C’est du jamais vu, de l’inimaginable ! L’Europe, avec ses avancées technologiques, ses prouesses industrielles, ses conquêtes dans tous les domaines de l’esprit, de la nature et de la médecine, est menacée, jusque dans son existence en tant que culture, par un mal qu’elle ne soupçonnait guère : le franchissement de ses frontières maritimes et terrestres par des millions d’hommes, de femmes et même d’enfants, de mineurs non accompagnés… qui tous subvertissent le droit d’asile.

Fidèle à ses habitudes, c’est-à-dire à son incurie et à son impéritie, la Commission européenne de Bruxelles n’a pas su évaluer le danger comme il convenait. S’étant élargi à des états-membres, ne partageant pas la même culture que les pays d’Europe occidentale, ayant un autre vécu et une autre histoire, elle s’est empêtrée dans ses contradictions, ne sachant pas décider, ni surtout s’adapter aux situations concrètes.

Il est difficile, voire suicidaire, de s’en tenir aux règles de l’Etat de droit lorsque le danger qui menace contraint, qu’on le veuille ou non, de sortir des sentiers battus. Où doit on accepter que l’Europe meurt pour s’être simplement conformés à ses propres principes ?

Un exemple mieux que tant d’autres : par la presse nous avons appris que les attentats contre Charlie-Hebdo ou le Bataclan auraient pu être évités, si l’on avait osé mettre sur écoute les téléphones portables des petites amies des terroristes… Les assassins, eux, le savaient, ils savaient que nul n’oserait violer le droit en écoutant d’autres portables. Et la suite, on la connaît bien, que trop bien puisqu’elle se solde par la mort de près de 150 personnes…

Aujourd’hui, ce n’est plus le terrorisme, identifié comme tel, qui est tapi aux portes de l’Europe (pour reprendre une belle métaphore du livre de la Genèse) mais des centaines de milliers d’êtres humains qui disent fuir des dangers de mort mais qui, pour la plupart, ne sont pas des réfugiés politiques, mais de simples migrants économiques.

Ce qui ne signifie pas obligatoirement que nous demeurons insensibles à leurs souffrances ni que nous en détournons le regard, mais simplement que l’on ne peut pas poursuivre sur cette voie, même si l’on disposait des ressources nécessaires pour accueillir tout ce monde.

Mais comment l’Europe s’est-elle retrouvée désarmée face à cette marée migratoire qui risque, faute d’être définitivement endiguée, d’oblitérer sa culture, de lui imposer d’autres mœurs et de la faire disparaître en tant que telle. D’annihiler son âme. L’Europe, et singulièrement la France, ont toujours négligé la démographie alors que celle-ci est devenue une arme dans certaines régions du monde. Et surtout entre les mains de certains : souvenez-vous de Kadhafi qui menaçait de laisser l’Europe devenir un continent noir…

Dans leur joyeuse inconscience, nos gouvernants ont cru que les choses se réguleraient d’elles-mêmes ; et sans vouloir jouer les pythonisses, je puis gager que le résultat du mini sommet à Berlin entre la chancelière allemande et le président français accouchera d’une souris. Et ceci dit, révérence gardée.

Nous voyons ce qui se passe aux USA et les critiques du président US à l’endroit de l’Europe. Critiques très fortes, presque acérées. Certes, les moyens employés sont un peu préoccupants et le journaliste qui a filmé clandestinement les enfants mexicains séparés de leurs parents a renversé l’ordre des priorités : la victime est considérée comme le coupable et celui qui cherche, par tous les moyens, illégaux notamment, à pénétrer dans un pays qui ne souhaite pas cette immigration, ni l’accueillir , semble être dans son bon droit. Je suis sensible aux pleurs des enfants mais faut il gouverner par l’émotivité ? Je n’aimerais pas avoir à choisir…

Je n’ai vraiment rien contre l’accueil de gens en danger dans leurs pays respectifs, mais pouvons-nous absorber autant de gens ? Pouvons-nous accepter que des personnes aspirant à une vie meilleure (ce qui est absolument légitime) abusent du droit d’asile et nous imposent leur présence ?

