Les attentats de Paris commandités et perpétrés par l’Etat islamique le 13 novembre dernier ont fait 132 morts et 351 blessés.

C’est la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale que la France subit un attentat de cette ampleur. Même aux pires heures de la guerre d’Algérie, lorsque le FLN et l’OAS frappaient la métropole, jamais la France n’avait autant souffert ni eu si peur.

Quinze jours après les attentats, les médias français restent concentrés sur les suites du carnage, l’enquête, les causes, les conséquences sur les libertés individuelles, les répercussions internationales, les alliances à venir…

En revanche, ce que ni les médias ni les français ne semblent avoir relevé, c’est la stupéfiante ressemblance entre ces attentats et ceux qu’Israël subit depuis plusieurs décennies.

On aurait pu s’attendre après ces massacres à ce que les français comprennent un peu plus ou un peu mieux que face au terrorisme, les populations civiles partagent un destin tragique qu’elles soient à Paris ou Jérusalem.

Peine perdue.

Le sentiment anti-israélien, corollaire d’un pro-palestinisme obsessionnel en France depuis la Guerre des Six Jours, empêche encore aujourd’hui la majorité des commentateurs et plus généralement la majorité des français de prendre conscience que leur situation se rapproche dangereusement de celles des Israéliens.

Un des rescapés du massacre du Bataclan déclarait quelques jours après les attentats qu’il comprenait parfaitement qu’un palestinien se fasse exploser en Israël mais qu’à Paris, c’était différent.

Ce raisonnement imbécile, et insultant pour les victimes du terrorisme palestinien, se superpose aux analyses consternantes du président sud-africain Zuma ou de la ministre des Affaires Etrangères suédoise Wallström établissant un lien entre le terrorisme mondial et le conflit israélo-palestinien.

Les milliers de victimes yézidies, chrétiennes, chiites, y compris des centaines de palestiniens (du camp de Yarmouk) en Syrie mais aussi au Nigéria, au Kenya ou au Mali seront contentes d’apprendre qu’elles ont été violées, assassinées, égorgées, décapitées et mises en esclavage en raison du conflit israélo-palestinien.

Il n’est décidément pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Combien d’attentats faudra-t-il encore, combien de morts avant que l’on comprenne que les terroristes palestiniens ont les mêmes objectifs, partagent la même idéologie, utilisent les mêmes modes opératoires que ceux qui ont frappé à Paris mais aussi à Madrid, Londres, Bombay, Nairobi ?

Ce sont les mêmes qui ont célébré ces attentats dans les camps de réfugiés palestiniens. Ce sont les mêmes qui, à travers un double discours connus de tous mais dénoncé par si peu, promeuvent en langue arabe la même haine que l’EI contre les juifs, bien sûr, mais aussi contre les « Croisés », les mécréants, les infidèles.

Ce sont les mêmes qui appellent tous les musulmans où qu’ils se trouvent à faire le jihad avec des couteaux, des voitures, des pierres.

Comparaison n’est pas raison, mais tout de même, il y a des coïncidences qui, à force, n’en sont plus.

En décembre 2014 à Joué-les-Tours, à Dijon, à Nantes, au Mans, les attaques à la voiture bélier et au couteau se sont succédées au cri de « Allahou Akbar ». En juin 2015 à Saint-Quentin-Fallavier, Yassin Salhi a foncé avec sa voiture dans un entrepôt de bouteilles de gaz après avoir décapité son employeur et photographié sa tête entre deux drapeaux de l’EI. En octobre et novembre 2015 à Marseille, des attaques au couteau ont visé des juifs devant des synagogues ou des écoles juives. Pour l’une d’elles, les assaillants ont montré une photo de Mohammed Merah à la victime avant de la poignarder.

Les autorités expliquent qu’il s’agit de déséquilibrés ou de règlements de compte. Les médias répercutent puis se taisent. De honte.

De l’autre côté de la méditerranée, à Jérusalem ou en Judée-Samarie, ce sont les mêmes attaques à la voiture bélier, à l’arme automatique et au couteau que subissent les Israéliens sur le bord de la route, dans les bus, dans la rue (une cinquantaine d’attaques depuis le 14 septembre 2015).

Mais surtout pas d’amalgame. Pas d’amalgame entre la France et Israël. Cela fait pourtant bien longtemps que le conflit israélo-palestinien a cessé d’être un conflit territorial (mais ne l’a-t-il jamais été) pour devenir un conflit religieux.

Lorsque Mahmoud Abbas déclare que les Juifs souillent le Mont du Temple de leurs pieds sales et que « Chaque goutte de sang qui a été répandu à Jérusalem est pure. Chaque shahid (martyr) sera dans le ciel et chaque personne blessée sera récompensée, par la volonté d’Allah», son discours est religieux.

Lorsqu’il refuse l’offre du Premier ministre Ehud Olmert en 2008 (un Etat palestinien sur l’ensemble de Gaza, la quasi-totalité de la Judée-Samarie et certaines parties d’Israël, un tunnel devant relier la Judée-Samarie à Gaza, Jérusalem-Est comme capitale et le retour de 5.000 réfugiés), Mahmoud Abbas prouve – comme Arafat avant lui – que la paix avec Israël ne l’intéresse pas.

Mahmoud Abbas (Fatah), le Hamas, le Jihad Islamique – pour ne citer qu’eux – tiennent et appliquent le même discours que l’EI, c’est-à-dire celui de Sayyed Qutb, théoricien des Frères Musulmans.

Qu’on ne s’y trompe pas. L’islamisme radical, quelque soit la couleur de son étendard, promeut une idéologie universaliste et totalitaire cherchant à imposer la charia sur la terre entière.

Comprendre ce postulat et en tirer les conséquences est une étape indispensable dans la guerre contre le terrorisme. Car si elle se gagne sur le terrain, elle se gagne aussi et surtout dans les têtes.

Depuis 20 ans, nous avons laissé faire les salafistes dans les cités. Nous payons cher aujourd’hui la paix sociale. Il nous faut à présent reconquérir nos territoires perdus. Cela passera par l’école de la République, par des cours d’éducation civique, par une formation en France des imams et des offices religieux en français dans les mosquées, par la reprise des cités des mains des salafistes. Et non par les fadaises du vivre-ensemble quand ils sont si nombreux à ne pas vouloir vivre avec nous.