Oui, je sais, il y a une faute d’orthographe dans le titre. Il s’agit en fait d’un clin d’oeil à une affaire criminelle des années 90 dans le Sud de la France où Omar le jardinier marocain d’une riche veuve fut accusé de son meurtre sur la base de l’inscription en lettres de sang supposée être écrite par la victime : « Omar m’a tuer », la faute d’orthographe constituant une énigme pour les enquêteurs, eu égard aux connaissances orthographiques de la victime.

Cette phrase m’est revenue en mémoire en fin de semaine dernière lorsque une caméra surprit Benjamin Netanyahou dire à un collaborateur au téléphone, depuis Varsovie, qu’il le « tuait » en lui apprenant que le vice-ministre de la Santé était interrogé longuement par la police pour son implication dans une sordide affaire impliquant une directrice d’école, membre de sa secte hassidique, la Hassidout de Gour, et pour laquelle il aurait organisé le rejet de son extradition vers l’Australie, où elle est recherchée pour des faits de pédophilie, grâce à des certificats médicaux de complaisance.

Et cela, tout en sachant que cette même femme avait aussi commis, il y a vingt ans, les mêmes actes dans une école de Bnei Brak et que pour échapper à la police, elle fut exfiltrée en Australie par la Hassidout de Gour, ne revenant au pays que pour éviter la prison australienne et après prescription de ses crimes israéliens

J’ai déjà eu l’occasion dans un blog précédent d’évoquer les sentiments que m’inspiraient la nomination de M. Litzmann à la tête d’un ministère si important, mais là ma colère est aujourd’hui submergée par le dégout.

Pour rappel, Yaakov Litzmann ne prend aucune décision sans en référer au Rabbi de Gour. C’est donc bien toute cette Hassidout qui est impliquée dans ce scandale. Et cette Hassidout est l’un des piliers de la coalition que notre Premier ministre espère bâtir à l’issue des prochaines élections. D’où sa reaction polonaise…

Résumons la carrière de notre Vice-Ministre de la Santé préféré, tout en remerciant la langue française pour le double sens, bien à propos ici, du mot « vice ».

Assistance au lobby du tabac pour retarder toute mesure coercitive en échange de pots-de-vin (soutien financier aux publications de la Hassidout). Absence de planification de l’augmentation du nombre de lits hospitaliers et des capacités d’accueil des services d’urgences (au début février 2019 le taux d’occupation des lits est de 150 % et il faut 10 heures d’attente en moyenne aux urgences pour une prise en charge). Assistance à la désertion des étudiants de yeshiva par le chantage politique continu de quitter la coalition gouvernementale

Et maintenant, en plus, assistance aux crimes de pédophilie, car il ne s’agit pas de la première fois que notre cher Vice-ministre s’intéresse à ce sujet. Quelques mois auparavant on l’a vu soutenir un autre délinquant sexuel : le pseudo-rav Berland.

Convaincu de pédophilie, et en fuite de nombreuses années à l’étranger, Berland a fini par être condamné à 16 mois de prison mais n’en a fait que 5 du fait de sa santé « chancelante », grâce peut-être à un « certificat Litzmann » (pour le coup je me permets de verser dans le Lachon Hara [langage du mal]). Dés sa sortie de prison, et avec une santé retrouvée, un vrai miracle ! Notre prédateur sexuel est retourné extorquer de l’argent à des simples d’esprit, et il s’en est vanté publiquement,   prétendant pouvoir ramener à la vie des personnes décédées.

Cette nouvelle histoire d’assistance à des monstres délinquants sexuels ne doit pas nous étonner. Le monde ultra-orthodoxe n’est plus à un paradoxe près. Et semble avoir oublié de très longue date les préceptes moraux de la Torah.

En témoigne la détestation que leurs chefs se portent entre eux pour peu qu’ils représentent des courants différents : les Hassidim contre Lituaniens, les Séfarades du Shass, contre les Bretslev. Ou entre yeshivot ou même au sein d’un courant entre les héritiers de sang du Maitre défunt et ceux qui se réclament de sa proximité spirituelle. C’est ce que la Torah appelle l’amour du prochain !

En témoignent aussi les magouilles financières des grands rabbins, Pinto et Amar en tête, qui entrent en prison sous les acclamations de leurs élèves, comme s’il s’agissait d’un titre de gloire. Ou la bienveillance de certains rabbins pour ces grands délinquants qui se découvrent en prison une conscience religieuse pour peu que leurs nouveaux Maitres acceptent les dons d’argent de la drogue ou du crime organisé. Ce que la Torah appelle, sans doute, ne pas voler ou recéler ou recevoir des pots-de-vin !

En témoignent enfin, ces gamins de yeshivot envoutés par les autorisations des Maitres à commettre des crimes de vengeance, et qui finissent par  sombrer physiquement et spirituellement. Ce que la Torah appelle, certainement, ne pas tuer !

Décidément, tous les « Litzman » doivent retourner à leurs chères études et croupir en prison pour payer leurs crimes. Et finir par se repentir en faisant une véritable Téchouva [retour au judaïsme], avant que de se présenter, un jour, devant leur Créateur.

Et surtout avant qu’ils ne finissent par nous « TUER » tous… moralement.