On peut, bien sûr, se demander quel est ce titre d’article farfelu et quel est le rapport entre les deux. Il y a un rapport très fort. La résolution 242 a été rédigée par l’ONU en 1967 en Anglais. Elle a ensuite été traduite en plusieurs langues (l’ONU en reconnaît 6).

Les traductions, notamment en français, sont différentes du texte original et prêtent à confusion sur la partie: « From territories (de territoires) », qui devient « des territoires » en français.

La version anglaise n’est pas une erreur de traduction. D’après l’ambassadeur des USA à l’ONU, le sous-secrétaire d’état américain de Lyndon Johnson, la formulation « From territories » était justifiée par le tracé de la ligne de cessez le feu de 1967, totalement impossible à défendre en cas de tracé d’une frontière sur cette ligne.

Par conséquent, Israël n’aurait jamais pu garantir la sécurité des ses citoyens si elle avait été forcée par un retour pur et dur aux frontières.

C’est pourtant ce que le monde dit libre s’évertue à faire en condamnant systématiquement Israël pour tout construction sur le territoire disputé. Actuellement, Israël a annexé jusqu’à 3 % de ce territoire qui a lui-même été occupé et annexé par la Jordanie en 1950 (Cisjordanie) sans qu’aucune revendication de personne ne soit faite.

On peut dans ce cas se demander d’une part quelle était le statut des habitants de la Cisjordanie pendant 20 ans. Avaient-ils un passeport ? une carte d’identité Jordanienne ? Etaient-ils déjà des réfugiés ?

Lors de l’annexion par la Jordanie, tous les résidents de Cisjordanie (dont on omet de dire que bon nombre d’entre eux ont été « importés » de Turquie et d’autres pays musulmans pour peupler cet espace relativement vide) ont reçu la nationalité Jordanienne.

Ils ont donc été Jordaniens pendant près de 20 ans, et cette opération a été totalement acceptée par l’ensemble des pays arabes. Lors de la guerre des Six Jours et après la victoire d’Israël, les résidents Jordaniens de Cisjordanie n’ont pas été rapatriés selon leur citoyenneté.

La Jordanie s’est retirée, elle a signé plus tard un accord de paix avec Israël, toujours sans revendication du territoire en question, mais ses concitoyens de l’autre coté du Jourdain ont été abandonnés sur place. Aujourd’hui ces mêmes ex-Jordaniens se déclarent Palestiniens et l’ensemble du monde demande justice pour que ces « réfugiés » palestiniens aient aussi un pays comme la résolution 181 le proposait.

De là, on peut déjà comprendre l’étendue du problème de la relation entre le monde et l’état d’Israël. L’état Arabe musulman indépendant du plan de partage de l’ONU a disparu des cartes et des soucis du monde occidental et bien sûr du monde Arabe avec l’occupation par la Jordanie en 1950.

Israël par contre, ne pourrait en aucun cas recevoir l’aval de quiconque en cas d’annexion même en offrant la nationalité Israélienne aux résidents de Judée-Samarie.

Quelle différence entre une occupation Jordanienne et une autre Israélienne sinon un problème de religion ? Quelle différence pour l’occident entre une population qui recevrait une citoyenneté X ou une citoyenneté Y, et cela dans de meilleures conditions économiques ? Je n’ose donner la réponse mais on peut l’imaginer.

Aujourd’hui, Israël envisage une loi dite « de régularisation » qui lui permettrait de définir des frontières plus défendables que la ligne de 1967. Pas forcément une annexion unilatérale des résidents de Judée-Samarie. Mais pour ce faire, il faudrait déplacer certains villages.

Ces habitants sont dédommagés. Ils ne sont pas spoliés comme l’ont été les Juifs des pays musulmans après la guerre de 1967 ; pour mémoire la Tunisie, la Libye, le Yémen, l’Egypte qui leur a donné 24h pour partir ou se convertir ou mourir, etc.

Mais semble t-il cela n’a choqué personne à l’ONU ni ailleurs dans le monde. Pour cela aussi, on peut se poser la question précédente.

Si dans tous les cas il est problématique d’expulser des gens de leur maison, il est toutefois courant dans tous les pays d’expulser des habitants, avec dédommagement, pour faire passer une route ou construire un nouveau complexe immobilier. A ce niveau, Israël peut effectuer ces modifications de terrain.

En s’appuyant sur la version originale de la résolution 242 de l’ONU, en garantissant un relogement ou une indemnité suffisante aux personnes expulsées, il est très difficile de juger cette résolution Israélienne sauf sur une base raciale ou ethnique. Israël a t-elle le droit de faire ce que tous les autres pays font ?

Et cela, sans se demander combien y a t-il de résolutions de l’ONU à l’encontre de la Turquie pour Chypre, de la Russie pour la Crimée, du Maroc pour le Sahel, de l’Angleterre pour les Malouines, et plein d’autres.