Londres a toujours été un lieu très chaleureux et accueillant pour moi malgré son atmosphère lugubre. Cette morosité du matin, l’effroi et la tristesse m’envahissent en Angleterre aussi.

Les nuages gris de la haine ont fait irruption dans une synagogue de Jérusalem, arrachant des vies aveuglément. Des corps ensanglantés gisaient éparpillés comme si un pogrom des temps sombres de notre Histoire revenait nous hanter.

Les alertes incessantes de la myriade de dispositifs de communication qui m’accompagnent partout m’ont sorti de mon court sommeil. J’ai écouté en direct les communications radio tandis que les bénévoles de United Hatzalah se ruaient vers la synagogue locale de leur quartier.

Ce sont les médecins de United Hatzalah qui sont arrivés les premiers sur les lieux. J’ai été choqué d’entendre des coups de feu retentir alors que notre première ambulance était déjà sur les lieux. Le paramédic Yanki Erlich s’était déjà emparé de son kit. Il s’est penché pour soigner une personne mortellement blessée encore enveloppée dans son châle de prière.

Soudain, des tirs ont retenti. Les féroces assassins qui ont charcuté de sang-froid des gens en prière n’allaient pas hésiter à blesser quiconque venu à leur aide. Yanki voulut s’échapper, mais il a glissé sur une flaque de sang. Heureusement pour lui, l’attention des terroristes a été déviée et Yanki a réussi à se traîner jusqu’à un endroit sûr.

Le technicien médical Avi Nefosi est arrivé au coin de la rue et s’est retrouvé dans une fusillade qui faisait rage tandis que des renforts supplémentaires se précipitaient sur les lieux. Davantage de gilets pare-balles et de casques étaient nécessaires.

Lorsque le feu vert a été donné, Avi a joint le siège de United Hatzalah, et étape par étape, est entré dans le saint sanctuaire. « Je vois un terroriste, neutralisé, mort, un officier de police légèrement blessé à la jambe, deux morts, j’ai quelqu’un en vie, j’ai besoin d’un renfort à l’intérieur ».

Médecin à United Hatzalah, Dr Joyce Morrel, nouvelle immigrante de Toronto, est arrivée parmi les premiers sur la scène. Elle s’est baissée pour consulter les hommes ensanglantés gisant dans leurs talits et leurs téfilines.

Ne trouvant pas de signe de vie, elle les a recouverts à nouveau de leurs talits avec précaution, comme la mère et grand-mère attentionnée qu’elle est, borderait un enfant bien-aimé. Des dizaines d’ambulanciers, paramédicaux et médecins de United Hazalah ont afflué sur la scène à pied, à bicyclette, en ambulance ou en voiture privée.

Tous les individus blessés ont été traités et évacués en un temps record.

Mon cœur était déchiré par la douleur et la frustration tandis que j’écoutais la communication et recevais les mises à jour en temps réel.

Allions-nous revenir aux jours sombres de l’Intifada, lorsque je conduisais nos bénévoles de Hatzalah aux véhicules, maisons et cafés maculés du sang d’innocents, hommes, femmes et enfants ?

Mes pensées revinrent aux hommes et femmes courageux de United Hatzalah qui mettent leur propre vie en attente et souvent en danger pour aider les autres.

Où sera la prochaine attaque ? Je l’ignore, mais je sais que notre force réside dans notre unité. Je suis fier de tous nos bénévoles et de notre personnel de sécurité qui s’efforcent de nous protéger et de sauver nos vies. Je suis reconnaissant envers tous les amis et partisans de United Hatzalah qui nous donnent les moyens de lutter au nom de la vie, n’importe où, n’importe quand.

Am Yisrael Chai !