Les tribunaux israéliens, ces deux dernières décennies, ont vu défiler sur leurs bancs tout le nec plus ultra de l’arène politique; de très hauts fonctionnaires de l’état aussi et la crème costumée de l’activité économique du pays.

L’armée est à peine en reste avec un chef d’état major qui se moque du monde en liquidant ses actions boursières à la veille d’une guerre, un autre qui trempe dans des affaires de lettres falsifiées et un prétendant à la couronne de soldat numéro un qui empiète sur du terrain public pour se dessiner un petit Versailles.

Quant aux rabbins, faut-il vraiment commencer à lister …
Des affaires sordides, qui mériteraient largement un post coup de gueule, pour expliquer à tout ce beau monde que leurs actes n’engagent pas qu’eux.

Ils jettent l’opprobre sur tout le pays. Ils corrompent notre jeunesse aussi, en fixant des normes condamnables dans toutes les strates médiatiquement  surexposées de l’activité de la nation. Mais moi, voyez vous, ce que je trouve remarquable, c’est cette espèce d’étonnement récurrent au moment où ils se font prendre; avec tous ces mensonges infantiles; ces pléthores de flagrantes contradictions; cette manie systématique de dénoncer ses complices tout en niant toute responsabilité directe.

« Je n’ai rien fait »; « il y a erreur sur toute la ligne »; » le juge spécule dangereusement »; « on m’en veut parce que je suis séfarade; « les arguments de l’accusation sont ridicules et infondés »…

Impossible de trouver un bonhomme assez courageux pour regarder la nation droit dans les yeux et avouer ses crimes. Oui, j’ai fauté. Oui, tout est exact et je suis désolé. Oui, je demande pardon. Pardon si j’ai fait du mal à quiconque, directement ou de façon détournée.

Un homme peut tomber. Un personnage important aussi. Mais sa façon d’assumer sa faute est primordiale. Vitale pour la société. Cruciale pour les générations à venir. Pour nous permettre aussi de mieux communier avec l’humanité du fautif. Pour nous rendre aptes à mieux entendre ses explications.

Mais la puérilité de l’ensemble de ces transgresseurs est affolante.
A mi-chemin entre le western spaghetti et l’opéra savon, cette façon de se vautrer vulgairement dans les dénégations fait pitié.
Nous voulons de vrais leaders. Pas d’irréprochables colombes.
Pas des saints. Mais des adultes, conscients et responsables.