Au Liban, après neuf mois de vide institutionnel, le président de la République libanaise (Michel Aoun maronite allié de l’Iran) vient de procéder à la nomination du président du Conseil (Saad Hariri) sunnite hostile à l’Iran et du gouvernement.

Afin d’obtenir la confiance du Parlement, le cabinet y présente la déclaration gouvernementale. Il contient notamment «le droit des Libanais à lutter contre l’occupation israélienne». Les partis des Forces libanaises (chrétiens à majorité maronite et anti-syriens) souhaitaient vainement ajouter «dans le cadre des institutions libanaises» ce qui interdisait l’usage des armes.

Le gouvernement réaffirme son attachement à la résolution 1701 des Nations-Unies (cessez le feu avec Israël-2006), au Tribunal spécial pour le Liban chargé de juger les assassins du président du Conseil Rafic Hariri), à la «distanciation» par rapport aux dispositions du Hezbollah (milice armée et financée par l’Iran, membre du Parlement et du Gouvernement) et dont le chef Nasrallah vient d’assurer l’Iran de la solidarité armée du Liban. Nul doute que la réaction parlementaire suivra les instructions du Hezbollah.

A l’exception des Kataeb (Phalanges) le nouveau gouvernement libanais est composé de l’ensemble des forces politiques représentées au Parlement. Plus que jamais, le poids de l’Iran au Liban est assuré par le chef de l’Etat, les ministres, les députés affiliés ou baillons par le Hezbollah.

Le Hezbollah étouffe toute tentative parlementaire et gouvernementale de s’éloigner de lui. Par les armes et la finance en provenance de Téhéran, la milice chiite maîtrise le Sud Liban, le gouvernement, la présidence de la République. Quant au chef du gouvernement (Saad Hariri) il gouverne avec le Hezbollah qui est soupçonné d’avoir assassiné son père.

Plus que jamais, les Libanais réalisent l’erreur commise en 1948 d’avoir violé la résolution créant Israël et Palestine, envahit un temps Israël en 1948, et de s’être allié avec des Etats dictatoriaux qui depuis lors ne cessent de dépecer et d’influencer le Liban dans le cadre de la guerre et de la violence.