I- Création de l’univers, de la terre, apparition de la vie

Notre univers a été engendré par le Big Bang il y a environ 14 milliards d’années au cours desquelles diverses fusions nucléaires dont celle de l’hydrogène ont permis la création de l’hélium et par suite du carbone et de l’oxygène. La fusion nucléaire liée à des phénomènes de rotation et de gravitation d’une nébuleuse solaire a entraîné une contraction engendrant le soleil et des collisions de débris de la nébuleuse solaire ont créé des protoplanètes.

La formation de la terre a commencé il y a 4,7 milliards d’années. La collision de la terre avec de multiples astéroïdes a entraîné des chocs thermiques et ont apporté fer et nickel au centre de la planète formant le noyau doté de propriétés magnétiques et constituant un champ protecteur. La terre a alors été un océan magmatique dont le dégazage a formé l’atmosphère. La terre est entrée dans un processus de refroidissement qui a créé la croûte terrestre puis les océans il y a 4,2 milliards d’années.

Des éléments tels que l’eau, le méthane, l’hydrogène ont créé des molécules organiques produisant des cellules capables de réplication par l’ARN remplacé par l’ADN pour engendrer le vivant. Les plus anciens fossiles de cellules ont 3,5 milliards d’années. Des organismes pluricellulaires se sont formés et des bactéries ont utilisé l’oxygène (première forme de respiration).

Il y a 550 millions d’années les premiers êtres vivants vertébrés ont été les poissons qui sont les ancêtres de tous les vertébrés avec un crâne protégeant un cerveau primitif. Une couche d’ozone issue de l’oxygène a permis le développement de la vie hors de l’eau en la protégeant du rayonnement solaire ultraviolet.

II- Evolution de la vie et apparition de l’homme

Une des formes d’évolution du poisson (premier vertébré) a été le tétrapode capable de vivre sur la terre ferme en développant poumons, pattes et cou. A partir du tétrapode se sont développés les reptiles et notamment les reptiles mammaliens d’où sont issus les mammifères dont font partie les primates.

Les primates subissent une évolution diversifiée à partir de l’ère tertiaire notamment avec les grands singes. La lignée humaine s’est séparée de celle des grands singes (en particulier des chimpanzés) il y a seulement 5 millions d’années ce qui n’est rien en comparaison de l’apparition des poissons il y a 550 millions d’années. L’évolution est ensuite marquée par la bifurcation des Homininés en Hominines (humains) et Panines (chimpanzés).

Pour des raisons de contexte, l’ancêtre singe de l’homme a développé la bipédie et libéré ainsi ses mains avec le pouce opposable aux doigts (pince) pour agir et manipuler. La bipédie a aussi été favorable au développement de la masse cérébrale permettant une intelligence plus complexe et au dégagement du larynx permettant le développement du langage.

Différents types d’être humains sont apparus mais se sont éteints et seul l’Homo sapiens (ou homme moderne) dont l’intelligence aurait été la plus étendue a persisté. Toutefois, on estime la possibilité d’un métissage de l’ordre de 1 à 4% avec les espèces humaines disparues. L’Homo sapiens ne serait apparu il n’y a que 195 000 ans ce qui est négligeable en comparaison de l’âge de la lignée humaine de 5 millions d’années.

L’homme est un animal avec des aspects particuliers qui lui ont permis de bâtir, de créer, de développer la compréhension de la science et d’en bénéficier. Ces aspects particuliers l’ont conduit à ne plus lui-même se considérer comme un animal. Cette différenciation est justifiée par la maîtrise de la nature et au progrès technique mais aussi lorsque le comportement de l’homme est pire que celui d’un animal qui lui se contente de chasser des proies pour se nourrir.  

En n’observant le comportement humain durant les seuls XXe et XXIe siècles nous constatons un comportement destructeur qui place parfois l’être humain à un rang inférieur à celui de l’animal en matière de sauvagerie.

Le premier conflit mondial a fait 18.6 millions de morts et le second plus de 60 millions de morts. Au cours de ces deux siècles (car cela continue encore aujourd’hui en Birmanie) ont eu lieu les plus grandes exterminations d’humains par des humains et cela pour des questions tenant aux origines des victimes qui ne convenaient pas à l’idéologie psychotique de leurs exterminateurs. La référence en matière d’horreur et d’industrialisation de la mort a été la Shoah. Alors qu’on pensait que les hommes en avaient tiré les leçons les exterminations génocidaires ont continué sur divers continents.

