2- Christianisme

L’occupation romaine a été ressentie comme particulièrement pénible par le peuple d’Israël en quête d’un espoir de libération fut-il messianique, et ainsi de nombreuses personnes se sont improvisées comme prédicateurs. L’un d’eux est Jean Cohen (fils d’un prêtre du temple) dit Jean Baptiste qui recommandait la purification par l’eau du Jourdain peut-être en complément de l’action des prêtres. Ainsi Jésus qui deviendra aussi prédicateur a été baptisé par Jean dans l’eau du Jourdain.

Le prédicateur Jésus développe une philosophie qui semble être inspirée par celle des Esséniens ou au moins partage de nombreux points communs. Les Esséniens s’opposent au comportement des Saducéens, prêtres du temple et recommandent une vie d’ascèse.

Les prêtres semblaient pour de nombreux juifs dont les esséniens et les adeptes de Jésus, détourner le Judaïsme de sa pureté initiale. Jésus a enseigné comment être un meilleur juif en prônant la tolérance et le pardon qui mènerait au salut dans le Royaume de Dieu. Bien que Jésus veuille rester dans le cadre du Judaïsme cette idée de salut dans le Royaume de Dieu n’existe pas dans le Judaïsme.

Les prêtres le voyaient comme un compétiteur capable de créer du désordre chez un peuple en recherche d’espoir et ont laissé l’occupant romain décider de son sort. D’autres juifs voyaient dans Jésus la possibilité de se solidariser contre l’occupant romain.

La religion de Jésus était le Judaïsme et son enseignement était destiné aux juifs. Le Judaïsme était un passage obligé pour devenir adepte de Jésus. Après sa mort son frère et disciple Jacques (que d’autres appellent cousin pour préserver le mythe de la virginité de leur mère Marie) prônait le strict respect des règles du Judaïsme. D’autres disciples décidèrent après la mort de Jésus de transformer sa philosophie en une religion visant à développer le prosélytisme au prix de sa dénaturation.

Paul qui n’avait jamais connu Jésus décida de faire de sa philosophie un Judaïsme hyper simplifié et anthropomorphisé en insistant sur le rôle divin de Jésus de façon à être plus attractif au regard des Païens. Les païens ne pouvaient en effet être ouverts à une religion trop abstraite, trop contraignante par de nombreuses règles dont la circoncision pour un Dieu qu’ils ne peuvent pas voir.

On a donc anthropomorphisé Dieu dont la forme visible n’est que celle de Jésus sous forme d’icones et de statues. De nombreux chrétiens confèrent plus d’importance à l’image de Jésus qu’à Dieu qui reste abstrait. Dans de nombreux pays chrétiens peu développés la référence à Dieu est perçue comme l’image de Jésus. De plus la promesse d’une vie après la mort dans un merveilleux paradis au Royaume de Dieu, que les Juifs ne proposent pas est un argument de poids en matière de prosélytisme.

a- Jésus et les femmes 

Jésus avait des relations très proches avec les deux sœurs de Lazare Marthe, et Marie à Béthanie près de Jérusalem, avec Marie de Magdala en Galilée, et avec Marie la pécheresse, ce qui témoigne de son humanité.

La bible décrit des gestes affectueux des trois Marie envers Jésus mais l’église pense que ces trois Marie n’étaient qu’une seule femme appelée d’un nom différent selon l’endroit ou elle se trouvait car probablement l’Eglise n’apprécie pas les relations féminines multiples quelle qu’en soit la nature. Dans la pratique ceci parait douteux car le voyage de Magdala à Béthanie était long d’environ 150 km à faire à pieds ou à dos d’âne sur les chemins de l’époque. 

b- La vie après la mort :

