Une petite fille chante, et l’âme des juifs s’élève, unie par la ferveur, assurée de ce D. qui veille sur elle. J’écoute l’enfant, j’entends sa voix, la grâce qui la porte, et mon cœur de maman et de fille d’Israël, bat à l’unisson du sien, y puise des forces et du courage, l’envie d’être avec les miens et fière de tous les miens.

Un jour j’ouvrirai une école en Israël, dans un kibboutz, pour auprès des enfants ne jamais oublier la foi et l’innocence, ce qui est de la réalité et qu’adultes nous dévoyons pour des appétits stériles et vains. Je les écouterai chanter, parler et rire, je danserai avec eux, et je leur transmettrai la musique, la peinture, la sculpture, les mots, l’art dans ce qu’il a de plus simple et de plus élaboré, avec celui de la critique positive, pour que toujours ils restent ce qu’ils sont, vrais, libres, ouverts aux autres, des ponts entre le ciel et la terre.

En écoutant les beaux mots de ce chant des pèlerins, j’ai pensé, par force, à la manifestation d’hier, pleine d’émotion pour un peuple Français désespéré, en manque d’amour et d’horizon, et à qui il a été proposé par la gauche socialiste, exactement comme en 2012, (ce qui l’avait fait élire), un rappel des valeurs républicaines, liberté, égalité, fraternité, que nous portons en nous, que personnellement je revendique jour après jour pour tous les peuples de la terre, mais qui hier en France ont hélas été utilisées, pour une grande messe socialiste opportuniste, dont le peuple n’a pas eu conscience.

Le peuple lui, fatigué d’être en colère, écrasé sous le poids des détresses et des manques, des impôts et des injustices, avait besoin de cette réparation. Il n’en pouvait plus de pleurer, de réclamer, de tempêter pour des besoins jamais satisfaits par un président qui après lui avoir parlé, déjà, de Jaurès et de liberté, n’a tenu aucune de ses promesses ; qui en despote a pu dire dans une conférence de presse, alors que le peuple français demandait sa démission depuis des mois «  La constitution me permet de rester, je resterai » ne permettant plus aux Français pour le destituer, que de prendre les rues et l’Élysée d’assaut. Réaction évidemment indigne d’un chef d’État responsable et garant de la paix civile !

Hier, les Français dans un élan spontané, bien que magistralement orchestré par les socialistes, ont vécu un moment historique et bienfaisant où l’amour universel lia chacun, dépassa les frontières, souleva les nations du monde dans un désir commun : la liberté pour tous !  Propulsés par l’émotion ils se sont remis debout, et je suis à la fois émue par cette capacité qu’ils ont eu à retrouver des forces, loin des politiques et de leurs manigances électoralistes, paradoxalement unis sur le terreau de la mort, et triste d’avoir constaté combien leur propre malheur les avait fragilisés, au point, comme les femmes qui souffrent et qui se raccrochent à n’importe quel amour pourvu qu’il parle d’amour, de se laisser emporter par une dynamique de groupe qui elle aussi parlait d’amour, d’amour de l’autre et de son frère humain.

Une fois encore j’écoute l’enfant qui chante, sa voix grave et fraîche, fervente élevée vers ce Dieu gardien d’Israël qui permet aux juifs de ne jamais désespérer de l’humanité.

Mais, en écoutant et regardant cette petite fille chanter « shir lamaalot » la chanson des pèlerins cheminant dans les collines de Judée, emportée moi aussi par sa puissance et sa force, je saisis mieux ce qui fait de nous des êtres singuliers et difficiles à comprendre.

Cette petite fille frêle d’enfance, mais capable de ressentir et dire un texte profond malgré son jeune âge, est emplie de foi.

La foi, c’est ça qui nous sauve. Absurde pour certains, sublime pour d’autres, mais qui nous permet de transcender nos vies, et hier en France et dans le monde, c’est ce qui s’est passé. La foi, quel que soit ce dont elle est faite, a élevé dimanche le peuple de France, et mon cœur, entre lui et l’enfant, ainsi que le dit le poète « de battre trop fort aurait pu s’arrêter ».

 «  Shir Lamaalot »