Afin d’illustrer la particularité de la nature humaine nous voudrions citer l’exemple de Gardelegen en avril 1945 en Allemagne. Alors que le territoire allemand était pratiquement occupé par les Russes et les américains, les SS survivants ont continué à massacrer des milliers d’innocents par seul goût du meurtre que les animaux ne connaissent pas.

En quelques années l’environnement a transformé ces hommes en psychopathes ; la psychopathie serait donc une potentialité chez l’humain qui pourrait être le fruit d’un environnement donné à un moment précis (études de Farrington sur la psychopathie et l’environnement).

En Ukraine en 1933 lors de la grande famine appelée « Holodomor » due à la décision de l’URSS de collectiviser l’agriculture et qui a provoqué trois millions de morts, le cannibalisme s’est répandu et des parents ont mangé leurs enfants. Des affiches officielles devaient rappeler qu’il était immoral de manger ses enfants ; on aurait pu penser que l’être humain aurait préféré se laisser mourir plutôt qu’en arriver à ces excès mais ce n’est pas toujours le cas.

« Ainsi les êtres humains peuvent être de loin plus sauvage que tout animal » et leurs croyances en des dieux imaginaires et divers n’ont été d’aucun secours pour empêcher l’innommable.

III- Le recours de l’homme « désorienté» à des Cultes, Religions incluant la création du Divin

1- Le divin : source d’espoir pour des êtres désorientés

La bipédie a permis à l’homme de développer un cerveau lui permettant de prendre conscience de ce qui l’entoure et le menace mais aussi de communiquer et de se socialiser. Au début, l’Homo sapiens était un être faible face à de nombreux autres être vivants (animaux ou hommes) et face aux phénomènes naturels dont la mort auxquels il ne comprenait rien.

En raison de ses limites et de son ignorance l’être humain a simplement divinisé directement ou indirectement les éléments naturels qui le menaçaient en leur vouant un culte incluant des prières, des incantations, des danses rituelles et en offrant des sacrifices pour espérer leur clémence.

Un sacrifice consiste à se priver de biens donnés en offrandes ou à tuer des animaux voire des êtres humains pour prouver aux dieux le grand dévouement des hommes à leur égard. En retour de ces cultes, les hommes espéraient la bienveillance des divinités.

La perception du réel chez l’Homo sapiens :

L’ensemble des sens sont des interprétations cérébrales (in fine on voit, on sent et l’on entend avec son cerveau); les effets psychiques, les émotions, l’imaginaire pour reconstituer ce que l’on ignore sur la base de ce que l’on sait peuvent fausser l’interprétation du réel et sa perception et encourager le développement de mythologies et de religions.

Ainsi aujourd’hui par exemple les témoignages oculaires ne sont plus considérées comme sûrs et doivent être croisés avec d’autres considérations.

Un être éduqué devrait avoir une vision plus précise qu’un être rustre qui aura tendance à utiliser l’imaginaire et les émotions pour voir ce qu’il croit percevoir. Ainsi beaucoup de phénomènes naturels étaient perçus comme des phénomènes surnaturels et les dieux qui avaient été créés pour les expliquer avaient des apparences anthropomorphes où animales puisque l’imagination de l’homme est fondée sur ce qu’il connaît déjà.

Si nos connaissances sont encore limitées, elles se sont accrues de façon exponentielle permettant un meilleur discernement et surtout l’adoption de méthodes rationalistes pour aborder ce qui est nouveau en réduisant l’influence de l’émotion. Dans un cadre de raisonnement rigoureux l’imaginaire peut-être utile à la création et à la découverte.

A mesure de l’accroissement des connaissances l’importance des dieux et des religions synonymes de compensation de l’ignorance diminuent parmi les populations les plus instruites.

La population athéiste s’accroît en chiffres absolus mais restent limitée en nombres relatifs compte de l’accroissement démographique important parmi les populations les plus démunies et donc les plus ouvertes aux religions et au divin. En l’an 0 la population mondiale s’élevait à 170 millions d’habitants pour atteindre 7.6 milliards en 2017.

Les cultes de base tournent autour de l’animisme qui consiste à donner un esprit (animus) aux objets de toutes sortes, phénomènes naturels (vent, soleil, volcans…) et à des génies malins ou protecteurs.

