Le 11 novembre 2015, l’Union européenne a décidé de commencer l’étiquetage des produits israéliens qui proviennent de ce que le monde appelle les « territoires occupés ».

Je préfère le terme « territoires contestés »… néanmoins, les deux termes décrivent les mêmes zones géographiques. La décision a été prise d’étiqueter ces produits israéliens de plusieurs manières : « produit du plateau du Golan (colonie israélienne) », « produit de Cisjordanie (colonie israélienne) », « produit de Cisjordanie (produit de la Palestine) », « produit à partir de la bande de Gaza (produit palestinien) » ou « produit de la Palestine ».

Les deux premiers exemples sont destinés à identifier les produits qui sont d’origine israélienne, mais qui viennent des «territoires palestiniens», tandis que les trois derniers servent à identifier les produits qui sont d’origine palestinienne et proviennent des « territoires palestiniens ».

Peu de gens savent que l’Union européenne a commencé à appliquer un codage sur des produits similaires en 2003 pour les fonctionnaires des douanes. Ce sera la première fois qu’un tel étiquetage est fait pour les consommateurs. Le processus a commencé en 2012 et a finalement connu son lancement officiel le 11 novembre.

La réaction a été immédiate. Les gens qui soutiennent Israël ont commencé à accuser l’UE de boycott. De nombreuses plaintes furent déposées, en essayant d’exposer la décision de l’Union européenne comme unilatérale, honteuse et anti-Israël. Bien que je ne crois pas que nous puissions appeler cela un boycott des produits israéliens, cette décision aura des ramifications, mais je ne suis pas certain qu’elles soient toutes négatives.

La première chose que nous devons comprendre est que l’étiquetage d’un produit ne constitue pas un boycott en soi. Il peut certainement y contribuer ou encourager les gens vers le boycott, mais il n’est pas un boycott. Ceci étant dit, une fois que le produit est étiqueté avec par exemple « produit de Cisjordanie (colonie israélienne) », les mots ne sont pas sans sens, ils vont inviter à une réponse qui pourra varier d’un individu à l’autre.

Il soulève également la question du double standard auquel Israël s’est habituée au fil des ans. Il y a d’autres pays connaissant des différends territoriaux dans le monde, qui ne sont pas, eux, touchés par cet étiquetage.

Benjamin Netanyahu a estimé que l’UE devrait avoir honte et a dit que «la décision de l’UE constituait un « double standard » car l’entité n’a pas mis de labels sur des produits d’autres territoires contestés à travers le monde ». La décision de l’UE constitue indubitablement un cas de double standard et il est certain que l’étiquetage est beaucoup plus politique que l’UE ne veuille l’admettre. Il n’y a pas moyen d’utiliser le mot « colonie » dans une description sans y ajouter la lourde connotation d’ « occupation » ou d’ « invasion» que le monde a maintenant accepté comme un fait.

La réaction la plus récente de Netanyahu était de suspendre les relations diplomatiques avec l’Union européenne (mais pas nécessairement avec les différents pays au sein de l’UE !). Je ne pense pas que ce signe de protestation contre cette décision va forcer l’UE à changer d’avis, mais il montre le mépris d’Israël pour cette manœuvre biaisée.

Il est évident que les gens vont utiliser cette information différemment les uns des autres. Certains choisiront de l’utiliser pour faciliter leur boycott des produits israéliens. Ces individus sont en général les mêmes personnes qui boycottent déjà d’Israël, avec ou sans l’étiquetage. Je ne pense pas que l’étiquetage heurtera l’économie d’Israël tant que ça.

Mais peu importe le mal qu’il peut engendrer, il faut considérer le revers de la médaille. Quel que soit le produit qui est étiqueté comme venant des « territoires occupés », il s’agit juste d’un label, et celui-ci peut tout aussi bien devenir un label préférentiel pour certains. Beaucoup de gens se battent contre le boycott des produits israéliens en achetant eux-mêmes des marques israéliennes. Cela pourrait facilement être le cas avec les nouvelles étiquettes apposées sur les produits des «territoires».

Cela me rappelle l’histoire de Joseph et de ses frères dans les chapitres 13 à 50 de la Genèse. Joseph a été abandonné et vendu par ses frères. Il a fini en Egypte, est devenu le bras droit du Pharaon et a été utilisé d’une manière puissante pour sauver et protéger sa famille. Il y a beaucoup de négatif dans l’histoire de Joseph, mais nous pourrions tous apprendre quelque chose de Genèse 50:20 et des derniers mots de Joseph à sa famille : « Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. »

Le mal que les ennemis d’Israël cherchent à provoquer peut être utilisé pour glorifier Dieu et soutenir Israël. Le boycott d’Israël ne s’arrêtera pas demain, mais nous pouvons tous faire quelque chose pour acheter des produits israéliens ! Voilà pourquoi je considère l’étiquetage des produits israéliens comme pouvant fonctionner dans les deux sens. Dans le processus, si vous trouvez des produits étiquetés « Made in Palestine » ou « Fabriqué dans les territoires palestiniens », personne ne vous empêche de les boycotter. En ce qui me concerne, moi je sais que je le ferai !