Comme je le notais dans un précédent éditorial, l’Italie a été très injustement critiquée pour son attitude empreinte de fermeté. Son gouvernement voulait envoyer un message qui a peut-être être bien reçu : ne venez plus chez nous, nous ne pouvons pas vous accueillir, restez chez vous…

Mais voilà, c’est bien sur ce point que les choses se compliquent : ces malheureux bravent tous les dangers, parfois même se noient en Méditerranée ou ailleurs pour échapper à la misère, à la mal gouvernance, et parfois, mais pas toujours… à la mort.
Si l’on devait accueillir tout ce monde, il faudrait admettre les thèses de l’extrême droite que je ne partage pas et qui parlent de plus en plus à l’oreille de leurs électeurs du fameux grand remplacement…

J’avoue ne pas y croire mais quand on jette un rapide coup d’œil sur les réseaux sociaux, véritables Mentras de notre temps, on est pris de panique. On vous assène des vérités contestables comme s’il s’agissait d’évidences : il y a tant de centaines de millions d’Africains en Afrique, nous explique-t-on, qui ne rêvent que d’une chose, réaliser leur rêve européen, même s’il ne s’agit que d’un mirage, l’Europe n’étant plus du tout l’eldorado que l’on croit sous ces latitudes…

Que faire ? Puisque même en Allemagne, l’actuel ministre de l’intérieur a rejoint une sorte de coalition anti-immigration, sans l’aval de la chancelière : il s’est même permis de lui adresser un ultimatum : ou elle bloque l’immigration ou il bloque les frontières du pays. Et le tout dans les quinze jours. J’ignore ce que fera la chancelière car quoiqu’elle fasse, elle sera perdante : si elle capitule, c’est la fin de sa vie politique…

Si elle refuse l’ultimatum et destitue le ministre de l’Intérieur, elle porte un coup fatal à sa coalition. Les conséquences sont connues d’avance : il y aura de nouvelles élections que la chancelière perdra, à moins qu’elle-même ne cède son fauteuil à celle qu’elle a choisie pour lui succéder.

S’il y a des élection, le parti AFD (Alternative für Deutschland) atteindra un score record : il doublera le nombre de ses députés. Et ce sera la crise non seulement en Allemagne mais en Europe. Bref, l’Europe n’en sortira pas indemne puisqu’elle était à l’arrêt durant de longs mois en raison de l’instabilité politique en Allemagne…

Dans cette affaire, qui a tort et qui a raison ? Tous ont raison et tous ont tort. Si j’osais, je dirais ; en même temps (sic).
On ne peut plus conserver le droit d’asile dans sa forme actuelle. On ne peut pas ruiner sa propre identité en sauvant la vie des autres. Reconnaissons tout de même que cette triste aventure illustre au mieux l’allégorie du géant aux pieds d’argiles (en allemand pour Madame Merkel qui a eu la vue bien basse puisqu’elle fut l’artisan de sa propre chute : ein Riese mit tönernen Füssen).

Comment donc, sans tirer un seul coup de fusil, sans le moindre armement offensif, et alors que l’attribution de visas à des ressortissants de pays noirs et orientaux était strictement limitée et contrôlée, l’Europe se retrouve au bord de l’implosion : les anciennes démocraties populaires de l’Est de l’Europe refusent obstinément de se laisser envahir, à ce qu’ils disent… Et si, d’aventure, ils avaient raison ? On a vu la tournure prise par les événements en Hongrie dont le Premier Ministre a été réélu triomphalement.

Pouvons-nous, devons-nous maintenir les choses en l’état ? Franchement, j’en doute. Et certains hauts fonctionnaires amis me susurrent à l’oreille que l’opinion dans leurs régions respectives est remontée contre la politique du gouvernement. S’il y avait un référendum, ce serait une catastrophe.

Ironie de l’Histoire : au moment où Marine Le Pen semblait être hors jeu, ou, à tout le moins, en veilleuse dans les médias et en recul dans les sondages, voila que le thème de l’immigration incontrôlée la remet en selle sans qu’elle ait eu à fournir le moindre effort.

Plus qu’un simple continent, l’Europe est une culture, c’est-à-dire un corpus de valeurs, et une civilisation qui rejette l’exclusivisme religieux, préconise l’égalité stricte entre les hommes et les femmes et autorise, voire encourage, la lecture critique des traditions religieuses. Or, ceux qui se pressent à nos portes ne souscrivent pas vraiment à ces principes sacro-saints pour nous.

L’Europe a commis la Shoah, mais ce n’était pas dans son ADN car ses fondements sont le judéo-christianisme et sa constitution spirituelle est imprégnée d’éthique. C’est le Décalogue qui jette les bases d’une vie en harmonie avec un ordre éthique universel.

Est-ce que nos gouvernants de quelque pays que ce soit en sont conscients ? Je le pense de moins en moins. Souvenons-nous ; les civilisations meurent aussi. Pensez à tous ces peuples antiques dont parle la Bible. Et qui ont disparu corps et âme. La seule trace que nous en avons conservée se réduit à un ou deux versets dans les Ecritures…