La Confédération des Juifs de France et Amis d’Israël, horrifiée et scandalisée, condamne avec la plus grande fermeté les actes abominables commis ces derniers jours en Israël.

Cette semaine tragique a vu la concomitance de deux évènements sans le moindre rapport entre eux : l’attaque contre la « Gay Pride » de Jérusalem par un ultra-orthodoxe récidiviste et celle du lancé d’un cocktail Molotov contre une famille palestinienne en Samarie, a priori par des membres du groupe « Tag Makhir » (Prix à Payer). Chacune de ces attaques horribles a entrainé la mort d’au moins une jeune personne.

Dans le premier cas, l’assassin, Shlissel, membre d’une secte hassidique anti-sioniste extrémiste, avait déjà attaqué au couteau la Gay Pride en 2005 et a récidivé, aussitôt sorti de prison, par cet acte barbare envers une jeune fille de 16 ans, Shira Baki, sauvagement poignardée et assassinée pour le seul fait d’être venue manifester à la Gay Pride.

Cependant, cet homme n’est représentatif ni du gouvernement israélien, ni de la société israélienne, ni encore moins de la majorité des religieux en Israël qui sont, pour leur très large majorité, de fervents sionistes.

Il n’est donc qu’un épiphénomène dans la société israélienne et représente certainement un être idéologiquement malade comme peuvent en générer toutes les sociétés, et qui, paradoxalement, sont très peu nombreux en Israël.

Leur nombre, depuis l’indépendance de cet Etat, ne dépasse pas celui des doigts d’une main malgré le stress permanent qui existe dans ce pays.

Vouloir faire de cet homme le symbole du fanatisme rampant des religieux en Israël et de la dérive d’une société, en imputant cette dérive au gouvernement israélien, est tout simplement fallacieux, ignoble et indigne.

Naguère, quand les victimes des actions terroristes d’Action Directe et d’autres organisations gauchistes, se comptaient par dizaines, personne n’aurait oser mettre en cause le gouvernement français.

Lorsque Anders Behring Breivik a massacré à Utoya, en Norvège, 69 personnes et en blessant 33, personne n’a eu l’idée ignoble d’en rejeter la responsabilité sur le gouvernement norvégien ou sur la société norvégienne.

Et, des cas comme ceux-ci, il y en a pléthore de par la planète, notamment dans les pays musulmans, où les fous de Dieu ont à leur palmarès des dizaines, voire des centaines de milliers de victimes.

Et, pourtant, malgré tout cela, tout le monde nous dit et nous répète, à juste titre : pas d’amalgames, pas d’amalgames, pas d’amalgames !

Pour conclure à propos de ce terrible attentat lors de la Gay Pride : pas d’amalgames !

Revenons au deuxième cas, plus inquiétant, car il serait le résultat d’un gang organisé s’appuyant sur un socle idéologique, celui du crime abominable de Ali Dawabsha, jeune bébé palestinien, assassiné et brûlé, de manière atroce, par des extrémistes décervelés, décès suivi de près par celui de son père, cet acte abominable ne peut être analysé que différemment car, dans ce cas, aucun suspect n’a encore été arrêté.

En effet, alors que, bien évidement, nous condamnons avec la plus grande fermeté ce crime odieux, et bien que nous soyons totalement horrifiés du fait qu’un homme, juif ou non, ait pu agir de la sorte dans un pays civilisé, nous considérons qu’il est encore trop tôt, dans l’état actuel de l’enquête, pour conclure et débattre avec sérénité et perspicacité sur ce sujet étant donné qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons pas qui l’a commis, nous ne savons même pas quelles étaient les motivations exactes des terroristes, et surtout, s’ils étaient juifs ou non et si leur motivation réelle était de tuer un bébé et sa famille.

N’oublions pas qu’il est souvent arrivé par le passé que des actes attribués à un groupe terroriste aient été, in fine, commis par un autre, et que dans de telles circonstances tragiques, il est toujours bon de garder la tête froide non seulement vis-a-vis de ceux que l’on accuse mais également vis-a-vis des proches des victimes qui veulent connaître les véritables raisons des auteurs du crime.