Ces génies d’origine humaine (par exemple l’esprit des défunts) ou animale ou autres, peuvent avoir selon les croyants des effets sur le réel. Les religions s’adaptent aux besoins des croyants puisqu’ils en sont les créateurs.

Il existe de nombreuses religions pour les chasseurs-cueilleurs ou pour les agro-pasteurs et autres, polythéistes ou monothéistes. Le nombre de religions qui ont existé est indénombrable mais aujourd’hui les principales religions ayant au moins 3 millions de croyants sont les suivantes :

Christianisme : 2 262 millions – 29.8% de la population mondiale

Islam : 1 552 millions – 20.4% de la population mondiale

Hindouisme : 949 millions – 12.5% de la population mondiale

Bouddhisme : 495 millions  -6.5% de la population mondiale

Religions Chinoises : 435 millions – 5.7% de la population mondiale

Religions ethniques : 243 millions – 3.2% de la population mondiale

Nouveaux mouvements : 63 millions – 0.8% de la population mondiale

Sikhisme : 24 millions – 0.3% de la population mondiale

Judaïsme : 14 millions – 0.2% de la population mondiale

Spiritisme : 14 millions – 0.2% de la population mondiale

Taoïsme : 8 millions – 0.1% de la population mondiale

Confucianisme : 8 millions – 0.1% de la population mondiale

Bahaïsme : 7 millions – 0.1% de la population mondiale

Jaïnisme : 5 millions – 0.1% de la population mondiale

Shintoïsme : 3 millions – moins de 1%  de la population mondiale

5,647 milliards de personnes revendiquent une appartenance à une religion sur une population mondiale en 2017 de 7,6 milliards.

La population non croyante s’élève donc à environ 2 milliards de personnes (25.6% de la population mondiale). Parmi les 5 647 millions de croyants un nombre substantiel revendiquent une religion qu’ils ne pratiquent que très peu ou pas du tout, en particulier chez les chrétiens et en conséquence la première religion du monde est l’absence de religion.

A l’origine des religions, il y a la nécessité psychique de croire qu’un être tout puissant malin ou bienveillant peut alléger le fardeau de ses croyants ; cette nécessité uniquement humaine marque la limite de la capacité de compréhension du monde puisqu’elle implique l’abandon du gain cérébrale d’origine bipédique c’est-à-dire de la logique intellectuelle au profit de la foi qui n’est qu’une simple conviction sans fondement adoptée contre toute logique ; la foi est un abandon du recours à l’intelligence et à la rigueur.

La foi ouvre donc la porte à toutes sortes de croyances puisque dans ce cas le rationnel est mis de coté. Les hommes vont appeler dieux, êtres divins ou parfois gourous, d’autres êtres dont ils pensent pouvoir obtenir sans aucun fondement la clémence, des avantages, la réduction du déchaînement des éléments naturels ou même le déclenchement de leur colère sur d’autres avec lesquels ils ne partagent pas les opinions.

Ces créations sont souvent accompagnées de légendes, doctrines et au mieux de philosophies. Seul le Bouddhisme ne créé pas de dieu à proprement parlé.

Les dieux vont avoir chacun une fonction plus ou moins importante et il existait par exemple plus de 200 dieux égyptiens, plus de 50 dieux grecs et leurs équivalents romains et actuellement plus de 250 divinités hindoues. Ces dieux créent de l’emploi et des ressources pour les professionnels qui les servent (prêtres ou gourous).

Les dieux ont des tailles différentes et peuvent être parfois transportables. Le Pharaon Akhenaton a voulu restreindre les divinités au seul soleil (Aton) ce qui a représenté une sorte de monothéisme ; cette nouvelle religion avait suscité la révolte du clergé vivant matériellement du culte des nombreux autres dieux et qui se sont ainsi retrouvés sans emplois et ressources. A sa mort les traces de son règne jugé hérétique par les prêtres ont été effacées.

2- La création du concept d’âme comme victoire sur la mort

Lors de la mort on ne peut que constater que l’être et ce qui faisait sa personnalité disparaissent. Le corps n’est plus qu’un objet en décomposition qu’il est d’usage d’enterrer ou de brûler pour ne plus être confronté à l’image de la fin de la vie et à sa nauséabonde putréfaction.