Après la mort les âmes justes vont au Paradis est donc un concept qui est absent du Judaïsme. Ce paradis céleste est à l’image du paradis terrestre (Jardin d’Eden). Le Paradis est un endroit merveilleux où l’on trouve le bonheur parfait avec de nouveaux corps adaptés à la vie céleste. C’est la demeure de Dieu, des anges et de ceux qui sont morts en bons chrétiens. Il n’y aura plus de souffrances, maladies, péchés et la principale activité sera de louer et d’adorer Dieu. Les âmes injustes iront en Enfer pour vivre dans la souffrance.

c- Le manque de loyauté et d’honnêteté de l’Eglise à l’égard de Jésus 

Le problème du Christianisme est son manque de loyauté et d’honnêteté à l’égard de son créateur Jésus puisque cette religion a été le fruit de marchandages et d’interprétations grossières qui ont eu lieu des années et des siècles après sa mort.

Il faut noter que les évangiles ont été écrits quarante ans après la mort de Jésus. Jésus est souvent appelé Jésus Christ (qui signifie « oint » en grec) parce qu’il aurait reçu l’onction (versement d’huile sur la tête) comme les Rois, les personnes consacrées à Dieu et le Messie. Afin d’être le Messie Jésus devait descendre du Roi David et recevoir l’onction. Pour continuer dans la lignée du Roi David on a fait naître Jésus à Bethlehem qui est la ville de naissance du Roi David alors qu’il serait probablement né à Nazareth.

Jésus est le fils de Marie et de Joseph mais toutefois cette nature humaine n’a pas été retenue et on a préféré que Marie soit vierge et qu’il soit le fils de Dieu. Cet arrangement semble avoir été inspiré de la mythologie de Zarathoustra ou d’Hélène et Pollux. C’est lors du concile de Nicée en 325 qu’il a été décidé que Jésus était le fils de Dieu.

Au concile de Constantinople en 381, le concept de la trinité a été adopté « Dieu le père, le Fils et le Saint Esprit ». La divinité du Christ y a été confirmée et le concept du Saint Esprit y a été adopté. Le saint esprit selon les chrétiens n’habite ni le père ni le fils aussi est il nécessaire de considérer les trois pour avoir une divinité complète.

Au concile d’Éphèse en 431 on a nommé Marie mère de dieu. Ainsi la notion de divinité est complètement dispersée sur le père, le fils, le saint esprit et la mère et à partir de ce concile il est difficile de parler de monothéisme strict en ce qui concerne le christianisme et cela représente une rupture nette avec le judaïsme de Jésus.

Pour réconcilier l’inconciliable on emploie des concepts qui se contredisent et sont vides comme l’individualité et la consubstantialité des éléments de la trinité.

Au concile de Chalcédoine en 451, on a déclaré que le Christ était à la fois Dieu et Homme.

Au concile de Nicée en 787, on a précisé qu’il fallait adorer les personnages des icônes et non pas les Icônes eux-mêmes et on a condamné les iconoclastes. Il va sans dire que les simples croyants ne vont pas s’embarrasser de telles subtilités et vont adorer les icones comme on peut le constater en particulier dans les Églises orthodoxes.

d- La représentation de Jésus

Toujours à des fins prosélytiques Jésus a été très représenté avec les traits des populations que l’on voulait convertir, en particulier comme un bel homme de type plutôt scandinave aux cheveux blonds et longs et aux yeux bleus alors qu’il était juif de Galilée et en conséquence sémite brun, aux yeux foncés, aux cheveux noirs et courts (courant à l’époque  car sans doute adapté au climat).

L’Église a développé un antisémitisme initialement dû au fait que la majorité du peuple juif n’avait pas adopté le christianisme comme complément indispensable et que les prêtres avaient livré Jésus aux Romains. Cet antisémitisme transpire même dans la représentation des personnages de la bible dont Jésus.

