L’actualité de la délégitimation d’Israël bat, ces derniers jours, des records.

A l’UNESCO, où elle tient du quotidien, les votes se suivent et se ressemblent, les âneries succèdent aux absurdités, et la lâcheté des pays occidentaux n’a d’égale que celle d’un Vatican, qui n’est certes pas membre de l’organisation mais dont le silence sur ce qui a trait à l’origine du christianisme devient assourdissant.

Sans doute y prépare-t-on la désignation prochaine d’un pontife dénommé Ahmed ou Mahmoud.

Mais cela ne peut plus nous dégoûter, et encore moins nous étonner. Les pays occidentaux chrétiens ont depuis longtemps abdiqué jusqu’à leur propre identité, et les pays musulmans ont une majorité automatique dans ces pseudo-institutions.

Le dégoût vient d’ailleurs. De chez nous. D’ONG dont la perversion des valeurs devient abyssale. Et au premier rang, ex-aequo sans doute avec Chover Chtika (Briser le silence), B’Tselem. Pour ceux qui ne la connaissent pas, cette organisation se définit comme le centre israélien d’information sur les droits de l’Homme dans les Territoires occupés. Vous l’aviez bien sûr compris, il ne s’agit pas de défendre les droits de tous les hommes car dans le monde merveilleux de cette organisation, il n’y a que de pauvres Palestiniens et qui n’ont que des droits. Tous les autres ne sont que des sous-hommes qui n’ont qu’un devoir : libérer un territoire occupé.

Pour faire passer son message, ou plutôt sa propagande, l’organisation s’est exprimée par la bouche de son président, Hagaï El-Ad, devant une commission de l’ONU et si vous souhaitez vomir, il suffit de consulter le site de B’Tselem pour visionner la vidéo intégrale (btselem.org) de son intervention.

Après le premier réflexe nauséeux, vient le temps de l’incompréhension. Pourquoi tant de haine ? Pourquoi un parti-pris systématique ? Pourquoi tant de mensonges et de contre-vérités historiques ?

La haine c’est insulter le soldat Azaria en cours de procès, le traitant de soldat de bas niveau dans un procès-spectacle (la citation précise en anglais : « once a decade a low ranking soldier might be put on a show trial »), comme si celui-ci n’avait pas le droit fondamental à la justice, celui même que Hagaï exige pour ses protégés palestiniens.

Le parti-pris, c’est celui de la comptabilisation des maisons palestiniennes détruites et des restrictions sans en citer l’origine, la cause principale : les actes de terrorisme aveugle qui tuent presque quotidiennement.

Hagaï soutient donc que la vie d’un Israélien a bien moins de valeur que celle d’une maison palestinienne, et omet de préciser que la barrière de sécurité et les checks-points ont permis de réduire de plus de 90 % le nombre d’attentats.

Le mensonge c’est d’affirmer que la justice israélienne, avec tous ses représentants, depuis les avocats et jusqu’aux juges de la Cour Suprême, organise « l’injustice sauvage » (la citation précise en anglais « raw injustice »).

Hagaï oublie bien sûr l’indépendance de la justice israélienne et l’extrême sensibilité de la Cour Suprême aux droits des plaignants palestiniens qui ne se privent pas avec l’aide des avocats de B’tselem de la saisir et d’obtenir très fréquemment des décisions en leur faveur.

La contre-vérité historique consiste à qualifier à l’envie la présence israélienne en Cisjordanie d’occupation immorale. Hagaï n’ignore pas que la résolution de l’ONU fixant le partage de la Palestine mandataire en 1947 en deux foyers, juif et arabe, a été rejetée par les pays arabes et que le territoire attribué au foyer arabe a été occupé dès le 14 Mai 1948 par l’Egypte pour la bande de Gaza et par la Jordanie pour la Cisjordanie, qui sont par conséquent les seuls « occupants » selon la définition même de l’ONU.

Israël, ayant chassé en Juin 1967 la Jordanie, puissance occupante (rappelons que la Jordanie avait même annexé ce territoire) ne peut donc être qualifié d’occupant, au sens de la loi internationale, d’un territoire qui n’a jamais été attribué à une structure étatique du fait du refus arabe de la résolution de 1947.

La Jordanie a bien, des années plus tard, abandonné toute prétention sur ce territoire mais cela ne fait pas d’Israël, a posteriori une puissance occupante. D’autre part, l’ONU qui a conféré à la Palestine le statut d’état observateur, ne peux en fixer pour autant de frontières que cet Etat lui-même ne se fixe pas, et pour cause.