Ainsi la vie s’arrête et afin de contenir le désespoir humain face au néant, des religions ont créé la notion de vie éternelle dans un autre monde ou  par réincarnation dans le même monde  par le biais de l’âme. Le corps étant détruit la religion le remplace par l’âme qui ne subira pas le pourrissement du corps, mais qui n’est ni le corps, ni l’intellect, ni la personnalité du défunt.

L’âme est donc un concept vide dont le seul but est de donner aux croyants un espoir de vie éternelle et donc de victoire sur la mort. Dans cette course à l’imaginaire et à l’éternité c’est l’homme qui se prend pour un dieu en inventant l’éternité pour lui-même ce qui est un mélange des genres. Le concept d’âme a été adopté chez les chrétiens lors du concile de Carthage en l’an 418.

Un individu est le produit de son intellect et de sa personne confrontés à son environnement. L’observation des personnes en phase finale de la maladie neurodégénérative d’Alzheimer : amnésie des faits récents et anciens, perte de la capacité à avoir une pensée abstraite, aphasie, apraxie et agnosie, reflète bien la vacuité du concept d’âme.

3- Le ciel – les cieux

Le ciel a pendant longtemps représenté le Royaume des dieux (comme le laisse entendre la tradition indo-européenne), alors que le pire devait se trouver sous la terre ainsi que par exemple les éruptions volcaniques pouvaient le laisser penser. Le ciel appartient aux mythologies polythéistes et monothéistes de l’humanité et pourtant il n’est que l’étendue visible au-dessus du sol depuis la surface de la terre.

La couleur du ciel est due au rayonnement solaire qui subit des réfractions dues à l’atmosphère terrestre. Notre meilleure connaissance de l’espace a normalement fin aux mythologies humaines concernant les cieux bien que les religions réagissent en prétendant à présent que les cieux ne se trouvent précisément aux cieux et cela malgré leurs abondantes représentations.

Le mot dieu qui vient de deus en latin et a une racine indo-européenne : « dei » qui signifie « briller » et sert à désigner le ciel brillant comme divinité ou lieu des divinités célestes. Zeus a la même racine. Gott et God viennent aussi de l’indo-européen avec le sens d’invocation et le mot slave Bog vient aussi de l’indo-européen bhag.

L’idée simpliste du ciel comme lieu de résidence de Dieu et des bonnes âmes est perceptible par l’usage des expressions monter au ciel, ascension ou par la représentation des anges envoyés de Dieu et munis d’ailes pour voler. Des chérubins (petits anges ailés) étaient aussi représentés sur l’Arche d’Alliance. Au-delà de 100  km d’altitude commence le vide intersidéral dans lequel des ailes sont sans utilité. Mais les hommes qui voyaient le ciel comme le Royaume de Dieu n’avaient à cette époque aucune idée sur la nature de l’atmosphère.

IV- DU POLYTHEISME AU MONOTHEISME

1- Judaïsme

Le rationalisme a toujours été un obstacle pour les religions et le monothéisme représente en principe un passage vers une forme plus intellectualisée de la nature divine. Abram appelé ensuite Abraham a déduit du fait que son propre père fabriquait des idoles que celles-ci ne pouvaient pas avoir de pouvoir particulier puisque son père n’en avait pas. Après avoir détruit ces idoles il eût l’idée d’une toute puissance unique, intangible et indicible qui a constitué le premier dieu d’une religion monothéiste.

Abraham a créé le monothéisme 5 siècles avant la tentative ratée d’Akhenaton qui de toutes façons avait choisi pour dieu un objet : le soleil loin de l’intangibilité du Dieu d’Abraham. Le Dieu d’Abraham n’a pas de nom mais est désigné par la déclinaison du verbe « être » en hébreu et cela est conforme à sa révélation à Moïse sur le mont Sinaï.

Par alliance une terre a été promise à Abraham pour sa descendance après une période d’esclavage.

La religion de la descendance d’Abraham, peuple d’Israël appartient au domaine de l’intangibilité, s’adresse à la partie du cerveau qui gère le domaine virtuel, et n’a pas pour but de faire des disciples. La circoncision demandée par Abraham (signe d’alliance) est un élément décourageant de plus pour ceux qui voudraient rejoindre sa religion. La religion d’Abraham semble s’adresser à une élite mais cela n’empêchera pas une partie de sa descendance de se laisser parfois influencer par l’idolâtrie.

La circoncision est considérée aujourd’hui comme un moyen de freiner la transmission du Sida et du Papillomavirus. Une campagne menée actuellement a porté sur plus de 15 millions d’individus en Afrique de l’Est.