De nombreux symboles ont représenté le christianisme mais l’Eglise a préféré celui de la Croix qui représente la torture romaine et de Jésus crucifié ce qui n’est pas porteur de la philosophie chrétienne mais encourage à la vengeance contre les juifs désignés par l’Eglise comme responsables de sa crucifixion jusqu’au concile Vatican II.

e- Les textes cachés de l’Eglise 

L’ensemble des Eglises chrétiennes a décidé de faire une nouvelle bible tout en reconnaissant la Bible juive (Tana’h), sur la base de seulement quatre évangiles (ceux de Matthieu, Marc, Luc et Jean) alors qu’il existe 76 autres textes chrétiens que l’Eglise a décidé de cacher (apocryphes) dont 13 autres Evangiles. Ce n’est qu’aujourd’hui que les chercheurs ont décidé de se pencher aussi sur les textes cachés.

f- Cas particulier de l’évangile de Judas (texte caché)

Dans cet évangile Judas apparaît être le plus proche disciple de Jésus qui lui donne comme mission de l’aider à sacrifier son enveloppe charnelle.

La prétendue trahison de Judas aura eu les pires conséquences car du fait de son nom c’est l’ensemble du peuple juif qui a été perçu comme traitre.

On voit donc qu’à mesure que le temps a passé depuis la mort de Jésus  les autorités chrétiennes ont transformé une religion monothéiste en une religion polythéiste. L’Eglise ne se sort de cette évidence qu’en appelant la trinité « un mystère ».

3- Islam

L’Islam qui signifie soumission à Dieu, prône le retour à un monothéisme strict et absolu à l’inverse du christianisme. L’islam se fonde sur un nouveau texte, le Coran, révélée jusqu’en 632 au prophète de cette nouvelle religion, Mahomet. La plupart des tribus de la péninsule arabique étant animistes il fallait les faire évoluer en les guidant vers le monothéisme. L’Islam s’est inspiré du Judaïsme et du Christianisme mais a développé au travers du Coran et de la Sunna une religion très différente.

L’Islam semblait être destiné initialement aux seules tribus de la péninsule arabique en raison de la langue arabe dans laquelle le Coran doit être lu et de problèmes soulevés concernant la région de la Mecque et de Médine.

En fait l’Islam comme le Christianisme est prosélyte malgré la langue arabe (alors que le christianisme avait adopté le latin pour mieux se répandre en occident) et s’est rapidement étendu à d’autres continents par la guerre sainte car il n’y a de salut pour les mécréants c’est à dire les  peuples du livre (Bible et donc juifs et chrétiens) que par la conversion à l’Islam.

Les musulmans sont tenus à cinq obligations fondamentales : (i) la déclaration de foi, (ii) cinq prières par jour, (iii), le jeûne du Ramadan, (iv) l’aumône envers les nécessiteux, et (v) le pèlerinage à la Mecque. Les obligations des musulmans sont donc simples et claires et favorisent le prosélytisme.

Les diverses versets du Coran condamnant les Juifs et les Chrétiens (mécréants) ont sans doute été le nerf de la guerre sainte qui a permis une rapide expansion géographique de l’Islam à l’Ouest.

Les juifs sont l’objet d’une haine particulière en raison du refus des trois tribus juives de Médine (Yathrib) de reconnaître Mahomet comme un prophète : les Banu Qaynuqa et les Banu nadir furent expulsés et les hommes des Banu Qurayza furent tués et leurs familles réduites en esclavage.

Voici comme exemple deux illustrations de cette véhémence dans le Coran :

Sourate 4 Verset 56, « …Nous allons brûler dans le feu ceux qui ne croient pas au Coran… » – Sourate 5 Verset 51), «…Ne prenez pas pour alliés les juifs et les Chrétiens, ils sont alliés entre eux… ». – Sourate 5 : Verset 82. « …Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent nous sommes chrétiens… »

La vie après la mort 

Voici quelques exemples pour illustration :

Coran: Sourate 52 – -Verset 15 : le Paradis et l’enfer : « Il y aura des ruisseaux d’une eau jamais malodorante, des ruisseaux de lait au goût inaltérable, des ruisseaux d’un  vin au goût délicieux, des ruisseaux de miel et des fruits de toutes sortes ; dans l’enfer les autres s’éterniseront dans le feu et boiront une eau bouillante qui leur déchirera les entrailles » -Verset 19, « En récompense de ce que vous faisiez, mangez et buvez  en toute sérénité. » -Verset 20, «Accoudés sur des lits bien rangés, nous leur ferons épouser des houris(*) aux grands yeux noirs » Verset 22, « Nous les pourvoirons abondamment en fruits et en viandes.»

