Je me promenais doucement à l’aube, au bord d’un ruisseau et je me demande ou bien je m’interrogeais sur ce qui se passe en Europe en ce moment.

Comment expliquer une telle cécité ? Ne même pas vouloir savoir.

Tout cela doit avoir des répercussions considérables sur la vie quotidienne. Comment ne pas ressentir cet affolement pour les multiples signes qui se manifestent en Europe « pré-électorale ».

Le point critique d’un pivot irréparable envers une lacune des devoirs et des droits de chaque citoyen s’identifie sur le plan régional et communautaire.

Qu’est-ce qui « dépayse » de plus en plus l’Autre ?

Une saga de Barbarie ou bien la rédemption inspiratrice des partis populistes.

En me promenant je passe en silence devant un cimetière juif géré par les villageois habitant les alentours. Les villageois ne savent rien du tout de l’histoire de ce cimetière, ni sur l’histoire des Juifs.

Pas loin d’ici se trouve un petit village allemand où la haine était l’une des plus virulentes vis-à-vis des Juifs.

La synagogue a été démolie avec une vigueur extrême – celle de la folie antisémite.

A ce moment j’ai plutôt envie de me promener dans la rue Ben Yehuda a Jérusalem, où je me sens tout à fait à l’aise. J’ai rêvé que j’y lisais, assis. Cette rue « parle » et me rappelle celle de mon enfance passée à Amsterdam, – remplie de petits magasins dont les rayons étaient archipleins.

Cette rue était d’abord surtout remplie de vie.

Les faits divers d’un journal régional me bouleversent : une école secondaire.où des élèves ont écrit un papier sur l’Histoire relative aux camps de travail destinés aux chômeurs.

Les autorités néerlandaises ont fait une distinction entre des Juifs et les non-Juifs. J’ai tenté de leur faire comprendre la stupidité cruelle de cette séparation, de cette ségrégation que les autorités de l’époque avaient déjà mis en oeuvre au moment de la Seconde guerre mondiale.

Mais en vain, ils n’ont pas daigné répondre à mes lettres.

Après avoir lu cet article dans la presse régionale, j’avais plutôt envie de rire face à une telle perception ignorante.

Je poursuis plutôt ma promenade en silence et toujours avec le sentiment de l’absence, celui d’un vide incompréhensible.