Laissons donc la police et l’armée faire leur travail, arréter les coupables et démanteler les réseaux ainsi que, éventuellement, ceux qui les soutiennent.

Cependant, puisque tous ceux, qui se sont exprimés, jusqu’à ce jour, sur le sujet, laissent à penser que des membres d’une nébuleuse organisation extrémiste juive seraient à l’origine de cet ignoble attentat, il est important que nous donnions notre analyse au cas où cette hypothèse s’avérait exacte.

Si tel était le cas, alors, à cette horreur s’ajouterait l’absurde car ce crime n’aurait aucun sens et ne pourrait en aucun cas en avoir un, car l’explication même de vengeance ne pourrait pas s’appliquer à ces assassins car à quel crime cet acte abominable répondrait-il ? Ce bébé était-il coupable de quoi que ce soit ? Cette famille a-t-elle été mêlée en quoi que ce soit à des actes barbares contre leurs assassins ? Que nenni !

Rien, donc, ni personne ne pourra jamais justifier l’assassinat ni le sacrifice d’un innocent au titre d’une colère quelconque et ce quelle que soit sa motivation.

Il n’y a donc et il n’y aura jamais aucune justification possible pour le crime d’un innocent, et rien ne pourra amoindrir la responsabilité pénale de celui qui aurait eu un tel mépris, ignoble et scandaleux, envers la vie humaine alors que celle-ci est absolument sacrée dans le judaïsme.

Nul ne peut et nul ne pourra jamais accepter que l’on sacrifie un innocent pour le crime d’un autre !

De surcroît, si les coupables s’avéraient être des juifs extrémistes, ce crime serait encore plus atroce et abominable, et ce, à plus d’un titre : tout d’abord, il le serait à l’égard de la victime innocente, sacrifiée sur l’autel de la haine inutile et imbécile, il le serait également à l’égard de ceux qui seraient censés être vengés par un tel acte et dont la mémoire a été prise en otage et outragée par ces illuminés, et enfin, il le serait à l’égard du judaïsme dont il transgresse son impératif le plus sacré : le respect de la vie.

Mais, il le serait également à l’égard de l’Etat d’Israël qu’il met dans l’obligation de se justifier vis-a-vis de ses détracteurs alors même qu’il n’est en rien responsable de ce crime.

Cependant, il est indéniable que l’impact de ce crime, quel qu’en soit son dénouement, est douloureux et a créé un traumatisme immense dans la société israélienne de par la prise de parole inconsidérée de tous les faiseurs d’opinion.

Et ce débat, induit, inexorablement, toujours les mêmes interrogations tant sur les développements idéologiques de cette société que sur le comportement des donneurs de leçons et des moralisateurs en tous genres qui prospèrent sur ces tragédies, les utilisant, sans vergogne, pour faire valoir une idéologie dépassée, dangereuse et en déconfiture.

La première de ces interrogations qui interpelle donc la société israélienne est la suivante : Comment la haine a-t-elle pu contaminer des jeunes juifs israéliens, s’il s’avérait que ce crime était bien l’œuvre de juifs extrémistes (mais, déjà, le seul fait que l’on puisse imaginer que cela puisse être le cas, est un fait inquiétant) ? En effet, les Israéliens connaissent, plus que quiconque, le drame et l’horreur du terrorisme et du crime aveugle à l’égard d’innocents et de ses conséquence.

La haine est toujours mauvaise conseillère et ne peut générer que de la haine !

Nous ne cessons de le proclamer jour après jour !

Et, rappelons que le terrorisme est le terrorisme, quelle que soit l’origine et les motivations des barbares qui s’en inspirent.

Cependant, quelle que soit l’origine des suspects, nous ne doutons pas un seul instant qu’une fois arrêtés, ceux-ci seraient immédiatement reconnus coupables et qu’ils seraient certainement condamnés à une peine de prison maximale par la justice israélienne, mais cela ne pourra jamais réparer le mal qu’ils auraient déjà occasionné à la société israélienne.

Si nous sommes confiants, c’est tout simplement parce qu’Israël est un État de droit, profondément et totalement, un État de droit où que l’on soit citoyen juif ou arabe, député, ministre ou président on peut être traité par la justice avec la même rigueur !