(*)Les Houris sont des femmes de grande beauté qui sont éternellement jeunes et vierges.

L’islam est donc un retour au monothéisme pur par rapport au Christianisme. Il est toutefois très intolérant à l’égard des religions du livre (Judaïsme et Christianisme). En ce qui concerne la vie après la mort qui est un élément négligeable dans le judaïsme, l’Islam donne au paradis chrétien qui prétend offrir un bonheur spirituel, une dimension très matérielle.

Pour l’Islam le Paradis garantit un bonheur des sens bien supérieur à celui que l’on peut espérer dans la vie terrestre.

L’Islam est la seule des trois religions monothéistes à proposer un paradis qui corresponde aux aspirations matérielles de l’homme et qui tend donc à encourager le sacrifice au nom de Dieu (par suicide) pour rejoindre immédiatement ce Paradis ainsi que l’on peut le voir malheureusement trop souvent aujourd’hui. En dehors des Houris les femmes ne sont pas mentionnées comme destinataires possibles de ce paradis.

Par ailleurs le monothéisme rigoureux de l’Islam peut mettre en cause les Droits humains puisque seul Dieu est digne de privilèges ; ainsi certains musulmans qui vivent dans des pays dits mécréants peuvent ne pas se sentir liés par leurs lois.

V- DU MONOTHEISME A L’ATHEISME

1- La prédominance des Droits de l’Homme dans une société moderne et de progrès

Les sciences ne nous ont pas apporté toutes les réponses mais nous ont appris à appliquer le mode de questionnement le plus adapté pour progresser, mesurer l’étendue de notre ignorance et accroître les limites de notre perception.

Appeler dieu ce que nous ne comprenons pas n’est plus une attitude acceptable à notre niveau de civilisation technoscientifique ; ce comportement correspond à la politique de l’autruche. En effet se contenter de mythes, de convictions gratuites que l’on appelle la foi est un aveu d’incapacité, de sous développement intellectuel et un renoncement aux défis que l’on peut relever par un long travail de recherche méthodique qui nous guidera par la raison sur le chemin des réponses. Il faut donc continuer à démystifier les dieux comme Abraham a démystifié les idoles.

Les religions actuelles sont généralement toujours proches des religions antiques et lorsqu’elles évoluent vers l’abstrait (monothéisme) on tente de les ramener à un crypto-polythéisme comme l’a fait l’Eglise pour se mettre au niveau de ses ouailles. Toutefois le progrès et l’enseignement font que ses ouailles dépassent le niveau de ce que leur apporte l’Église dont elles se détournent progressivement.

Les religions ont pu jouer un rôle positif pour que les hommes craignent les conséquences fâcheuses d’un comportement immoral mais leur sens moral était trop approximatif et lié au temps ; c’est à présent aux Etats de remplir ce rôle et de faire craindre aux citoyens les conséquences d’un comportement immoral au moyen des lois et du système judiciaire.

Les Etats et les religions ont la faiblesse des hommes qui les dirigent, mais pour lutter contre cela la Démocratie et les Droits de l’Homme doivent être le fondement des Etats.

Par opposition les religions constituent un danger pour les Droits de l’Homme car elles se placent avec leurs dieux au dessus des Hommes.

