En scrutant l’exemple de la Catalogne qui défraie la chronique à la suite d’un incroyable malentendu, je me suis interrogé sur certaines prières cultuelles qui implorent Dieu de donner aux hommes que nous sommes des dirigeants vertueux, lucides et éclairés.

Trois qualités fondamentales dont l’actuel président catalan semble cruellement dépourvu. On s’étonnera peut-être de la rudesse du propos, mais ce n’est rien, eu égard à la crise que cet homme et ses compagnons ont provoqué au sein de l’Europe. Et tout d’abord, interrogeons nous sur le sens du mot indépendance : qu’implique-t-il ?

Qu’entend-il et que sous-entend-il ? On a l’impression que le gouvernement central du royaume occupe, tourmente, spolie, exploite une région qui est dans le malheur, qui ne jouit d’aucune liberté, etc… alors que cette région jouit de considérables marges d’autonomie, que le gouvernement ne l’opprime pas et qu’au fond, la question est une non-question.

Que pourrait obtenir la catalogne si elle venait à rompre avec Madrid (ce qui n’arrivera pas, tous le savent bien), que pourrait-elle obtenir qu’elle n’ait déjà ? Bien au contraire, si le cordon ombilical avec l’Espagne était rompu, ce serait la ruine, le désastre !

Voici une poignée de dirigeants qui précipitent leur région et ses habitants (parmi les plus éduqués et les plus cultivés d’Europe, j’ai pu m’en rendre compte en faisant une conférence en français à Barcelone en 1992 pour le 500ème anniversaire de l’expulsion des juifs d’Espagne) dans l’inconnu.

Ils n’ont même pas calculé que leur sortie du royaume entraînerait eo ipso leur expulsion de l’Euro, de l’Union Européenne et du grand marché.

En clair, la rupture avec Madrid priverait les Catalans de la monnaie nécessaire pour acheter leur baguette de pain (je ne sais pas comment se dit croissant au beurre en catalan) !

Ces mêmes dirigeants ne rappellent pas que leur région est l’une des plus endettées d’Espagne et d’Europe. Vers qui se tourneraient ils alors ?

En fait, ils seront l’Albanie de l’Europe, et ce du temps d’Enver Hodja… Ils n’ont même pas pris l’avis de Bruxelles pour être fixés sur la viabilité de leur projet. Mais au fond que cherchent-ils ? Je me refuse à croire qu’ils appréhendaient le sujet de l’indépendance avec sérieux.

Ils n’ont même pas prévu que les grandes banques, les grandes sociétés, les grands groupes quitteraient Barcelone du jour au lendemain. Et d’ailleurs, le mouvement est déjà lancé… Alors que faut-il faire ?

Madrid a commencé par être assommée par une telle démarche, elle a mis du temps à réagir mais elle s’est finalement ressaisie. La manifestation des anti indépendantistes a été massive, les gens se sont mis à parler. Aucun n’a prôné la violence, aucun n’a recommandé la sécession.

Mais les choses ne seront plus comme avant. L’actuel Premier ministre espagnol doit réagir fortement. Il doit prendre en main l’administration directe de cette région et doit aussi demander des comptes à ceux qui ont provoqué cette crise.

Si, par malheur, l’actuel président catalan proclamait l’indépendance ce soir, même du bout des lèvres, il devrait en répondre devant les tribunaux.

De même, on ne comprend pas que les chefs de la police catalane soient ressortis libres du tribunal où ils furent cités à comparaitre. L’été de droit n’est pas un moulin où l’on entre et d’où l’on sort comme on veut. Le préjudice causé au renom et à la beauté de la Catalogne n’est pas négligeable.

Cela va laisser des traces. Les gens vont avoir peur pour leurs économies, leur pouvoir d’achat et leur avenir. Avec un parti indépendantiste comme celui-ci, la moindre concession serait considérée comme un aveu de faiblesse.

Tous les gouvernements de la zone ont prévenu : jamais ils ne reconnaîtront cette indépendance, il faudrait être fou pour croire qu’on a raison contre tous.

Que feraient les épargnants pour sauvegarder leurs économies ? En quelle monnaie pourraient ils les convertir ? Quelle serait la place d’une telle économie dans le système monétaire international ou simplement européen ? On le constate aisément, ces Messieurs n’ont rien prévu.

Il faut voir loin et prévoir ce qui peut se produire dans l’avenir : si on ne remet pas ces dirigeants catalans à leur place, ils pourraient donner des idées à d’autres, un peu partout en Europe et dans le monde.

Oui, il faut vraiment prier la Providence divine afin qu’elle confie à d’humaines mains, un peu plus expertes qu’à Barcelone, la direction des affaires sociales et politiques.

Tout ce que les Catalans peuvent obtenir, c’est un peu plus d’autonomie fiscale et financière. Et rien d’autre.
L’Espagne est une monarchie constitutionnelle…