Cela fait maintenant un mois que nos synagogues, centres communautaires, institutions et écoles juives sont protégés par des policiers et des militaires.

A vrai dire nous étions habitués à voir des policiers protéger certains lieux au moment des fêtes en faisant ce que le jargon policier définit de façon dédaigneuse et résignée comme des « plantes vertes ».

Ce rôle revenait souvent aux jeunes gardiens de la paix qui n’avaient d’autres choix que d’assurer la circulation ou la garde statique de certains lieux.

Tout a changé depuis les 7, 8 et 9 janvier. Des unités, des pelotons, des casernes affluent de la France entière pour protéger nos écoles et nos synagogues.

Ces hommes et ces femmes assurent leur mission avec un courage mêlé d’une rare humanité. Ils savent que nous avons peur et que nous sommes menacés.

Ils prennent le temps de nous parler, de nous assurer de leur soutien moral aussi alors qu’eux-mêmes ont payé un lourd tribu en voyant trois des leurs les 7 et 8 janvier tomber sous les balles de la barbarie et la semaine dernière encore l’agression de trois militaires au cœur de Nice devant une synagogue précisément.

Comment pouvons-nous leur rendre en retour ce qui va bien au-delà d’une mission de service public ?

Le Crif propose à chacun d’entre nous d’écrire via leur site aux militaires et aux policiers ce que je fais bien volontiers ici et sous la forme d’une lettre ouverte.

Avec humour, mais une certaine vérité, l’on observe que nos protecteurs sont repus de plats juifs traditionnels dont ils découvrent avec étonnement les saveurs et la charge calorique.

On se salue mutuellement retrouvant souvent les mêmes hommes en faction qui nous font un peu entrer dans leur intimité familiale.

En réalité en nous protégeant ils protègent l’exercice de notre culte et c’est par ce biais que nous nous devons de leur exprimer notre reconnaissance.

En 2012, alors que les soldats français s’engageaient sur des zones de guerre, le Grand Rabbin de France d’alors, Gilles Bernheim, avait ajouté dans la prière pour la République française les mots suivants que nous lisons encore aujourd’hui le samedi matin dans nos synagogues : « Que l’Éternel accorde Sa protection et Sa bénédiction pour nos soldats qui s’engagent partout dans le monde pour défendre la France et ses valeurs. Les forces morales, le courage et la ténacité qui les animent sont notre honneur ».

Il nous faudrait à présent associer les policiers aux cotés des militaires à cette prière en reconnaissant que leur champ d’action n’est pas le monde mais aussi la France, notre terre, notre patrie.

C’est aujourd’hui la France qui voit se déployer les plus nombreux effectifs militaires alors que nous sommes théoriquement en temps de paix. Le Psaume 121 nous rappelle que « Ni Il ne dort, ni Il ne sommeille le Gardien d’Israël ».

Merci à nos policiers et à nos militaires d’en incarner le visage.