Monsieur le Recteur,

Le 1er février 2006, à la suite de la publication de caricatures de Mahomet, vous avez écrit dans un communiqué : « Qui sème le vent récolte la tempête ». J’imagine que vous devez aujourd’hui en ressentir de profonds regrets.

Tout le monde peut se tromper, et ayant entendu parler de votre position de modéré, je vous demande aujourd’hui de vous adresser à vos coreligionnaires, en tant que Recteur de la Mosquée de Paris, et d’affirmer que se moquer du Prophète n’est pas une faute, tout au moins pour un non musulman.

Critiquer, discuter, se moquer et même tourner en ridicule relève de l’opinion de chacun et doit être accepté, avec humour de préférence. Quand à celui qui estime que le niveau de l’insulte a été atteint, il doit simplement s’adresser à la justice civile.

Cette clarification religieuse est absolument indispensable et améliorera grandement les relations entre votre communauté et la République.

Je proposerai d’autre part que vous vous adressiez publiquement aux enfants, de Seine St Denis et d’ailleurs, qui ont refusé – à 80 % parfois selon des témoignages d’enseignants – de respecter la minute de silence à la mémoire des victimes d’attentats récents. Certains arguaient l’opinion de leurs parents, ou des slogans qui n’auraient pas déplu aux auteurs des attentats. Je ne doute pas que vous saurez trouver les mots fermes qui conviennent à de telles circonstances.

Là encore, vous apporterez la preuve de votre intégration, et du respect que vous portez aux institutions du pays.

Respectueusement pessimiste,