Dans les religions la condition humaine est mise en compétition avec Dieu et celles-ci ne proposent de vie meilleure qu’après la mort ce qui est paradoxal et limité à l’imaginaire. Il faut quand même noter que seul le Judaïsme parmi les trois monothéismes ne propose pas de vie meilleure avec le Shéol et met en conséquence l’accent sur la vie sur terre.

Le 3 novembre 1789 la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen a été promulguée en France avec une portée philosophique universaliste et juridique. En 1948, René Cassin, a pris l’initiative de faire adopter par l’ONU la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Le 7 décembre 2000 la Chartre des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne a été adoptée et va au-delà de la Déclaration des Droits de l’Homme en y incluant le droit à l’éducation, au travail, le droit des handicapés, des enfants, des personnes âgées. La Charte prévoit aussi le droit de grève, la protection contre les licenciements injustifiés, le droit à la sécurité sociale, à l’aide sociale et à la protection de la santé ainsi que le droit à une bonne administration et à une justice équitable.

Ce texte constitue un progrès mais il n’est appliqué de facto qu’au bon vouloir des chacun des États membres, c’est-à-dire le moins possible par ceux qui ont en le plus besoin.

2- Que peut-on faire des religions ?

a- Bilan

La mythologie du divin ne peut plus convenir aujourd’hui comme elle convenait aux peuples anciens qui manquaient de connaissances, de méthode et d’une vision globale sur le monde et les univers. Le divin était source d’espoir face aux phénomènes naturels et aux évènements que l’être humain vulnérable ne pouvait pas comprendre. Le divin correspond à une compensation  imaginaire par l’homme de ses limites intellectuelles et connaissances du moment,  qui changent à mesure de leur accroissement.

Ainsi on constate dans les pays développés une croissance substantielle de l’athéisme « dit » ou « non dit » et l’on peut penser que bientôt le divin sera considéré comme une croyance aussi folklorique que les mythologies anciennes.

Les Eglises avec leurs iconographies et musiques célestes sont dignes des religions anciennes avec en plus une dispersion de la représentation de Dieu et un autel sacrificiel. L’Eucharistie n’est en effet pas le symbole du sacrifice de Jésus comme la plupart des croyants le pensent mais « est » ce sacrifice lui-même reproduit par transsubstantion (sorte d’effet magique) et le prêtre réalise donc un miracle dans le cadre d’une mission divine que l’Eglise s’octroie.

Dans le passé des juifs avaient été tués car on avait prétendu qu’ils avaient brisé l’Eucharistie et que le sang du Jésus en avait jailli.  Toutefois on doit noter que les évangélistes n’attribuent qu’un caractère symbolique à l’Eucharistie.

De très nombreuses Eglises sont désertées aujourd’hui dans les pays développés car elles ne correspondent plus aux besoins des hommes modernes. Nous avons pris l’exemple de l’Eglise mais dans l’ensemble des religions persistent encore des croyances anciennes et mythologiques.

L’effroi des musulmans de voir des juifs prier sur le Mont du temple peut suggérer que selon eux  qu’elles pourraient-elles le jugement de Dieu. Le vœu de reconstruire un temple à Jérusalem ne convient pas non plus à l’évolution bimillénaire du Judaïsme à moins que celui-ci ne soit construit qu’en tant que musée ou dans un musée et non pas comme un lieu de Culte.

Un temple comme lieu de culte donnerait au Judaïsme une structure similaire à celle des religions antiques loin d’un monothéisme rigoureux renforcé dans la diaspora. Dans le cadre du monothéisme un dieu  abstrait et intangible n’a pas de résidence où de lieu de prédilection.

Si Israël avait voulu retourné aux anciennes coutumes on aurait immédiatement créé une monarchie à l’image de celles des temps bibliques et non pas une démocratie. 

Le retour des Juifs en Israël est dû à un attachement historique et identitaire qui font de ce pays leur pays d’origine et au fait que l’Europe où ils vivaient en majorité les a chassés ou exterminés et non pas au fait que Dieu soit plus présent sur cette terre qu’ailleurs.

b- Religions et fascisme

Le divin a aussi servi à donner des règles morales à l’être humain tout en le maintenant sous contrôle. Toutefois les XXe et XXIe siècles ont montré l’inefficacité des Eglises en matière de morale.