Après une longue période d’esclavage en Egypte le peuple d’Israël devait perdre ses habitudes de captifs et adopter des règles législatives qui garantiraient la morale et l’ordre public. L’exode de 40 ans symbolise la nécessité d’attendre une nouvelle génération qui constituerait un peuple libre n’ayant pas connu l’esclavage et prêt à se plier aux nouvelles règles et lois afin d’entrer en terre promise.

Toutefois on peut s’étonner que le Dieu omniprésent et intangible d’Abraham doive élire un lieu particulier pour se révéler et indiquer sa loi ; on peut penser que cela fût plutôt le choix de Moïse pour s’isoler et réfléchir.

Il existe une iconographie bien qu’en principe interdite par le judaïsme qui matérialise la présence de Dieu au dessus de l’arche et dans le temple par une sorte de fumée.

La volonté de grandeur de David puis finalement celle de Salomon les ont amené à vouloir construire un temple dans lequel des prêtres feraient des sacrifices et recevraient des offrandes. Ce projet s’inspirait à notre avis des temples polythéistes égyptiens ou grecs. Après un début de rectitude monothéiste Salomon s’en serait éloigné sous l’influence d’autres courants. Plus tard les Saducéens gardiens du temple seront dénoncés par les Esséniens pour leurs pratiques au sein du temple.

Si le Tana’h (Bible) forme une base solide pour l’histoire et les traditions juives, les commentaires et la tradition religieuse orale ont figé le Judaïsme aux diverses époques auxquelles ils ont été faits. Les fameux 613 commandements (Mitsvot) par exemple concernent beaucoup l’antiquité et n’ont plus de sens aujourd’hui lorsqu’il est question du Temple, des prêtres, des offrandes au temple (Korbanot), du Roi, des esclaves et se réfèrent à une justice dépassée dans le cas des bâtards, des viols, des homosexuels, des relations conjugales et donnent trop d’emphase aux détails en particulier sur les interdits en matière de relations sexuelles de toutes sortes qui choquent le sens commun aujourd’hui car elle donne l’idée d’une société arriérée.

Heureusement les lois des Etats modernes font qu’il n’est plus nécessaire de s’y référer. Au cours des deux mille ans passés en diaspora les Juifs ont fait un apport substantiel à la civilisation occidentale malgré le développement de l’antisémitisme exutoire facile de la colère et de la jalousie des peuples. Toutefois nombreux sont ceux qui aujourd’hui prennent des distances avec les aspects rigides et vieillis de la religion.

  • La vie après la mort 

Contrairement à de nombreuses religions, l’accent est surtout mis dans le Judaïsme sur la vie terrestre et après la mort les âmes immortelles à la fois justes et injustes vont comme des ombres dans le Shéol sans confort sorte de néant ou d’Hadès grec et qui n’est donc pas un paradis. Certains courants ont pris l’initiative d’interprétations qui s’éloignent des textes.

Il y avait quatre courants principaux dans le Judaïsme : les Sadducéens (caste des prêtres) qui étaient peu ouverts à la tradition non écrite et ne croyaient pas à une vie après la mort, les pharisiens qui ajoutaient à la bible une tradition orale et croyaient à une vie après la mort.

Les deux autres principaux courants étaient ceux des Esséniens (partisans de l’ascèse et opposés à la façon de pratiquer des Sadducéens) et des Qana’im (Zélotes en grec, intransigeants et partisans de la guerre contre les Romains).

Différents courants du Judaïsme ont fait des interprétations diverses mais la bible n’accorde que peu de place à la question de la vie après la mort. Le Judaïsme ne cherche pas à faire de prosélytisme et ne promet pas une vie extraordinaire après la mort.

  • Le Temple

Nous avons indiqué à quel point un temple ne correspondait pas au particularisme de la religion d’Abraham et d’Israël car elle était très éloignée de la mentalité des constructeurs de temples qui voulaient y adorer et loger leurs multiples dieux. Sans temple le Judaïsme s’est réconcilié avec un monothéisme plus rigoureux en diaspora.

c- Diaspora

L’éloignement de la terre d’Israël a toutefois donné lieu à des développements de mouvements sectaires de repli sur soi de la part d’ultra-orthodoxes comme les hassidim (Europe de l’Est) attachés à des maîtres vénérés comme des gourous; ils ont eu tendance à s’enfermer dans des règles restreignant une nécessaire évolution et dans des interprétations herméneutiques en cercle fermé aboutissant à un mysticisme ésotérique loin de l’esprit d’Abraham et d’Israël.

