Avec l’attentat commis dans le village palestinien de Douma, près de Naplouse, les extrémistes juifs se revendiquant du mouvement “Tag mekhir”  (“Le prix à payer”) ont franchi un nouveau seuil dans l’horreur.

Cette fois-ci, ce n’est pas à une église (comme celle de Tabgha, haut lieu du christianisme construit en Galilée au bord du lac de Tibériade, sur le site où Jésus aurait procédé à la multiplication des pains, incendiée en juin) ou à une mosquée (comme celle du village d’Al-Mougheir, à proximité de la colonie de Shilo en Cisjordanie, incendiée en novembre dernier) mais à des maisons appartenant à des Palestiniens qu’ils ont mis le feu.

Dans l’une de ces maisons vivait la famille Dawabsha. Le bébé Ali, âgé d’un an et demi, a été brûlé vif dans l’incendie ; son frère Ahmed, âgé de quatre ans, et sa mère sont aujourd’hui entre la vie et la mort.

Les services de sécurité israéliens ont déclaré ne pas être étonnés par cette escalade des violences de la part des colons.

La semaine dernière, après la décision de la Cour suprême de détruire deux maisons construites en Cisjordanie  par des Israéliens sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens, des centaines de colons s’étaient attaqués aux forces de police israéliennes venues les déloger pour faire appliquer les décisions de la justice.

Pour calmer l’aile droite de son gouvernement – entraînée par sa nouvelle égérie, Ayelet Shaked, ministre de la justice du parti « La Maison Juive », Benjamin Netanyahu a déclaré donner son aval à la construction de 300 logements dans la colonie de Beit El.

Il est temps de mettre fin à l’impunité des colons. Nous espérons que les auteurs de ce dernier attentat, qualifiés par le Premier ministre lui-même de “terroristes”, seront vite arrêtés et condamnés lourdement pour ce meurtre.

Il est temps de cesser d’encourager la colonisation israélienne en Cisjordanie, qui est le ferment du pourrissement de la situation. Il est temps de mettre fin à cette spirale de la violence, où les extrémistes des deux bords se renforcent mutuellement, et de retourner à des véritables négociations pour mettre fin à l’occupation – et sauver Israël comme Etat démocratique avec une majorité juive.