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Lettre ouverte aux dirigeants de La France insoumise

Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) serre la main de la commissaire présidentielle aux droits de l'enfant, Maria Lvova-Belova (à droite), en présence du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov (au centre), lors d'une réunion avec les « cinq » dirigeants du parti Russie unie pour les élections à la Douma d'État (la chambre basse du Parlement russe), à ​​Moscou, le samedi 5 septembre 2026. (Crédit : Gavriil Grigorov/Sputnik, pool Kremlin via AP)
Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) serre la main de la commissaire présidentielle aux droits de l'enfant, Maria Lvova-Belova (à droite), en présence du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov (au centre), lors d'une réunion avec les « cinq » dirigeants du parti Russie unie pour les élections à la Douma d'État (la chambre basse du Parlement russe), à ​​Moscou, le samedi 5 septembre 2026. (Crédit : Gavriil Grigorov/Sputnik, pool Kremlin via AP)

Mesdames, Messieurs,

Vous êtes régulièrement au premier rang lorsqu’il s’agit de dénoncer les souffrances du peuple palestinien. Vous prenez la parole, vous interpellez les institutions, vous mobilisez l’opinion publique et vous faites de cette question un sujet politique majeur.

Cette mobilisation est votre droit.

Mais elle pose une question que je souhaiterais vous adresser publiquement : votre considération pour les peuples qui souffrent est-elle réellement universelle ?

Car lorsqu’il s’agit des enfants ukrainiens transférés ou déportés vers la Russie depuis le début de la guerre, votre voix est beaucoup moins audible.

Pourtant, le sujet n’est pas marginal.

Des organismes internationaux ont documenté le transfert d’enfants ukrainiens vers des territoires occupés par la Russie ou vers la Fédération de Russie. La Cour pénale internationale a délivré, en mars 2023, des mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova, notamment pour le crime de guerre allégué de déportation et de transfert illégal d’enfants ukrainiens.

Ces enfants ont-ils moins d’importance parce qu’ils sont ukrainiens ?

Leur souffrance mérite-t-elle moins de manifestations, moins de communiqués, moins de prises de parole ?

Je ne vous demande pas de choisir entre les enfants palestiniens et les enfants ukrainiens.

Je vous demande précisément l’inverse : de ne pas choisir entre les victimes.

On peut défendre les droits des Palestiniens sans relativiser ceux des Ukrainiens. On peut dénoncer les décisions du gouvernement israélien sans fermer les yeux sur les crimes commis en Ukraine. On peut soutenir la population civile de Gaza et, dans le même temps, demander que les enfants ukrainiens soient recherchés, identifiés et rendus à leurs familles.

La défense des droits humains ne devrait pas fonctionner à géométrie variable.

Elle devrait commencer par une règle simple : une victime reste une victime, quelle que soit sa nationalité, sa religion, son origine ou le camp politique auquel elle appartient.

C’est précisément sur ce principe que je vous interpelle.

Vous avez une capacité considérable à mobiliser l’opinion publique française. Pourquoi cette capacité est-elle si rarement utilisée pour parler des enfants ukrainiens transférés en Russie ?

Pourquoi cette question semble-t-elle si peu présente dans vos interventions publiques ?

Et surtout, que diriez-vous si ces enfants étaient palestiniens ?

Je ne vous demande pas de défendre l’Ukraine dans son ensemble. Je ne vous demande pas de soutenir le gouvernement ukrainien. Je ne vous demande même pas d’approuver la politique de Kyiv.

Je vous demande simplement de défendre des enfants.

Parce qu’à mes yeux, c’est précisément lorsque nous sommes en désaccord avec un gouvernement, un peuple ou une politique que nous devons être capables de distinguer les victimes des responsables.

La défense des droits humains ne peut pas être conditionnée par la proximité idéologique.

Elle ne peut pas être réservée aux victimes dont la cause correspond à nos convictions politiques.

Si vous défendez réellement les droits universels, alors défendez-les partout.

Les enfants ukrainiens aussi ont besoin que quelqu’un parle pour eux.

à propos de l'auteur
Eric Gozlan est co-directeur de www.i-Transform.net . il est Conseiller diplomatique de plusieurs gouvernements Ses derniers ouvrages sont : Extrémisme et radicalisme : pistes de réflexion pour en sortir.et Comprendre l'Ukraine Éric a toujours été intéressé par le social et les relations intrernationales. Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie et celle de la Belgique Il a participé à de nombreux colloques sur la paix en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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