus symbolique, l’UNESCO se met au niveau de l’Etat islamique. Comme Daesh qui détruit les trésors culturels inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité (par l’UNESCO) au motif qu’ils ne correspondent pas à sa vision de l’Histoire, l’UNESCO tente inlassablement de gommer la réalité du patrimoine Juif sur injonction palestinienne.

Car ce n’est pas la première fois.

En janvier 2014, sous la pression des pays arabes, l’UNESCO annulait une exposition sur la connexion du peuple juif à la terre d’Israël juste avant son inauguration. Devant la polémique suscitée par cette décision scandaleuse, l’exposition était reprogrammée pour le mois de juin suivant. Mais initialement intitulée « Le peuple, le livre, la terre : une relation de 3 500 ans entre le peuple juif et la terre d’Israël », elle était renommée « Les 3 500 d’années de relation du peuple juif avec la Terre sainte ». Exit « Israël ». Trop connoté. « Trivial » même selon Abdullah Ali Musabbeh Alneaimi, à la tête du groupe arabe de l’UNESCO. Le risque : laisser croire que « l’entité sioniste » pourrait être légitime. Inconcevable.

L’UNESCO n’est pas à un renoncement ni un mensonge près.

Dans cette motion « Palestine occupée », on apprend que les Israéliens installeraient « de fausses tombes juives dans les cimetières musulmans » ou convertiraient « de nombreux vestiges islamiques et byzantins en soi-disant bains rituels juifs ou lieux de prière juifs ».

Encore un effort, et l’UNESCO votera bientôt la reconnaissance du sacrifice d’enfants chrétiens pour confectionner les matsot de Pessah. Un sujet d’actualité.

Sauf que.

Sauf que ce sont bien les musulmans qui ont construit la mosquée al-Aqsa au VIIème siècle sur l’emplacement du Temple de Salomon, comme ce sont les musulmans qui ont fait de la basilique Saint-Sophie une mosquée au XVème siècle. Ce sont les légions arabes qui ont utilisé les pierres tombales arrachées au cimetière du Mont des Oliviers pour paver les routes après l’annexion de Jérusalem-Est par la Jordanie en 1948 et laissé à l’abandon ou détruit 34 lieux de cultes juifs sur les 35 que comptait la vieille ville.

Sur cela, l’UNESCO reste désespérément muette.

De la même façon et alors que la décision votée vise, entre autres, « à sauvegarder le patrimoine culturel palestinien », pas un mot, pas une condamnation, pas même une réserve sur l’incendie par les palestiniens du Tombeau de Joseph en octobre 2015 près de Naplouse ou sur le déblayage au bulldozer des vestiges d’une église du VIIème siècle à Gaza, début avril.

Comme pour tout ce qui concerne les Palestiniens, la critique n’est valable que lorsqu’elle vise Israël.

L’indignation à géométrie variable, voilà bien la signature de l’ONU.

Quant à la France qui a apporté son vote à cette motion consternante de lâcheté, elle se décrédibilise tout autant que l’UNESCO, préférant les compromissions et les petits calculs électoraux à la rigueur de la vérité historique.

Prenons garde, la soumission est en marche.