C’est tout à l’opposé de ce que l’on a appelé l’apartheid !

L’autre grande interrogation, que l’on ne peut passer sous silence, concerne tant les réactions des médias que des responsables qu’ils soient politiques, associatifs ou de la société civile, de par le monde.

En effet, nous ne pouvons qu’être frappés, consternés et attristés par la différence de traitement et de réactions face d’une part aux deux crimes qui viennent de se dérouler, et d’autre part, face aux récits des crimes quotidiens et odieux qui nous parviennent quotidiennement tant du monde musulman que du monde occidental, secoués régulièrement par le récit des crimes de leur natifs, « enfants terribles et diaboliques de la nation ».

Nous constatons une différence de réaction des médias, une différence de réactions des autorités internationales et surtout une différence de réactions des peuples impliqués.

Tout d’abord, l’attitude des médias qui réagissent avec tant de mollesse face aux crimes antisémites de par le monde, et qui justifient presque toujours ces crimes quand ce sont des israéliens qui en sont les victimes, comme lors de l’odieux crime d’Itamar, et dont la réaction est totalement différente quand il s’agit de dénoncer, avec une énorme surmédiatisation, le crime, certes abominable, de cet enfant palestinien.

Et c’est toujours pareil ! Les massacres d’Itamar, l’enlèvement et l’assassinat de jeunes israéliens, voire de jeunes juifs, le lynchage de soldats israéliens perdus dans les territoires palestiniens, les attentats aveugles aux conséquences atroces ne focalisent pas outre mesure les médias occidentaux.

Même l’assassinat odieux d’Ilan Halimi trouve un écho compatissant d’avocats médiatiques pour abstraire les assassins de leur responsabilité !

Mais le moindre dérapage d’un soldat israélien ou d’un individu solitaire, d’ailleurs très lourdement sanctionné par les autorités israéliennes, trouve un écho immense dans la presse et les médias occidentaux, avec une mise en cause de toute la société israélienne !

Ce qui est intolérable, répugnant, méprisable et qui enlève toute valeur morale à ces réactions c’est « le deux poids, deux mesures ». A la lumière de cette attitude partisane, les plaidoiries anti-israéliennes de ces médias prennent l’allure de pamphlets dignes de « la libre parole » de triste mémoire !

Pourquoi condamnent-ils avec une telle célérité et une telle virulence « le présumé acte de vengeance d’extrémistes israéliens » alors qu’ils « attendent toujours l’issue de l’enquête » et qu’ils mettent toutes les précautions du monde avant de condamner les assassins de juifs de par le monde, lorsque tout le monde sait qu’il n’y a aucun doute sur la nature de ces exécutions ?

Mais surtout, ce qui est frappant, c’est la différence de réaction entre les peuples !

Alors qu’au lendemain de l’annonce de l’assassinat d’enfants juifs, les foules palestiniennes sortaient dans les rues de Gaza ou de Ramallah pour crier leur joie, le lendemain de l’assassinat du petit Ali, le peuple israélien, lui, est sorti crier sa colère et son dégoût, et remettait en cause sa société.

Jamais le peuple israélien ne s’est réjoui de la mort d’un innocent ! Jamais !

Le peuple palestinien a la fâcheuse manie de crier sa joie à chaque massacre de civils israéliens ou de juifs de par le monde ; ils vont jusqu’à inaugurer des places ou stades au nom de ces assassins, habitude scandaleuse reprise par les communistes et les verts en France !

Nous ne pouvons que constater que face à sa colère, le peuple palestinien crie « vengeance », alors que le peuple israélien crie « justice » !

La clef du conflit est là : le rétablissement de la confiance !

La confiance entre les peuples !

La confiance en l’équité et l’impartialité de tous ceux qui prennent position dans un conflit complexe !

La confiance dans le respect dû à tous !

Deux poids, deux mesures !

Les médias et certains responsables politiques occidentaux font de l’exception une généralité lorsqu’il s’agit d’Israël et ils font de la généralité une exception quand il s’agit des musulmans activistes !

C’est toute la différence !!! Et il faut que ça change !!!

Richard C. ABITBOL

Président