Dimanche 17 janvier le prix Léon Blum sera décerné à Hassen Chalghoumi, l’imam de Drancy par la mairie de Grenoble et le CRIF.

En ce jour où la violence est devenue monnaie courante, violence physique ou morale, certains extrémistes ne se gênent pas pour critiquer le choix du lauréat de ce prix.

Hassen Chalghoumi, beaucoup de gens savent qui il est mais peu le connaissent.

J’ai la chance de travailler avec lui depuis un certain nombre d’années sur le rapprochement inter-religieux et inter-pays. Nous avons énormément voyagé ensemble en France et à l’étranger et j’ai toujours été impressionné par sa volonté de promouvoir le dialogue.

Comme beaucoup de faiseurs de paix, l’imam Chalghoumi est menacé de mort. Il suffit de voir le nombre de policiers qui l’entourent 24h/24. Pourquoi l’imam de Drancy, qui est aussi président de la Conférence des imams de France, président de l’UPP (Union des Peuples pour la Paix), est-il si menacé ? La réponse est simple : il contredit tous les arguments des extrémistes.

Ainsi je voudrais partager quelques extraits de son dernier livre : « Cent idées reçues sur l’Islam ».

Au sujet du combat dans la religion musulmane, l’imam écrit : « Le seul combat que le musulman sincère mène, c’est contre lui-même pour s’améliorer. »

Sur le problème des nouveaux convertis à l’Islam, il déclare que « De nos jours, les convertis font beaucoup parler d’eux dans la presse car on les présente comme étant les plus susceptibles de partir faire le djihad dans les pays de l’Orient. C’est une contradiction fondamentale car le nouveau converti devrait respecter la vie et insister sur le devoir de bon comportement, et sur le fait que donner la mort à autrui est une aberration contraire à l’islam. »

Nous avons tous entendu l’imam Chalghoumi défendre le projet de former des imams en France.

Pour lui : « le fait qu’on continue de laisser des imams venir d’autres pays favorise l’ingérence étrangère et l’incompréhension entre ces imams et nos jeunes. »

Je vous conseille fortement de lire ce livre qui, j’en suis sûr, vous donnera une autre image de l’islam que celle véhiculée par les médias.

Mais revenons au prix Léon Blum, prix qui récompense une personnalité qui s’est distinguée par son engagement pour la préservation de la mémoire de la Shoah, la défense des droits de l’homme et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Lundi dernier, les membres de l’association Isère – Palestine écrivaient au maire, Éric Piolle, pour l’interroger sur sa présence au côté du Crif – « qui relaie la politique raciste et coloniale d’Israël » – mais aussi pour critiquer Hassen Chalghoumi qui, toujours selon eux, « a un discours qui criminalise l’islam et les musulmans, en les montrant comme d’essence antisémites ».

Il y a quelques jours Mohamed Laakri, président du Conseil des Imams de l’Isère (CII), a en effet pris sa plume pour s’adresser au maire de Grenoble Éric Piolle. : « Le CII s’interroge sur la présence du maire de Grenoble pour la remise du prix à M. Chalghoumi. En effet, lorsque la dignité d’un peuple est bafouée depuis plusieurs décennies, lorsque la colonisation continue de se poursuivre, malgré les lois internationales, lorsque le blocus de toute une population continue depuis maintenant plus de huit ans, et que M. Chalghoumi soutient ouvertement cette politique, il est difficile de comprendre que le maire de Grenoble lui remette un prix qui récompense la défense des droits de l’homme. »

Je suis sûr que vous allez être offusqués des propos cités ci-dessus mais malheureusement, Hassen Chalghoumi n’a pas toujours le soutien qu’il devrait avoir. Je me souviens encore d’un procès où peu de personnes étaient présentes pour le défendre. Certaines nous ont dit qu’elles avaient peur pour leur famille. Cet argument nous a fait sourire car l’imam Chalghoumi comme moi-même avons aussi une famille.

Nous devons tous soutenir les actions de l’imam Chalghoumi afin qu’un islam modéré soit majoritaire en France et comme l’écrit mon ami Hassen « Tout ce qui peut conduire à la faute et au péché constitue les limites de la religion ».

Eric Gozlan