On pourrait penser que ce comportement était un moyen d’échapper au poids de l’exil dans un milieu obsessivement hostile et de former un rempart pour supporter l’exil. L’ensemble des ultra-orthodoxes sont appelés H’aredim (חרדים) et ceux qui vivent en Israël refusent de s’intégrer dans la vie civile normale.

A chaque fois que cela a été possible les Juifs les plus ouverts se sont intégrés dans les sociétés dans lesquelles ils vivaient et ont apporté à la civilisation une part tout à fait hors de proportion à leur nombre.

d- Exterminations et expulsions en Europe – Fuite vers le nouveau monde et Renaissance d’Israël

Après deux millénaires de séjour en Europe le peuple juif y a été soit exterminé soit chassé et on peut dire de façon approximative que  le peuple juif vit aujourd’hui pour un peu plus de la moitié en Israël et pour l’essentiel du reste  aux Etats Unis (la communauté résiduelle juive en Europe est très petite).

Dans ces deux pays de très nombreux juifs sont plutôt éloignés de la religion stricte et mais très attaché à l’identité juive  sur une base traditionnelle, historique et nationale qui justifient par bon sens que Jérusalem indivisible soit la capitale d’Israël.

Pour des questions tenant au système électoral des partis ultrareligieux se sont imposés en Israël et rigidifient le Judaïsme dans une forme qui ne convient plus à la plupart des Juifs tant en Israël qu’aux Etats Unis. Le mode électoral en Israël aboutit au fait que les partis laïques qui représentent la majorité électorale n’arrivent pas à former de majorité gouvernementale et doivent s’encombrer de petits partis ultrareligieux. Les ultrareligieux  nécessaires pour former une majorité gouvernementale imposent des conditions qui vont bien au-delà de ce qu’ils représentent. Pour éviter un chantage à la majorité, le système électoral devrait être révisé.

e- Le fardeau des ultrareligieux pour Israël

Les ultrareligieux ne devraient plus pouvoir aller à contre-courant du progrès voulu par la majorité de la population notamment en gérant des affaires civiles en particulier en celles qui concerne le mariage, le divorce et la transmission du Judaïsme.

Un Etat moderne devrait appliquer le principe de séparation entre les affaires civiles et religieuses. L’immixtion des religieux dans la vie civile se fait aux dépens de la majorité des citoyens. Le fait de ne pas reconnaître le mariage civil implique un divorce religieux (guet) qui ne peut se faire sans le consentement du mari. Les tribunaux religieux composés d’hommes ont tendance à laisser pourrir les situations puisqu’ils ne sont pas en faveur du divorce.

Le Judaïsme se transmet par la mère et cela est logique pour ceux qui pensent qu’une femme n’est pas fiable et qu’on ne sait jamais qui est le véritable père mais cela semble inacceptable quelques soient les raisons données pour couvrir cette réalité.

Par ailleurs l’évolution de la génétique fait qu’une femme peut accoucher d’un enfant qui n’est pas le sien, cas des mères porteuses ou cas des mères qui portent un ovule qui n’est pas le leur, fécondation assistée. Dans un judaïsme moderne la filiation devrait dépendre du choix des parents.

La loi israélienne est bien plus flexible en ce qui concerne la nationalité puisqu’Israël avait eu pour devoir d’accueillir ceux qui avaient vu leur vie menacée parce qu’ils étaient désignés comme juif par les lois nazies de Nuremberg (un seul grand parent juif). Cette règle reste applicable.

Les règles des synagogues libérales majoritaires aux Etats-Unis sont nettement plus ouvertes que celles des orthodoxes ce qui empêche la disparation des juifs du faits du grand nombre de mariages mixtes notamment aux Etats Unis.

Les ultrareligieux sont un fardeau pour Israël dont ils bénéficient des avantages en refusant l’intégration sociale et la conscription. Le problème des effectifs prétendument pléthoriques de l’armée peut être régulé par la durée du service et non pas par la mise en cause de la conscription.

La conscription généralisée permettrait aux élèves des écoles ultrareligieuses (Yeshivot) de compléter leurs études laïques, de s’intégrer dans la société, de travailler et de s’éloigner de leurs familles dans lesquelles ils sont pris en otages.