« Au sein de mes activités et celles de directrice du TECHNION France, l’intelligence émotionnelle est primordiale. Réunir la France et Israël, 2 écosystèmes, 2 cultures, tous deux aux bords de la méditerranée par le facteur humain, qui est un enjeu majeur car celui-ci est basé sur la confiance et l’éthique.

L’aspect « relation interhumain » est une force d’inspiration, dont l’empathie et la bienveillance sont les clefs pour créer des partenariats stratégiques dans deux écosystèmes différents et pourtant ont tout à faire ensemble. »

 “Tout est facile dans la vie, il suffit d’être logique et de contrôler ses émotions ” , cette citation de Madeleine Ferron dans chemin des dames, esquisse la place de l’émotion en entreprise.

L’émotion décrite par les psychologues comme « cette réaction psychologique et physique face à une situation » a longtemps été considérée comme une faiblesse, un manque de professionnalisme, rendant parfois difficile l’interaction en milieu professionnel.

Du latin « ex movere » signifiant « bouger en dehors ». L’émotion est une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est une réponse à la confrontation d’une situation et à l’interprétation de la réalité.

René Descartes en identifie, dans les passions de l’âme, six émotions: « l’admiration, l’amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse » et toutes les autres en sont composées de quelques unes de ces six ou bien en sont des esquisses.

Qu’est-ce que l’Intelligence Emotionnelle ?

Le terme d’intelligence Emotionnelle (IE) a été créé en 1990 par les psychologues Salovey et Mayer. Ils le définissent comme « une forme d’intelligence qui suppose la capacité à contrôler ses sentiments et émotions ainsi que ceux des autres, à faire la distinction entre eux et à utiliser cette information pour orienter ses pensées à ses gestes. »

L’idée sous-jacente est que si les émotions sont prises en compte au sein de l’entreprise, le monde deviendrait plus coopératif et attentif à l’humain – (Human to Human).

Les travaux de Charles Darwin ont mis en lumière le fait que l’émotion est vitale et qu’elle donne des informations précieuses sur les relations humaines. Cela à poussé, au cours des siècles, à mesurer, évaluer, chiffrer l’intelligence tout en la mettant en opposition à l’émotion.

Dans les années 70, afin d’infirmer ou confirmer un profil d’un candidat, il a été développé le Quotient Intellectuel (QI). Puis, dans les années 90, les tests dérivés de Binet en passant plus récemment par le WAIS-IV pour évaluer le niveau d’intelligence des futurs collaborateurs.

Ensuite, leurs ont succédés les tests de personnalité type SOSIE ou PAPI qui donnent plus d’humanité au recrutement. Obsolète, ces « examens » ont laissé place au Quotient Emotionnel.

Cette notion a été utilisé pour la première fois il y a une vingtaine d’années par Reuven Bar-On. Puis, Daniel Goleman (psychologue américain et journaliste au NY Times) écrit Emotional Intelligence (1995) où il traite de l’importance de développer « sa capacité à mettre en mots ses émotions. »

Être à l’écoute de ses émotions permet d’influencer le rapport aux émotions et à ceux des autres.

Rester à l’écoute et être ouvert aux idées différentes. D’avoir la capacité de revoir ses positions, de se remettre en cause à tout moment… l’émotion va donner la possibilité d’impacter la performance individuelle et collective.

Le Manager va prendre en compte la dimension émotionnelle de chacun et de son équipe. En accompagnant son équipe dans le changement et parfois la réorganisation. Pour cela le manager doit développer son authenticité et la justesse auprès des équipes.

A l’heure actuelle, où la technologie est accessible à tous et de plus en plus fiable, les enjeux de différenciation se recentrent de plus en plus sur l’humain, sur la réussite des femmes et des hommes, leur créativité, leur développement, leur engagement et surtout leur motivation à réussir.

Comme le dit si bien, Arnaud Desjardins, “Si vous voulez être libre de vos émotions il faut avoir la connaissance réelle, immédiate de vos émotions.” L’Intelligence Emotionnelle intègre en son sein plusieurs composantes :

La conscience de soi : C’est la capacité de prendre conscience de nos états intérieurs, préférences, ressources et intuitions. En reconnaissant nos ressentis et leurs effets, on apprend à reconnaître nos forces et limites, ce qui nourrit la confiance en soi.

La maîtrise de soi : C’est la capacité de gouverner nos émotions et pulsions et de les adapter aux différentes situations; ce qui inclut parfois la capacité de retarder la satisfaction d’une pulsion afin de miser sur un accomplissement beaucoup plus grand. C’est aussi la capacité de se montrer fiable et honnête ; s’acquitter de son travail de façon responsable ; faire preuve de souplesse devant les changements et être à l’aise avec les approches, les idées et les informations nouvelles ou différente.

La motivation : Regroupe les compétences émotionnelles permettant d’atteindre nos buts, notamment l’effort, l’engagement face à soi-même, face à son travail, face aux objectifs d’un groupe, d’une entreprise. C’est aussi la capacité à faire preuve d’initiative, c’est-à-dire être prêt à saisir les opportunités ; ou encore l’aptitude à l’optimisme, comme le fait de poursuivre ses objectifs avec ténacité, malgré les obstacles et les revers. Les compétences associées à la motivation sont nécessaires à quiconque aspire à développer un projet d’affaires et lancer une entreprise.

L’empathie : c’est la capacité de capter les sentiments et les points de vue des autres et éprouver un intérêt réel pour leurs préoccupations. La passion du service, c’est-à-dire, anticiper, reconnaître et satisfaire les besoins des clients. La relation d’aide, c’est-à-dire, identifier les besoins et les limites d’autrui et stimuler leurs capacités. Le sens politique, c’est-à-dire la capacité à déchiffrer les enjeux des groupes et ses relations de pouvoir. Les personnes empathiques sont plus réceptives aux signaux subtils liés aux besoins et désirs d’autrui. Ces personnes sont douées pour l’enseignement, la vente, la gestion et les autres métiers où l’intérêt pour autrui est primordial.

La maîtrise des relations humaines : Réunit les compétences visant à persuader ; envoyer des messages clairs et convaincants ; inspirer et guider des groupes, des personnes ; initier ou gérer des changements ; négocier et résoudre des conflits ; cultiver des relations ; travailler avec les autres à des objectifs communs et mobiliser une équipe. Les personnes qui savent se rendre populaires aiment diriger efficacement leurs relations. Elles réussissent dans toute entreprise fondée sur des rapports constructifs.

L’IE repose sur le principe de la gestion des émotions, une fois que l’on a compris ses émotions il va falloir les utiliser. L’intelligence émotionnelle est un art d’être.

Comme tous les arts, celui-là est très précieux, non seulement pour la qualité de la vie professionnelle, mais aussi pour le développement d’une société responsable et fondamentalement plus humaine. Réunir les compétences visant à persuader ; envoyer des messages clairs et convaincants ; inspirer et guider des groupes, des personnes…)

Pour de nombreuse personne interrogés l’IE compte 70% dans le succès des décideurs. Les personnes qui savent se rendre populaires aiment diriger efficacement leurs relations. Elles réussissent dans toute entreprise fondée sur des rapports constructifs.

Dans nos modes de vie moderne où les frontière entre pro et perso sont de moins en moins visibles, l’intelligence émotionnelle devient une part importante.

Pour Frédéric Fougerat, « L’intelligence émotionnelle est peut-être le rempart à une forme de folie que certains voient venir et que seul l’humain pourrait modérer par son humanité. »