Enfin, les lignes d’armistice d’avant la Guerre des Six Jours de 67 ne constituent pas, en droit international, les frontières de l’Etat d’Israel, ce qui a déterminé le texte de la célèbre résolution 242 de novembre 67, exigeant le retrait DE territoires occupés par la guerre avec en principe corollaire indivisible la condition suivante :

Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces ou d’actes de violence

Cette résolution a été élaborée par le diplomate anglais Lord Caradon donc stipulant en anglais « withdrawal of Israël armed forces from territories occupied in the recent conflict « . Il s’est expliqué sur la justesse du texte anglais en affirmant que, et je cite :

Nous aurions pu dire : ‘Bon, vous revenez à la ligne de 1967’. Mais je connais la ligne de 1967, et elle est mauvaise. On ne peut pas faire pire pour des frontières internationales permanentes. C’est juste là où les troupes se sont arrêtées une certaine nuit de 1948, sans aucun lien avec les besoins de la situation. (…) Si nous avions dit de retourner à la ligne de 1967 — ce qui se serait produit si nous avions spécifié que le retrait devait avoir lieu de tous les territoires — nous aurions eu tort (…) le retrait doit se faire sur la base de — lisons les mots attentivement — frontières sécurisées et reconnues » (The Shape of Peace in the Middle East: Interview with Lord Caradon, Journal of Palestine Studies,1976)

C’est donc bien sur la base d’une résolution de l’ONU que la présence d’Israël dans ces territoires n’est ni illégale selon la loi internationale, ni immorale selon tous les standards de justice que prétend défendre Hagaï, et le paradoxe tient à ce que son discours haineux devant cette même organisation internationale.

Au-delà du droit de Hagaï de s’exprimer, et c’est bien ce qu’il ne se prive pas de faire, car ce droit lui est garanti par les lois fondamentales de l’Etat démocratique qu’il voue aux gémonies, il faudrait lui poser la question de savoir si les droits de l’Homme fondamentaux seraient garantis aux populations palestiniennes, qu’il défend, par un Etat Palestinien qu’il appelle de ses plus chers voeux et dont la préfiguration en est l’Autorité palestinienne.

Pourquoi en douter ? Parce que l’Autorité palestinienne en question n’en applique aucun d’entre eux.

Un droit de vote ? Le président Abbas se maintient au pouvoir alors que son mandat est achevé depuis une décennie et sans qu’aucune élection ne puisse depuis se tenir, sur ses ordres.

Un droit d’expression ? Les invités palestiniens de la Souccah d’Efrat qui ont accepté d’y souper et de partager un moment de fraternité avec leurs voisins « colonisateurs » ont été jetés en prison sur ordre d’Abbas. Les journalistes du journal « Al Qods » ont été menacés de mort pour avoir publié une interview du ministre de la Défense Avigdor Liberman

Un droit de travail ? Aucun, sauf celui d’être le fonctionnaire d’Abbas en échange de sa soumission à un état corrompu qui distribue les largesses de l’aide mondiale, plus de 2 milliards de dollars par an, aux membres de la famille régnante (le fils d’Abbas ne contrôle-il pas les concessions du tabac, de l’essence et des travaux public ?) et aux amis de celle-ci, la caste des dirigeants de l’OLP. Ne reste plus qu’à faire la queue aux check-points israéliens.

Un droit à l’éducation ? Bien sûr, celui qui enseigne aux enfants palestiniens à haïr les juifs, à les tuer, à apprendre le maniement des armes ou des explosifs pour finir en martyr.

Un droit à la liberté religieuse ? Evidemment, comme le dit l’UNESCO il n’y a qu’une religion à Jérusalem c’est l’islam et comme les Palestiniens y vivent depuis un million d’années, tout devient facile : on ne peut être que musulman. Et la population chrétienne de Bethléem et de Nazareth de fondre comme neige au soleil de Ramallah !

De la Knesset s’élèvent des voix qui demandent que la nationalité israélienne Hagaï lui soit retirée. Quoique ce retrait soit impossible car la Cour Suprême veille au droit fondamental à garantir la libre expression, cela n’est tout simplement pas du tout souhaitable.

Tous les Hagaï doivent pouvoir s’exprimer de façon qu’ils puissent être combattus par le débat d’idées et par des poursuites éventuelles devant les tribunaux, quand ils incitent à la violence ou font l’apologie du terrorisme, et pour des organisations comme la sienne par l’assèchement complet de ses sources de financement, qui permettent à B’Tselem d’acheter à tous les Palestiniens, qui manquent de tout, d’avoir au moins un caméscope pour filmer en permanence leurs geôliers. Pallywood pour tous !

Il est peut-être temps pour B’Tselem de se préoccuper des ombres plutôt que de rechercher à tout prix la lumière.