Cette inefficacité a été illustrée par les deux conflits mondiaux, la Shoah et plus récemment le génocide au Rwanda avec une certaine bienveillance de l’Eglise ainsi que le montre le reclassement en Europe de certains prêtres du Rwanda favorables au génocide.

De plus l’inquisition, la tentative d’extermination des musulmans de l’ex-Yougoslavie et la surprenante tentative d’extermination des musulmans en Birmanie Bouddhiste montre de nombreux points communs entre fascisme et religions.

Le lien avec le fascisme est aussi illustrée par la présence du Grand Mufti de Jérusalem à Berlin pendant la guerre et par son soutien à l’extermination des juifs ; ainsi lors de sa présence à Berlin ont été créées les 13e et 23e divisions SS musulmanes. De même la Syrie et l’Egypte avaient recruté au lendemain de la guerre des conseillers militaires Nazis spécialistes de fait dans  l’anéantissement des juifs.

c- Les Eglises allemandes contre la dénazification au lendemain de la guerre

Dès 1945 les églises ont craint qu’une épuration dans les services publics soit favorable aux libéraux, sociaux-démocrates et communistes et leur ferait perdre leur forte assise chez les conservateurs.Cette opposition en particulier de l’Eglise évangélique s’explique aussi par la compromission  d’un grand nombre de pasteurs avec le nazisme.

d- Place raisonnable des religions

Débarrassées du divin les religions pourraient devenir des repères identitaires ou nationaux par les traditions, la culture et l’histoire. Ainsi les êtres humains pourraient garder leurs racines dans un univers tolérant; de plus le mélange croissant de personnes d’origines différentes va dans ce sens. Dans le domaine de la vie civile et de la justice force resterait aux Etats  qui devront choisir la démocratie laïque dans le cadre des Droits de l’Homme pour convenir à tout le monde.

e- Ecologie

Malgré la croissance globale de l’athéisme dans les pays développés avec des soubresauts en réactions au flux des réfugiés des pays pauvres, les conflits interreligieux apparaissent dans les pays les moins développés qui rassemblent une grande partie de la population mondiale.

Au cours de la seule année de 2017 la population mondiale s’est accrue de 82 millions de personnes (naissances moins décès) soit l’équivalent de la population de la Turquie ou de l’Iran. La population mondiale atteint 7, 6 milliards d’habitants ce qui constitue un dépassement des capacités de la planète si tout le monde avait un niveau de vie équivalent à celui des pays développés.  

L’accroissement démographique est individuellement une sorte de sécurité économique mais globalement mène vers une impasse et les religions incitent souvent les individus à se reproduire. 20 pays soit 10% des pays représentés à l’ONU représentent 70% de la population mondiale, 10 pays soit 5% des pays de l’ONU représentent 58% de la population mondiale et la Chine et l’inde représentent 37% de la population mondiale.

Pour éviter de faire face à la mort et éviter les conséquences de la décomposition des corps, les hommes ont le plus souvent enterré le corps des défunts et les religions ont en fait un véritable culte. La croissance démographique fait que le nombre des morts s’accumulant, les lieux funéraires prennent de la place et empiètent sur le domaine des vivants et la population des vivants dans certains pays s’est résignée à habiter dans les cimetières.

La mise en terre des corps toujours plus nombreuse (58 millions de décès au cours de la seule année 2017, soit presque toute la population de l’Italie) implique une extension des lieux funéraires et comporte un risque dans certains cas de pollution  des nappes phréatiques. La  crémation constituerait une meilleure option pour préserver la planète.

La planète doit être protégée des hommes et nous ne pouvons pas compter sur un père de substitution imaginaire comme le divin pour résoudre nos problèmes.